NOTIONS GÉNÉRALES
Le commerce a pour but la transformation et l'échange des objets destinés à nos besoins.
Les produits qui nous sont nécessaires sont tirés du sol ou de la mer, et comme presque tous subissent des modifications importantes ou sont transportés au loin avant d'être employés, il y a lieu de considérer, tout d'abord, pour chaque objet, les cas suivants :
Extraction ou production,
Transformation,
Transport,
Echange.
L'extraction et la transformation des objets relèvent du domaine de l'industrie: industrie extractive, industrie manufacturière.
L'échange des objets comprend le commerce proprement dit.
Pour transformer des objets, il faut d'abord posséder la matière première qui se tire, soit du sous-sol, soit du sol.
On désigne sous le nom d'industrie extractive celle qui consiste à retirer du sous-sol les produits nécessaires : charbons, minerais, pèche, etc.
On appelle industrie agricole, celle qui fait produire au sol les plantes utiles : céréales, herbes, vignobles, etc., ou les animaux servant à nos besoins : chevaux, bœufs, brebis, volailles, etc.
L'industrie manufacturière transforme, à son tour, tous ces objets en produits différents, que l'homme peut utiliser à son profit.
C'est ainsi que le minerai de fer, fondu à l'aide de charbon dans les hauts fourneaux, nous donne de la fonte, du fer ou de Tacier, que nous pouvons employer à des usages bien différents ; que le blé sert à fabriquer le pain pour notre nourriture; que le chanvre, le lin, le
coton, la laine des brebis, la soie, la peau de certains animaux sont transformés en vêtements.
L'industrie des transports, grâce à la vapeur, et plus encore, dans l'avenir, grâce à l'électricité, prend et prendra chaque jour une plus grande importance. Elle a pour but de mettre à la disposition des individus les marchandises aux lieux mêmes où elles sont utiles.
Le commerce consiste à répartir entre les consommateurs les produits des industries précédentes.
Tous les produits tirés des diverses industries sont désignés sous le nom général de marchandises.
Toutes ces marchandises représentent une certaine valeur, qui est la somme de la valeur des matières premières, de la valeur du travail et de la main-d'œuvre nécessaires à leur confection ou à leur fabrication.
Tout travail doit comprendre :
1** Le travail intellectuel, 2** Le travail manuel.
Le travail intellectuel est fourni par les chefs d'entreprises, les directeurs, les ingénieurs, les inventeurs. Ceuxci, à force de recherches, arrivent à trouver des procédés de fabrication nouveaux permettant de produire les marchandises à meilleur compte ou en plus grande quantité, soit au moyen de machmes de plus en plus perfectionnées, soit grâce à une organisation plus méthodique du travail.
Le travail manuel est fourni par le personnel ouvrier. Il consiste à mettre les diverses machines en mouvement, à les surveiller, à les diriger et à exécuter des mouvements de force.
Il en résulte, dans ces conditions, que la valeur d'une marchandise doit comprendre la rémunération du travail, soit intellectuel, soit manuel, qui a été fourni pour amener cette marchandise dans l'état où elle se trouve.
Ainsi, la valeur d'une locomotive doit comprendre :
!• La rémunération du travail fourni par les dessinateurs et les ingénieurs qui ont fait les plans et devis de cette locomotive;
2" La rémunération du travail effectué par les inventeurs et les constructeurs des machines nécessaires pour extraire le charbon, le minerai, ainsi que des machines utiles à la fabrication de toutes les pièces nécessaires au montage de cette locomotive;
3* La rémunération du travail exécuté par les mineurs qui ont extrait le charbon, le minerai; par les ouvriers qui ont forgé toutes les pièces, qui les ont assemblées, qui en ont fait enfin une véritable locomotive pouvant servir à traîner de lourds fardeaux;
4* La rémunération du travail de tout le personnel de bureau, chargé de centraliser les opérations;
5" La rémunération du capital engagé.
Pour satisfaire à ses besoins, chaque personne se sert d'un grand nombre de produits différents. Elle doit tout d'abord se nourrir, se vêtir, se loger. Quelle que soit son adresse et sa faculté de travail, il lui serait impossible de préparer elle-même tous les objets qui lui sont nécessaires. C'est pour ce motif que chaque individu ne produit qu'un seul objet ou tout au plus quelques objets. Il demande à d'autres ceux qu'il ne produit pas lui-même et qui, cependant, lui sont absolument indispensables.
Pendant de longs siècles et, de nos jours encore, dans les pays arriérés et où la civilisation a fait peu de progrès, où les besoins sont peu nombreux, les objets sont échangés directement, objet contre objet. C'est ce qu'on nomme le troc. Mais au fur et à mesure que la civilisation progresse, les besoins augmentent en même temps que le nombre des produits nouveaux, et les échanges d'objets à objets deviennent impossibles. Les uns, en effet, représentent une grande quantité de travail en regard des autres qui ont nécessité un travail moindre. Ils ont de ce fait une valeur considérable par rapport à d'autres dont la valeur peut être très faible. Il a donc fallu trouver une commune mesure entre tous les éléments de la production. Cette commune mesure, qui est également une marchandise, s'appelle la monnaie. C'est la monnaie qui sert de moyen de règlement pour tout le travail fourni et pour tous les échanges effectués.
• Une marchandise quelconque pourrait très difficilement servir de monnaie. Celle-ci, en effet, doit être soumise à certaines conditions qui en permettent un emploi général. Elle doit être inaltérable, car elle doit pouvoir se conserver longtemps; elle doit être facilement divisible; elle doit avoir une grande valeur sous un petit volume; elle doit avoir assez d'éclat pour être facilement visible et reconnaissable; elle doit avoir également un son clair qui permette de la retrouver en cas de chute; elle doit être dure,
etc. C'est pour cela qu'on a choisi comme monnaie l'or et l'argent qui possèdent toutes ces qualités. La monnaie de bronze ou de nickel ne doit servir que d'appoint.
Pour remplacer la monnaie qui, malgré sa dureté, s'use cependant chaque jour en circulant, on emploie le billet de banque qui offre de réels avantages. Pour payer des sommes importantes, on remplace des kilogrammes de monnaie par quelques grammes de papier que l'on peut aisément mettre dans un portefeuille.
En France, les billets de banque sont émis par la Banque de France qui, seule, possède le monopole de ces émissions. La Banque de France est un établissement privé placé sous le contrôle de l'Etat.
Pendant et depuis la guerre, le manque de monnaies s'étant fait sentir d'une façon aiguë au point d'arrêter les échanges, les villes et les Chambres de Commerce ont été amenées à émettre elles-mêmes de petites coupures. Cellesci disparaîtront dès que la situation sera revenue normale.
La monnaie étant une marchandise, ce sont les banques qui font le commerce de cette marchandise et qui effectuent les règlements des achats et des ventes entre les commerçants d'un pays, ou entre les commerçants de pays étrangers. Dans ce dernier cas, l'opération effectuée sur des monnaies de valeur différentes est désignée sous le nom de change.
Il ne faut pas confondre les opérations de change effectuées par un banquier, désigné également sous le nom de changeur, avec celles exécutées par un agent de change. Ce dernier, qui, en France, possède un monopole et achète sa charge, sert presque exclusivement d'intermédiaire entre les acheteurs et les vendeurs de valeurs mobilières.