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I. — Opération du ptérygion

Un point essentiel dans les opérations dirigées contre le ptérygion, c'est de ménager la conjonctive et de ne pas en exciser autant que possible une partie. Aussi au lieu de pratiquer l'ablation du ptérygion dans sa totalité

et de réunir la plaie conjonctivale par des sutures, comme l'a surtout préconisé Goccius, est-il bien préférable et beaucoup plus rationnel de pratiquer le simple refoulement du ptérygion .

a. Opération par refoulement. — Saisissant avec une pince le ptérygion par le col, on soulève et on tend la partie adhérente à la cornée, c'est-à-dire la tête. Celle-ci est alors dégagée de ses adhérences avec la cornée, à l'ai le d'un couteau à cataracte dont la pointe rase à* diverses reprises la surface cornéenne.

Lorsque le couteau arrive au tissu sous-conjonctivaL on remplace cet instrument par des ciseaux droits à l'aide desquels on circonscrit, en faisant glisser une branche sous la conjonctive, le ptérjgion par deux coups de ciseaux dirigés vers la caroncule. On dégage la conjonctive en haut et en bas, afin de faciliter son glissement et sa réunion par deux points de sutures au devant de la perte de substance. Si la largeur du ptérygion est minime, ce dégagement est inutile et la fermeture des sutures suffît pour attirer la conjonctive et recouvrir la plaie.

Le ptérygion se trouve alors simplement refoulé vers la caroncule où il est abandonné à la rétraction et à une réunion spontanée avec les parties voisines. Mais si après quelques jours, par suite d'un œdème très accusé, il venait à s'interposer d'une façon gênante entre les paupières, on exciserait d'un coup de ciseaux la partie la plus proéminente, c'est-à-dire la tête.

C'est dans le but de détruire des micro-organismes que Poncet a rencontrés vers la tête du ptérygion et

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auxquels ils attribue la progression de cette affection \ que G. Martin a proposé de pratiquer sur la cornée, dans le point qu'occupait la tête avant son dégagement, quelques cautérisations avec l'extrémité d'un petit galvano-cautère 2.

b, Opération par transplantation. — Desmarres père, qui a surtout insisté sur l'inconvénient que présente l'excision de ptérygions dont la base est étendue, a indiqué un procédé qui a pour effet de déplacer le ptérygion et de le transplanter dans une partie latérale de la conjonctive, de façon à assurer la conservation de la muqueuse. Voici en quoi consiste ce procédé :

On pratique sur le bord inférieur de la plaie faite à la conjonctive par le détachement du ptérygion, une incision suivant une direction parallèle à la circonférence de la cornée, dans l'étendue de 6 à 8 milimètres Cette incision longe la cornée en bas à une distance de 4 millimètres environ, et doit être assez large pour que l'extrémité du ptérygion, devenue libre par la dissection, puisse y être comprise. Les choses ainsi disposées, le lambeau formé par le ptérygion est fixé dans l'incision de la conjonctive par quelques points de suture.

Le principal inconvénient de ce mode opératoire est de laisser près du bord cornéen une plaie à découvert, ce qui aura pour effet de favoriser les rechutes. Lepro-

1 Poncet. Archives d'ophthalmologie françaises, novembre, décembre, 1880.

2 G. Martin. De la cautérisation ignée comme complément de Topération du ptérygion {Annal. d'ocuL, t. LXXXV, p. 144).

cédé précédent garantit plus sûrement des récidives par la raison que, au moment où la plaie cornéenne se cicatrise et se rétracte, la conjonctive amenée par glissement sur les parties dénudées au voisinage de la cornée se trouve en général déjà suffisamment fixée dans ce point pour ne plus céder à un mouvement de traction vers cette membrane.

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