‹ Précis d'ophthalmologie chirurgicaleChapitre 51 sur 168 · II. — Iridectomie · texte numérisé non relu

II. — Iridectomie

L'iridectomie fut introduite dans la chirurgie oculaire en 1780 par Wenzel qui l'employa tout d'abord comme moyen auxiliaire de l'extraction de la cataracte. Peu de temps après elle fut érigée en méthode par Beer1. Mais c'est plus récemment que, grâce à Desmarres et à de Graefe, cette méthode se répandit réellement dans la pratique et prit la place que ses heureux effets devaient lui faire occuper . Le mérite de Desmarres est d'avoir montré que cette opération était susceptible, sans aucun danger, d'être exécutée sur un œil que l'on fixait et dont on ouvrait les paupières avec un écarteur, et prouvé comment en présence de larges adhérences du côté de la surface postérieure de l'iris, cette membrane pouvait être impunément arrachée sous forme d'un lambeau (iridorhexis)2. Quant à de Graefe3, ce sera son éternelle gloire d'avoir insisté sur l'action antiphlogistique de l'iridectomie dans les cas où, par suite de synéchies, la communication est interceptée entre les deux chambres et d'avoir fait connaître les effets antiglaucomateux que l'on pouvait retirer de pareille opération.

L'iridectomie, suivant qu'elle est pratiquée dans un but purement optique, ou que l'on se propose d'utiliser son action autiphlogistique ou anliglaucomateuse,

1 Beer. Lehrbuch der Augenkrankheiten. Wien, 1817,

2 Desmarres. Journal des connaissances médico-chirurg., janvier 1850, et Traité de i maladies des yeux, 1855, t. II.

3 De Graefe. ArJiio fur Ophtalmologie, Band II, Abtheilung II; Band VIII, Abtheil. II.

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s'exécute d'après des procédés différents que nous devons passer en revue.

Lorsque l'on pratique l'iridectomie dans l'intention de faire servir à la vision une portion déterminée des parties transparentes de l'œil, il y a tout intérêt à obtenir une pupille artificielle aussi étroite que possible. En réduisant la section cornéenne, on se flattait autrefois d'obtenir une pupille de dimensions proportionnelles à l'étendue de cette section, tandis qu'en réalité la largeur de l'iridectomie dépend surtout du pouvoir de rétraction des parties non entamées de l'iris. On réduira toutefois l'excision de l'iris à un minimum, tout en faisant une étroite plaie dans la cornée, lorsque l'on voudra pratiquer une pupille aussi petite que possible. Dans ce cas même on devra s'attendre à ce que la pupille présentera toujours une certaine largeur, ce qui est à prévoir si l'on songe qu'une simple iritomie, consistant seulement dans l'incision du sphincter, donne constamment, lorsqu'il n'existe aucune adhérence indienne, une pupille dont les bords s'écartent très notablement.

Aussi était-il parfaitement légitime de chercher d'autres moyens propres à fournir d'étroites pupilles. Ce but ne pouvait être atteint, en l'absence de toutes synéchies, que de deux façons différentes : soit en attachant le sphincter iridien pour empêcher sa distension, soit en ménageant dans l'excision de l'iris ce sphincter qui s'opposerait alors à l'écart de la fente indienne. Ce sont ces deux méthodes qui ont été pratiquées par Critchett et Pope et que nous décrirons en passant.

A. Iridésis. — Le procédé consistant dans l'enclavement de l'iris, imaginé par Critchett, porte le nom

à'iridésis. On attire dans une étroite plaie du bord de la cornée un pli de l'iris, que l'on fixe alors à l'aide d'une ligature, en obligeant de cette façon le sphincter à adhérer définitivement avec la cicatrice.

De Wecker et Stellwag de Carion ont simultanément proposé d'abandonner la ligature et de tenir simplement en place l'enclavement de l'iris avec le bandeau, le petit prolapsus étant excisé un ou deux jours après. Ces pupilles mobiles, très étroites, avaient en outre cet avantage que par l'attraction de, l'iris nécessité par leur formation, on arrivait à masquer des parties de la cornée ou du cristallin défavorables à la vision et à éviter l'éblouissement occasionné par la diffusion de la lumière traversant ces parties.

Malgré ces avantages, l'attraction de l'iris vers le canal de Fontana, et le tiraillement incessant exercé sur les parties voisines du corps ciliaire devaient constamment tenir les yeux ainsi opérés sous la menace de l'irido-choroïdite et du glaucome. Il a donc fallu renoncer à cet ingénieux procédé.

B. Opération de Pope. — Cette opération, dans laquelle on excise une partie périphérique de l'iris attirée au dehors, en maintenant le sphincter intact, n'a pu trouver une application régulière dans la pratique courante à cause des difficultés que présente son exécution. Sur une partie lier niée de l'iris, ou attirée au dehors avec les pinces, il est en effet peu aisé de pratiquer une excision qui se borne à une portion précise de la périphérie de l'iris. D'un autre côté, on a reconnu que, si on ne laissait pas une suffisante largeur de tissu iridien autour de l'ouverture pupillaire, on voyait s'atrophier peu à peu cette bandelette étroite, et

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disparaître la contractilité dont on voulait faire bénéficier la pupille artificielle. On peut dire que l'opération de Pope ne se pratique guère aujourd'hui qu'accidentellement, c'est-a-dire lorsque dans une iridectomio le sphincter échappe, sans intention, au coup de ciseaux. Notons d'ailleurs qu'au point de vue optique la formation de deux pupilles ne présente aucun inconvénient.

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