CATARACTE TRAUMATIQUE
colyre d'ésérine dès que l'élévation de la tension mon trera l'imminence du glaucome. Si, en dépit de plusieurs instillations journalières du myotique, la pression augmente et les douleurs périoribitaires s'accusent, on procédera sans retard à la sclérotomie ou à l'iridectomie.
Une blessure du cristallin peut ne donner lieu, dans quelques cas heureux, qu'à une opacité très circonscrite de la lentille, capable même de se résorber dans une certaine mesure, mais le plus souvent la cataracte se complète plus ou moins promptement et nécessite ultérieurement l'extraction. Chez de jeunes sujets le cristallin est susceptible de se résorber dans une proportion variable; on achèvera alors de débarrasser la pupille par une discision que l'on répétera au besoin .
Dans le cas où le corps étranger, ayant déterminé la cataracte, serait resté implanté dans lé cristallin, on aurait soin de ne pas ménager la section cornéenne en pratiquant l'extraction afin que le cristallin sortant en bloc, le corps étranger se trouve entraîné au dehors.
Nous n'avons jusqu'ici parlé que de subluxations, nous devons maintenant dire un mot des luxations du cristallin qui peuvent être complètes ou incomplètes, suivant que le cristallin a tout à fait quitté la pupille ou ne l'a abandonnée qu'en partie.
Les luxations traumatiques sont la conséquence d'une déchirure plus ou moins directe du ligament suspenseur, le cristallin pouvant avoir, dans son déplacement, conservé sa transparence. En se servant du miroir ophtalmoscopique on pourra directement reconnaître, dans le cas de luxation complète, la présence du cristallin du côté de l'humeur vitrée, dans les parties déclives, où il exécute des déplacements suivant les
mouvements de l'œil. Si la luxation est incomplète, le bord du cristallin traversera une partie de la pupille, et dans un examen à l'image renversée pratiqué à travers le bord du cristallin, on pourra, si celui-ci a conservé sa transparence . recevoir deux images du fond de l'œil.
Le traitement consistera à combattre les accidents glauçomateux du début avec l'ésérine et la sclérotomie. On aura recours à la sclérotomie de préférence à l'iridectomie, à cause du danger de l'issue du corps vitré que présenterait cette dernière opération. Si la luxation est incomplète, il y aura avantage, le cristallin étant devenu opaque, à pratiquer plus tard du côté libre de l'iris une iritomie.
Mais lorsque le cristallin luxé , que la luxation soit d'ailleurs spontanée ou traumatique, présente une grande mobilité et flotte sans cesse au moindre mouvement de l'œil, il sera préférable, pour mettre fin au danger de complications glaucomateuses lentes, ou pour faire disparaître le papillotement parfois fort gênant qui résulte du flottement du cristallin, d'en pratiquer l'extraction. L'opération ne présente pas, en général , les difficultés auxquelles on pourrait s'attendre et j'ai pu voir à plusieurs reprises de Wecker pratiquer pareille extraction sans la moindre perte du corps vitré. Un point important est, après parfaite cocaïnisation de l'œil, de faire une ample section à lambeau dirigée en sens opposé à la luxation, en évitant de se servir d'un écar teur et en faisant tenir les paupières par un aide. Après écoulement lent de l'humeur aqueuse, le cristallin vient en général de lui-même se mettre au contact de la plaie et il suffit souvent d'en écarter les lèvres et d'abaisser