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III. — Rhinorraphie

La rhinorraphie, conseillée par de Ammon, a pour but de remédier à la difformité causée par Yépicanthus, en faisant disparaître l'excès de peau qui vient former un pli au devant des caroncules et empiéter plus ou moins sur la longueur de la fente palpébrale.

Pour qu'une opération puisse rationnellement être entreprise, il faut que l'on soit assuré qu'une guérison spontanée n'est pas susceptible de se produire, c'est- à-

dire que le sujet ait au moins une quinzaine d'années ; en outre la difformité devra être choquante. Il sera de la plus haute importance d'obtenir ici une cicatrice aussi peu apparente que possible et de veiller à cé que la réunion par première attention ne manque pas. Aussi l'emploi du pansement antiseptique sera-t-il particulièment indiquée, en même temps que l'opéré gardera le repos.

De Ammom procédait ainsi : Saisissant sur le dos du nez un pli de peau avec deux doigts, il le soulevait de façon à découvrir les commissures internes et à faire cesser ainsi l'anomalie causée par l'épicanthus. Ce résultat obtenu, la partie soulevée était circonscrite par une ligne tracée à l'encre, puis il procédait à l'exacte excision de toute l'étendue de peau comprise dans le tracé. Enfin il réunissait avec soin les bords de la plaie par une suture entortillée.

J. Sichel, avant d'exciser la peau sur le dos du ne// commençait par passer les sutures à une petite distance de la ligne préalablement tracée l. De Wecker, pour n'avoir pas à craindre de couper les fils en excisant la peau, a donné le conseil de se servir de longues aiguilles afin de les laisser en place pendant le temps de l'excision cutanée. Celle-ci pratiquée, on peut, si l'on a fait usage d'aiguilles presque droites, s'en servir pour faire une suture entortillée, ou bien achever alors de passer les aiguilles si elles ont été munies d'un fil soigneusement désinfecté.

M. Knapp, qui porte aussi toute son attention sur une

i J. Sichel. Épicanthus congénital. Opération (Union méd., 1859. n° 18). — Iconographie ophthalmologique, p. 640.

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réunion bien exacte, préfère, lorsque l'épicanthus est très accusé, donner au lambeau cutané à exciser une forme rhomboïdale \ En outre il dégage la peau, sur les côtés de la plaie, pour en faciliter le rapprochement. La réunion est pratiquée avec des sutures simples, et il évite une traction trop considérable de la peau voisine en attirant celle-ci à l'aide de bandelettes de diachylon.

L'épicanthus peut aussi être attaqué d'une façon directe, en excisant le pli de peau qui, par sa présence au devant de la commissure interne, constitue la difformité. Cette excision devra être pratiquée avec des ciseaux courbes, puis les lèvres de la plaie seront soigneusement rapprochées par des sutures dirigées transversalement. En procédant ainsi, on se trouvera dans la nécessité de faire successivement deux opérations.

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