ABLATION DE STAPHYLOME TOTAL
des parties distendues, les excisions partielles exécutées avec sutures échouant presque constamment. La large plaie laissée par l'enlèvement de toutes les parties ectatiques ne devra plus, comme autrefois, être abandonnée à une cicatrisation spontanée, toujours longue, mais réclamera une fermeture ayant pour but de donner une guérison plus régulière et plus rapide.
La réunion de la plaie peut être obtenue par trois systèmes de sutures qui ont été employés, tout d'abord, par Critchett, puis par Knapp et enfin par de Wecker. Dans la première méthode, celle de Critchett, les lèvres de la plaie sont rapprochées en passant les fils directement à travers la sclérotique; dans la seconde, de Knapp, les sutures ne traversent que le tissu épiscléral; enfin dans la troisième, propre à de Wecker, on n'agit plus sur les lèvres de la plaie, mais on fait glisser au devant la conjonctive, à travers laquelle seulement passent les fils.
a. Procédé de Critchett 1. — C'est à Critchett que revient le mérite d'avoir senti, le premier, la nécessité d'obtenir l'occlusion de la perte de substance produite par l'ablation du staphylôme. Quatre ou cinq aiguilles munies de soie fine sont passées à la base du staphylôme à travers la sclérotique, et laissées en place dans le but de faire obstacle (dans une minime mesure il est vrai) à la sortie du corps vitré pendant que l'on excise le staphylôme. Au moment de fermer la plaie, ces aiguilles permettent du moins de retrouver plus promptement les fils. Ce mode de sutures est aujourd'hui à peu près abandonné, et cela pour deux raisons : d'abord ces fils,
» Critchett. Ophthalmic Hosp. Rep., t. IV, 1863, p. 1.
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pénétrant à 2 millimètres de la base de la cornée, entament nécessairement le corps ciliaire, d'où une irritation plus ou moins vive et prolongée, et surtout le danger d'une transmission sympathique. En outre, le rapprochement de haut en bas d'une perte de substance sur une surface sphérique provoque forcément la formation de deux saillies latérales qui peuvent devenir un obstacle pour le port d'un œil artificiel.
b. Procédé de Knapp *. — Ce sont ces inconvénients qui ont engagé Knapp à modifier l'application des sutures de la façon suivante : il pénètre (fig. .53) à peu près à 3 millimètres audessus du bord cornéen et un peu en dedans du méridien vertical, avec une aiguille qui glisse sous la conjonctive pour ressortir à 4 ou 5 millimètres de distance. Cette même aiguille doit alors pénétrer en bas de la cornée, sous la conjonctive, en fig. 53. - Ablation du sta- un point situé verticalement au-
Knapr t0taU SUtUreS ^ deSS0US de SOn P°int de SOrtie
supérieure, puis glisser sous la conjonctive pour ressortir à une distance égale au chemin parcouru au-dessus de la cornée, un peu avant d'avoir atteint le méridien vertical. Une semblable suture est placée du côté externe delà cornée. Avant de pratiquer l'excision du staphylôme, on aura soin, pour ne pas couper les fils, d'attirer sur les côtés les parties moyennes de ces sutures passant verticalement sur les
1 Knapp. Archiv fur Ophthalm., Band XIV, 1, 273.