OPERATIONS. TATOUAGE
réintroduit dans la pratique courante par de Wecker, dont les premiers essais remontent à 1869. A cette époque il se servit d'une simple aiguille à cataracte trempée dans de l'encre de Chine délayée dans un peu d'eau; plus tard il fit usage d'une aiguille creuse.
Actuellement, on suit généralement la manière de procéder de Taylor \ On fait usage d'un faisceau d'aiguilles (fig. 51) fixé sur un manche, avec lesquelles on pratique, en peu d'instants, une grande quantité de piqûres à la surface du leucome préalablement recouvert, à l'aide d'une petite spatule d'argent que porte l'autre extrémité de l'instrument, d'un épais magma d'encre de Chine. On termine cette petite opération ||||]| par quelques frictions faites sur les piqûres avec la spatule chargée d'encre de Chine, dans le but d'obliger les particules de charbon à pénétrer dans les piqûres. On dépose la pince qui a servi à fixer l'œil, et dont les extrémités, comme le veut de Wecker, sont garnies de caoutchouc (fig. 20, p. 61) afin d'éviter toute déchirure de la conjonctive, ce qui exposerait à la pénétration de l'encre de Chine au-dessous de cette membrane ; et on laisse l'écarteur en place pendant quelques minutes, pour que les paupières :^e viennent pas trop vite balayer la cornée et en chasser la matière colorante. Fls- 51-
Aiguille à ta-
i Taylor. Oa the modem Art of tinting Opacities Taylo? avec ofthe cornea (British medic. Journal, 1872). spatule.
250 CORNEE ET SCLEROTIQUE
Une tache cornéenne d'un blanc très marqué peut ainsi fréquemment être noircie en une seule séance, et lorsque l'épithélium a repris son brillant, il est sou vent impossible, même à une petite distance, de reconnaître qu'un tatouage a été pratiqué. Cette opération est absolument inoffensive, si Ton a soin de ne pas l'exécuter sur des yeux prédisposés au glaucome, complication que l'on n'a d'ailleurs pas à redouter habituellement lorsqu'il s'agit de simples taches cicatricielles de la cornée ; mais si l'on a affaire à un roucoule adhérent, il sera prudent de pratiquer préalablement une pupille artificielle, dont l'établissement sera souvent indiqué également dans un but optique.
La présence de vaisseaux sur un leucome n'est nullement un obstacle à l'emploi du tatouage, qu'il sera alors nécessaire de répéter plusieurs fois pour atteindre un résultat complet, les premières séances ayant pour effet d'oblitérer les vaisseaux.
L'opération consistant à enlever sur la cornée une rondelle d'étendue variable, comprenant toute l'épaisseur de cette membrane, a été pratiquée par Bowman et de Wecker. L'instrument employé par Bowman consiste en un emporte-pièce, auquel on donne un mouvement circulaire avec la main, ce qui n'est pas sans difficulté si le tranchant doit être tenu exactement dans les mêmes points. Aussi le trépan de de Wecker (fîg. 52) est-il. d'un maniement beaucoup plus sûr, attendu que le mouvement de rotation est imprimé à l'aide d'un ressort qui s'échappe en pressant sur un petit levier que porte latéralement l'instrument.
OPERATIONS KERATOPLÂStlB 251
La trepanatfon a été employée dans des cas de leucome complet de la cornée, dans le but d'obtenir par des opérations successives une cicatrice translucide permettant un vestige de vue, ce que Gradenigo avait réussi également à pratiquer .avec le couteau. Cette
opération a encore été appliquée au traitement du
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Fig. 52. — Trépan de de Weeker. L'instrument est armé en remontant jusqu'à l'extrémité de la rainure R Je bouton C, et J'on fait partir le ressort, qui met en mouvement la rondelle tranchante î'i, en pressant sur la pédale L. Au-dessous se voit mie série de couronnes de rechange de diamètre et de forme variables.
kératocône, en enlevant sur le sommet du cône une rondelle de cornée, et au staphylome partiel, dont l'ablation a été exécutée avec le trépan (Bowman). Enfin le trépan a surtout trouvé une importante application dans les opérations avant pour but de greffer, chez des malades dont la cornée avait été détruite, une cornée animale ou humaine.