CHAPITRE III
La comptabilité est une science qui a pour objet l'enregistrement méthodique et rationnel de toutes les opérations nécessitées par l'échange des produits et la transformation de la matière. Son établissement doit procéder d'une organisation générale et d'ensemble permettant de donner des renseignements exacts et rapides sur toutes les opérations engagées et sur toutes les questions qu'il est utile de connaître. Efle doit, en outre, également permettre l'établissement d'un contrôle rapide, facilitant la recherche des erreurs.
Elle doit se plier à tous les besoins. Elle doit être perfectible, c'est-à-dire qu'au fur et à mesure que des modications dans les méthodes et dans les transactions se produisent, elle doit pouvoir les indiquer rapidement, d'une façon claire et précise.
Si, jusqu'à ce jour, la comptabilité a fait peu de progrès, cela tient à ce que les procédés d'organisation, d'ordre, de méthode, nous ont toujours fait défaut. Nous nous sommes toujours contentés de porter des écritures sur des livres quelconques et suivant des procédés imparfaits, vieux déjà de plusieurs siècles. Tout se transforme et se modifie dans le monde, et la comptabilité ne doit pas faire exception à la règle générale.
Nous avons déjà indiqué, au chapitre précédent, que les commerçants pour noter leurs opérations se servaient de documents établis sur des feuilles détachées; factures, reçus, traites, etc. On relève, d'après ces documents, certains renseignements et certaines sommes qui sont d'abord inscrits sur des livres déterminés, dans Vordre où se font ces opérations.
Ces dernières sont ensuite transcrites sur d'autres livres établis par comptes. Ces nouveaux livres donnent des renseignements complètement différents des premiers.
On appelle compte, un tableau divisé en deux parties
et qui sert à noter les mouvements d'entrées ou de sorties des valeurs.
Dans un compte, les mouvements d'entrées sont toujours portés à gauche; les mouvements de sorties toujours à droite.
La partie gauche, qui désigne l'entrée, est encore appelée: Doit ou Débit; la partie droite: Avoir ou Crédit.
Les comptes peuvent être subdivisés, tout d'abord, en deux catégories :
1* Comptes de valeurs; 2" Comptes de personnes.
Dans les uns comme dans les autres, ce sont toujours des valeurs qui sont portées en compte, mais les uns sont désignés sous le nom de la valeur considérée: Caisse, Marchandises; les autres, sous le nom de la personne qui reçoit ou qui livre une valeur : Pierre, Louis.
Pour les comptes de valeurs, comme pour les comptes de personnes, il n'y a aucune difficulté pour déterminer de quel côté il faut porter une somme faisant l'objet d'une opération commerciale, puisque tout ce que reçoit un compte est porté au débit de ce compte. Ainsi, je reçois l.QOO francs de marchandises, cette somme sera portée comme entrée, c'est-à-dire au débit du compte Marchandises. Si je livre 1.000 francs de marchandises, ce sera, au contraire, une sortie, cette somme sera donc inscrite au crédit.
Il en est de même pour les comptes de personne. On porte au débit de ces comptes, tout ce qu'une personne déterminée reçoit du commerçant qui lui a ouvert un compte sur ses livres et, au crédit, tout ce que cette personne aura donné ou livré, au même commerçant.
Ainsi, je donne 1.000 francs à Pierre, je porterai cette somme au débit du compte de Pierre. Si, au contraire, Pierre me verse 1.000 francs, je porterai cette somme à son crédit.
La comptabilité sera dite en partie double lorsque j'inscrirai deux fois cette dernière somme en compte, une fois, au débit du compte de Caisse puisque je reçois cette somme, une deuxième fois au crédit du compte de Pierre qui me la verse. On voit donc que, dans ces conditions, toutes les sommes étant inscrites une fois au débit, et une fois au crédit, le total de toutes les opérations du débit doit égaler le total de toutes les opérations du crédit.
Pour déterminer de quel côté, dans un compte, il faut
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in&crire une somme» on se pose les deux questions suivantes :
1** Qui est-ce qui reçoit?
2* Qui est-ce qui donne?
Si, dans l'exemple indiqué ci-dessus, nous nous posons ces deux questions, nous trouvons rapidement les réponses.
Qui est-ce qui reçoit ? Cest la Caisse, dans laquelle on fait entrer l.QOO francs.
Qui est-ce qui donne ? Pierre, qui me verse ces 1.000 fr.
On débitera donc la caisse et on créditera le compte de
Pierre.
Une troisième catégorie de comptes comprend les comptes de résultats, c'est-à-dire tous ceux qui indiquent des bénéfices ou des pertes.
Tous les bénéfices seront inscrits au crédit de ces comptes; toutes les pertes, au contraire, seront portées au
débit.
Une quatrième catégorie de comptes sera formée par le capital versé dans l'entreprise et que, pour ce motif, on appellera comptes de Capital.
On appelle solde d'un compte, la différence qui existe, soit entre le total du débit et celui du crédit, soit entre le total du crédit et celui du débit de ce compte. Le solde est débiteur lorsque le total du débit est le plus élevé. Il est créditeur dans le cas contraire. On dit que le compte est soldé lorsque les deux totaux sont égaux.
Toute comptabilité doit comprendre deux parties bien distinctes :