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ART. XXXVIII. — CORPS ÉTRANGERS DE LA VESSIE

Ils se présentent avec les mêmes variétés de forme, de volume, de consistance que les corps étrang'ers de l'urètre. Il est indiqué de les retirer par les voies naturelles, et de ne recourir à la taille que comme une dernière resource. Les commémoratifs et l'exploration renseignent sur leur condition ;

p Qorps étf^n^ers arrondis, ou oblongs, pouvant étrç

CORPS KTKANOKRS DE LA VliSSIK

morcelés ou cassés. On emploie les brise-pierre ordinaires, le sécateur de Gaudemont.

Si le corps est assez léger pour se tenir au-dessus de l'urine, on le saisit dans la vessie injectée d'air, ou dans la vessie vide, en déprimant la paroi vésicale avec le dos de la branche femelle, et en imprimant une secousse au bassin. Les débris sont amenés au dehors par des injections évacuatrices.

2*^ Corps allongés, souples, pouvant être plies ou coupés. Pour extraire les sondes de gomme, on se sert du duplicateur de Mercier. C'est un brise -pierre dont la bra: che

FiG. 18). — Duplicateur de Mercikr.

femelle est creuse et percée d'une large fenêtre, du bec au talon de son mors. La branche mâle est terminée par un fort crochet qui se termine en bas par une saillie en gorge de pigeon. Le crochet saisit la sonde, la plie en deux à ce niveau et permet delà retirer.

Si la sonde est trop grosse ])our (|u'aiusi doublée elle puisse franchir l'urètre, ou s'il s'agit d'un cor[)s plus volumineux,"on le coupe avec l'inciseur de Caudemont. Ici les deux mors du brise pierre présentent une arête tranchante, affissant comme de forts ciseaux. Cette arête saillante n'oc-

cupe qu'une partie d-e la surface de chaque mors ; l'autre

partie présente des rainures qui ;?etiennent une des portions du corps étranger divisé et permettent de l'amener au dehors quand on retire l'instrument. Si les fragments sont trop gros, on les morcelé de nouveau.

3° Corps étrangers allongés, rigides, pouvant être coupés ou brisés. On les fragmente avec le brise-, pierre ordinaire, ou bien on les divise avec le sécateur de Gaudemont. Le fragment, retenu par l'instrument après la section du corps étranger, est extrait si on peut le ramener dans l'axe du sécateur.

4° Corps étrangers longs, rigides, ne pouvant être ni coupés ni cassés. Pour les extraire, il faut les placer dans l'axe de l'instrument et du canal. Caudemont a montré tout le parti que l'on pouvait retirer de l'usage du brise-pierre à mors plats. Lorsque le corps allongé a été saisi en dehors de son milieu, et qu'on le ramène contre le col vésical, il subit un léger mouvement de rotation dans lequel la cannelure, de la branche femelle du brise-pierre se tourne du côté où la [portion de la

FiG. 282.

Redresseur de Robert

et GOLLIN.

ticre saisie est la plus courte. On cherche alors à porter l'instrument de ce côté, à le rapprocher de cette extrémité par des niouvoments de glissement exécutés en desserrant les mors, mais sans lâcher le corps étranger. Lorsqu'on a saisi une tige rigide par une de ses extrémités, elle se place d'elle-même dans l'axe du bec du brise-pierre, si au moment où il traverse le col vésical on a soin que les mors ne soient pas trop serrés.

liedresfievr de Robert et Collin. — Le redressement du corps étrangersaisi entre les branches de l'instrument est produit par l'obliquité qu'oflVent les mors sur une partie de leur surface, et par la saillie brusque que présente la branche femelle, tout à fait à son extrémité et du côté de son bord échancré. Le corps saisi et redressé, on amène l'instrument près du col vésical. et, ouvrant très légèrement les mors sans lâcher la tige, on les ramène assez près d'une de ses extrémités pour qu'elle puisse, après redressement, se cacher dans la partie échancrée laissée entre les mors de l'instrument.

Redresseur de Lero;/ d'Efiolles. — Les mors de l'instrument sont creusés en gouttière: mais le mors de la branche mâle présente près de son bec une saillie qui empêche leur contact. Tout corps allongé saisi entre les mors est redressé par l'action d'un curseur mobile le long de la branche femelle, la saillie du bec mâle l'empêchant de s'échapper de l'autre côté.

5° Corps étrangers allongés, rigides, mais assez malléables pour se laisser plover, pointus à une de leurs extrémités ou à leurs deux extrémités, ou offrant des saillies latérales aiguës et obliques, susceptibles d'accrocher les parties.

DuplicateHr de Courty. — Il se compose d'une solide canule métallique, évasée à son extrémité vésicale. l)ans la canule glisse un mandrin terminé par un fort crochet, et mû par un pignon à crémaillière. L'épingle, ou le corps saisi par le crochet, est attirée dans la canule et ployée par le mouvement imprimé au pignon. Le duplicateur à canule courbe est d'un usage plus commode.

740 LinioTRiïiE

Basculeur de Mathieu. — La canule de l'instrument est ouverte sur une de ses faces. Le corps saisi par le crochet est ramené dans l'axe du basculeur et vient se cacher dans la canule.

Lorsqu'un corps étranger est depuis un long temps dans la vessie, son volume s'est accru par imbibition s'il est poreux, par incrustation de sels calcaires s'il est dur et si les urines sont altérées. Il est souvent alors impossible de l'extraire par les voies naturelles. Dans ces conditions, il faut recourir à la taille, et préférablement à la taille médiane.

ART. XXXIX. — LITHOTRITIE

La lithrotritie ou le broiement des calculs dans la cavité de la vessie se pratique au moyen d'instruments désignés par les noms de lithotribes,lithoclastes,lithotriteurs,, brisepierre. Tous les instruments actuellement employés se composent essentiellement de deux branches, dont la supérieure ou branche mâle, glisse dans une gouttière creusée sur la branche femelle. Quand l'instrument est fermé, les mors qui terminent les deux branches et dont la hauteur varie de 3 à 4 centimètres se trouvent en contact. Le lithotriteur représente alors un cathéter métallique à brusque courbure, dont le diamètre est de 7 à 8 millimètres, l'angle de 90° à 120°.

Les brise-pierre diffèrent par la forme et la disposition de leurs mors, et par le mécanisme qui permet de rapprocher ces mors l'un de l'autre, en développant la force nécessaire pour briser le calcul.

A. Mors, — La conformation des mors varie avec les indications auxquelles ils doivent satisfaire. Ils sont pleins ou fenêtres. Nous ne signalerons que les plus importants.

Mors cfUeurteloup. — Ils sont pourvus sur leurs bords de fortes dents rectangulaires qui s' emboîtent exactement, le mors femelle est creusé d'une large gouttière pour recevoir le mors de la branche mâle.

FiG. 2S3. - Mors l'orlc à faux

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