CATARACTE. EXTRACTION LINEAIRE COMBINEE
cision portant surtout sur les parties périphériques iriennes, le coloboma qui en résultait prenait constamment une forme de plus en plus évasée en allant du centre vers la périphérie. Cette pupille en forme de V, à pointe dirigée vers le centre, est certainement peu désirable, tant au point de vue cosmétique que pour ce qui regarde le résultat optique, puisque l'on met ainsi à découvert dans une large étendue les parties périphériques de la cornée moins aptes à Une bonne vision. Mais on remarquera que cette pupille , en pratiquant l'extraction k la partie supérieure de la cornée, est en grande partie dissimulée par la paupière supérieure; en outre, de Graefe la considérait alors comme douée d'un pouvoir antiphlogistique puissant.
Pour l'exécution de l'opération delà cataracte, suivant la méthode de de Graefe , les instruments nécessaires, outre l'écarteur interne et la pince à fixation, sont les suivants :
Un couteau étroit de 2 millimètres de largeur (fig. 7). Ce couteau, imaginé par de Graefe, est certes une des plus heureuses innovations de la . méthode, et il présente de FlG* 7< " Gouteau de de Graefe-
tels avantages par son maniement aisé et la conduite exacte qu'on peut lui imprimer, qu'il devait nécessairement rester dans l'arsenal chirurgical le l'ophtalmologiste.
Deux pinces à iridectomie, l'une droite (fig. 8) et l'autre courbe (fig. 9). La première est destinée à saisir l'iris lorsqu'il fait prolapsus dans la plaie, la seconde est réservée pour le cas où l'iris demeurant dans l'œil,
Masselon. Ophtalmologie. 3
il est nécessaire de l'aller saisir, <^ dehor
afin de l'attirer au
Une paire de ciseaux cou dés (fi g. 10) [ou mieux encore des pinces - ciseaux (voy. fig. 17, p. 55)].
Unkystitome et une curette de Daviel (voy. fig. 5), enfin une spatule (voy. fig. 6) et une curette de caoutchouc (fig. 11).
Prem ier temps . — Aprè s avoir placé l'écarteur et fixé soigneusement l'œil, en saisissant avec la pince un
Fig. 8. Fig. 9.
l'inceàiridectomie Pince à irîdectomie droite. courbe.
Fig. 10.
Ciseaux coudés.
pli comprenant la conjonctive et le tissu sous-conjonc-
Fig. 11. — Curette de cr.outchouc.
tival dans un point situé exactement au-dessous du
CATARACTE. EXTRACTION LINEAIRE COMBINLE 39
diamètre vertical de la cornée et à une petite distance de celle-ci, on procède à l'exécution de la section. Les points d'entrée et de sortie du couteau, voisins du bord supérieur de la cornée, sont assez difficiles k préciser et de Graefe préférait les indiquer par un dessin. On peut se représenter sa section comme appartenant à un arc de cercle d'un rayon beaucoup plus étendu que la cornée et qui toucherait, ou avoisinerait celle-ci, vers l'extrémité supérieure de son diamètre vertical, la ponction, et par suite la contre-ponction , correspondant k un point qui, situé k 1 millimètre et demi du bord de la cornée, se trouverait, suivant de ,.^=^^
Arlt, placé k 2 millimètres (k peine / fr
k 1 millimètre d'après de Graefe J lui-même) au-dessous d'une tangente
, . . b , Fie. 12.
passant par le sommet de la cornée section de de Graefe, (fîg. 12).
• Donc la pointe du couteau, le tranchant dirigé exactement en haut, ayant pénétré près du bord supéroexterne de la cornée, dans le point que nous venons d'indiquer, on dirige l'instrument parallèlement k l'iris dans la chambre antérieure, et afin de donner a la section l'étendue voulue en faisant pénétrer dans l'œil une longueur suffisante du couteau, on conduit d'abord, suivant de Graefe, la pointe dans la direction du centre de la pupille jusqu'à ce que l'instrument ait été enfoncé de 7 a» 8 millimètres dans la chambre antérieure. C'est k ce moment qu'on relève la pointe du couteau de façon k donner k celui-ci une direction horizontale, pour resortir de l'œil au delà du bord de la cornée dans un point symétrique par rapport k la ponction. La contre-ponction correctement exécutée , ce que
permet assez aisément le couteau si maniable de de Graefe, on donne au tranchant une direction telle qu'en poussant l'instrument, la sclérotique se trouve divisée en un point correspondant au sommet de la cornée ou situé quelque peu au-dessus. Après avoir traversé la sclérotique, le tranchant rencontre la conjonctive qu'on sectionne en dirigeant de plus en plus la lame en avant, afin de ne pas détacher un lambeau conjonctival trop étendu et excédant 2 millimètres de hauteur.
La lèvre externe de la section ainsi obtenue court donc entièrement dans la sclérotique, aussi bien que la majeure partie de la section elle-même qui ne touche guère la cornée que par sa lèvre interne. De la division du tissu trabéculaire placé autour du canal de Schlemm, il résulte que la plaie saigne toujours plus ou moins abondamment. La longueur de la section sera nécessairement variable suivant les dimensions de la cornée, mais elle présentera approximativement une étendue externe de 10 à 10 millimètres et demi et une ouverture interne de 9 à 10 millimètres.
Deuxième temps. — Il consiste dans l'excision de l'iris. La pince à fixation ayant été remise à un aide, on prend de la main gauche la pince droite, et avec celle-ci on renverse d'abord le lambeau conjonctival du côté de la cornée, dans le but de mettre à découvert le prolapsus de l'iris. On soulève alors l'iris dans le point correspondant à l'extrémité externe de la plaie, et après l'avoir attiré en haut et en avant, on incise le prolapsus irien avec les ciseaux en suivant une direction radiaire, dans le sens du bord pupillaire vers l'insertion ciliaire. Un rayon de l'iris étant ainsi incisé, on détache par un ou deux coups de cjseaux la périphérie de l'iris dans