DIAGNOSTIC DE LA CATARACTE SIMPLE COMPLÈTE
A mesure que la cataracte se développe, la vision s'abaisse progressivement, au point de tomber à une perception quantitative de la lumière, lorsque l'opacification de la lentille est devenue complète. Dans une cataracte dépourvue de toute complication, simple, comme on l'appelle, la réduction du pouvoir visuel ne va jamais au delà. Le malade étant placé, dans une pièce sombre, à 5 ou 6 mètres d'une bougie, devra toujours indiquer avec précision la disparition ou l'ap parition de la lumière qui se produit lorsque l'on cache ou découvre la flamme.
Après avoir constaté l'existence d'une perception lumineuse directe, il ne sera pas moins utile de se ren seigner sur l'intégrité de la partie périphérique de la rétine. Pour cela, on engagera le patient à diriger son regard directement devant lui, et on s'assurera que la lumière d'une bougie que l'on promène dans les parties périphériques de son champ visuel est constamment perçue. Plus simplement, laissant le malade dans sa première position à 5 ou 6 mètres d'une bougie, on pourra se contenter de lui faire diriger l'œil successivement tout à fait en bas, en haut, en dedans et en dehors, en constatant que dans toutes ces positions extrêmes, il a toujours conscience du moment précis où la flamme est découverte. La recherche des phosphènes, à l'aide d'un petit bouton d'ivoire avec lequel on explore le pourtour de la sclérotique, ne donne pas de renseignements plus positifs que le procédé précédent. Après avoir acquis la conviction que l'on n'a pas affaire à une cataracte compliquée, il ne restera plus qu'à
CATARACTE. ORERATION £7
faire choix d'une des méthodes opératoires que nous exposerons maintenant.
OPÉRATIONS
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C'est à Daviel que revient l'insigne honneur d'avoir établi que l'extraction était la principale méthode ration nelle applicable à la guérison de la cataracte. Son premier rapport sur les résultats de ses opérations fut déposé à l'Académie royale de chirurgie, en 1752, et publié dans le compte rendu de cette société savante une année après1. Daviel, dont nous exposerons plus loin le procédé, découpait un lambeau en pleine cornée; mais à la longue ce procédé subit d'importantes modifications dont l'effet fut d'obtenir une meilleure coaptation du lambeau. Ainsi de Graefe, s'efforçant de réduire de plus en plus la hauteur de la plaie, en vint à comprendre dans sa section un semblant de lambeau ne touchant que tangentiellement la cornée et courant en grande partie dans le tissu sclérotical. Une semblable section était évidemment plus propice à la réunion, aussi obtint-on un plus grand nombre de guérisons. Mais cet avantage, il fallut l'acheter par une généralisation de l'iridectomie combinée avec l'extraction, l'excision de l'iris s'imposant comme une nécessité absolue si on pratique la section périphérique de de Graefe.
Actuellement on est arrivé, comme nous le verrons plus loin, a adopter des sections occupant le bord de la cornée et qui permettent, suivant les qualités de la
1 Jacques Daviel. Sur une nouvelle méthode de guérir la cataracte par l'extraction du cristallin. Mém. de VAcad.de chir., t. II, p. 337).
cataracte et l'état de tension de l'œil, de conserver ou d'exciser l'iris dans une étendue très restreinte. Ajoutons que ces sortes de sections sont, comparativement à celles qui intéressent la sclérotique, moins blessantes pour l'organe, et exposeut certainement moins à une rare, mais terrible complication, l'ophtalmie sympathique. Il faut remarquer aussi, d'après de Wecker, que lorsque les conditions sont propices, la conservation de l'iris fournit une protection des plus efficaces contre l'interposition dans la plaie cornéenne, d'abord d'une petite portion de l'iris qui s'enclave aisément dans les points périphériques de la section, en dépit parfois d'une ré duction apparente parfaite, mais surtout de débris cap -
sulaires qui deviennent surtout une cause d'irritation
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prolongée et de formation de cataractes secondaires.
Toutefois pour que l'extraction sans iridectomie donne ses heureux effets de guérison rapide et durable, il est urgent que l'iris ne vienne pas prendre adhérence avec la plaie, et c'est certainement là l'écueil des extractions simples, si parfaites à tous les points de vue.
Nous avons déjà, en décrivant les diverses formes de cataractes, indiqué à quel genre d'opération, suivant les cas, on devait avoir recours. Il nous reste maintenant à faire connaître les moyens chirurgicaux appliqués à la cure de la cataracte. Si nous laissons de côté Y abaissement depuis longtemps condamné, il n'existe que deux méthodes opératoires de la cataracte : X extraction, que l'on doit à Daviel, et la discision, qui a surtout été érigée en méthode par Conradi *.
1 Gonradi. Arnemanits Magazin fur die Wundarzneikunst,
CATARACTE. EXTRACTION LINEAIRE
Nous nous occuperons d'abord de l'extraction, qui est de beaucoup la méthode la plus importante. Les divers procédés d'extraction peuvent tous être ramenés à deux modes opératoires principaux : l'extraction linéaire et l'extraction à lambeau.