‹ Précis d'ophthalmologie chirurgicaleChapitre 124 sur 168 · OPÉRATIONS. ABLATION DES TUMEURS ORBITAIRES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS. ABLATION DES TUMEURS ORBITAIRES

Il sera urgent de reconnaître cette cruelle maladie dès ses premières manifestations, afin de pouvoir pratiquer aussitôt rénucléation. On veillera à couper le nerf optique le plus loin possible dans l'orbite, car la section nerveuse est le point où la récidive tend surtout à apparaître. Si le gliome a déjà envahi en grande partie la cavité de l'œil, on devra sectionner préalablement le nerf optique et faire ses efforts pour placer la section au voisinage du trou optique, puis on procédera à rénucléation. Lorsque l'œil a passé par des phénomènes glaucomateux et que la perforation s'est déjà produite ou est imminente, il est préférable dans ce cas de pratiquer l'ablation de tout le contenu de l'orbite (exenté ration).

OPÉRATIONS

ï. — Ablation des tumeurs de la cavité orbitaire

Il est difficile d'établir des règles pour l'enlèvement de ces tumeurs, chaque cas particulier pouvant donner lieu à des indications spéciales. Lorsque la tumeur a surtout pris son développement en dehors de l'espace circonscrit par les muscles droits, on pourra dans nombre de cas conserver le globe de l'œil.

Dans les manœuvres nécessitées par l'excision de ces tumeurs, on devra se souvenir que le point où l'on rencontre le moins de difficultés pour pénétrer clans l'orbite est situé le long de la paroi orbitaire inférieure, et surtout à l'union de celle-ci avec la paroi externe. Au contraire, dans l'angle supéro-interne de l'orbite, les fascias et les insertions musculaires opposeront un obstacle plus

ou moins accusé. La saillie formée par les rebords orbitaires supérieur et externe créera toujours de grandes difficultés chaque fois que l'on voudra pénétrer vers ces points dans l'orbite et exposera à rencontrer aisément le globe de l'œil. En outre, lorsqu'on aura pénétré dans la profondeur de l'orbite, il ne faut pas oublier que la partie de la cavité orbitaire la plus dangereuse correspond aux deux tiers les plus reculés de la paroi supérieure.

En procédant à l'ablation des tumeurs de l'orbite, il sera donc avantageux, si le cas le permet, de luxer, après détachement du muscle droit externe, le globe de l'œil en dedans et en haut ; mais on devra se souvenir que dès qu'un instrument tranchant pénètre à 4 centimètres dans l'orbite, on s'expose à rencontrer le nerf optique chaque fois que l'instrument, tenu horizontalement, se trouve à une petite distance du rebord orbitaire supérieur. L'œil ayant été repoussé en haut et en dedans et l'angle inféro-externe de l'orbite étant devenu libre, on saisira solidement à l'aide d'une pince de Museux, et en s'aidant de l'exploration avec le doigt, la tumeur qui sera attirée fortement en dehors de façon à faciliter son extirpation. Si on éprouve des difficultés dans cette manœuvre, on pourra élargir la fente palpé brale et même, au besoin, réséquer une portion de la paroi externe de l'orbite, en ayant la précaution de détacher préalablement le périoste.

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