II. — Gliome de la rétine
Le gliome prend naissance dans les couches granuleuses de la'rétine, surtout dans l'externe, et pousse en avant, à mesure qu'il se développe, les couches rétiniennes sus-jacentes du côté du corps vitré ; ces couches pouvant aussi être aisément traversées par la tumeur. En même temps le gliome se développe vers la choroïde, et des points de cette membrane plus ou moins éloignés du siège primitif de la tumeur peuvent en outre se prendre par infection. Les éléments du gliome tendent encore à s'infiltrer le long des vaisseaux rétiniens et à pénétrer, en suivant les fibres, dans le nerf optique.
A mesure que le développement de la tumeur s'accuse dans la cavité de l'œil, la pressior intra-oculaire s'accroît pour donner lieu à des phénomènes glaucomateux intenses. Après perforation de l'œil, on peut voir un état de phtisie temporaire, ou bien une tumeur fongueuse se développe aussitôt. Du côté du nerf optique,
la production gliomateuse gagne la cavité crânienne sous forme de foyers qui peuvent s'étendre jusque dans le rachis. Les os du crâne et de la face repoussés par la tumeur sont envahis directement, ou d'une façon indirecte par les vaisseaux sanguins ou lymphatiques ; des métastases apparaissent sur des points éloignés.
Le gliome de la rétine se montre surtout chez de tout jeunes enfants ; il est très rare après quatre ans et il n'existe pas d'observations se rapportant à des enfants de plus de douze ans. Il ne pourra donc en aucun cas y avoir confusion avec le sarcome de la choroïde, qui lui, est très rare chez de jeunes sujets et n'apparaît guère avant quatorze ans.
Au début du gliome de la rétine, l'attention des parents est seulement éveillée parce que les enfants ne voient pas, dans le cas où le mal s'est développé sur les deux yeux ; ou parce que, si l'affection est unilatérale, ils sont frappés du reflet blanchâtre et chatoyant que montre la pupille de l'œil atteint.
A l'examen ophtalmoscopique, on constate, à une période encore voisine du début du gliome, un soulèvement inégal des parties profondes de l'œil, que parcourent des vaisseaux ; la couleur des parties soulevées et comme bosselées est blanc jaunâtre ou rosée. L'affection avec laquelle il pourrait le plus aisément y avoir confusion est la suppuration des parties les plus reculées du corps vitré, ainsi qu'on l'observe parfois après certaines irido-choroïdites ou consécutivement à un traumatisme. Mais les masses purulentes donnant un aspect blanchâtre au fond de l'œil ne laissent voir aucun réseau vasculaire, attendu que les vaisseaux rétiniens se trouvent ainsi masqués.