‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 12 sur 72 · CH. II, I)E LA CROYANCE. SECT. I, INDUCTION. J · texte numérisé non relu

CH. II, I)E LA CROYANCE. SECT. I, INDUCTION. J

î’instmment le plus puissant de nos découvertes. Cette partie de l’induction a pour effet de nous faire chercher des phénomènes généraux. Ces faits généraux qui dominent tous les faits particuliers sont ce que nous appelons des lois de la nature ou encore des explications , et notre esprit s’en contente. Lorsque nous trouvons un phénomène seul de son genre , nous lui cherchons des faits semblables ; c’est-à-dire que nous cherchons à le retrouver dans d’autres faits complexes, et quand nous y sommes parvenus notre esprit est satisfait.

L’induction étant un fait instantané dans l’esprit, la volonté n’y intervient pas.

§ III.- — Différence de l’induction et des facultés préoédentes.

i°. Ainsi que nous l’avons dit, la conscience ,1a perception matérielle , et la raison intuitive , sont des certitudes , l’induction n’est qu’une croyance. C’est s’exprimer par figure que de dire : Je crois qu’il y a des étendues tangentes, je crois qu’il y a des couleurs ; non, je ne le crois pas, je le sais. C’est s’exprimer de même par métaphore que de dire : Je sais que le soleil se lèvera demain; non, je ne le sais pas , je le crois.

L’induction diffère de la conscience et de la perception matérielle, en ce que les objets de cette croyance n’affectent point nos organes , et ne sont pas des modifications du moi. Le soleil de demain ne frappe pas mes yeux, et il n’est pas moi-même. Elle en diffère de plus, en ce que la connaissance du phénomène, soit externe, soit interne, est postérieure ou au moins contemporaine à l’existence de ce phénomène, ce qui l’a fait nommer expé rience ou idée a posteriori, tandis que l’induction est antérieure à l’existence du phénomène quand il s’agit de stabilité, et à la vue du phénomène quand il s’agit de généralité, ce qui l’a fait nommer idée a priori.

3°. J va connaissance de la raison intuitive est aussi

y 1 LIVRE I, DE LINTELLIGENCE.

antérieure à l’existence future de son objet, ce qui lui fait donner également le nom d 'idée a priori ; mais cette idée est une certitude, celle de l’induction n’est qu’une croyance; de plus l’objet de la raison est nécessaire , celui de l’induction contingent . Enfin le nombre des expériences influe sur l’induction et non sur la raison intuitive.

§ IV.— Histoire des faux systèmes sur l’induction.

Les philosophes de l’antiquité nous paraissent avoir omis de distinguer le fait intellectuel qui nous occupe.

Bacon est le premier qui l’ait mis en lumière.

Descartes a cité un exemple d’où l’on peut induire que, s’il eût pensé à noter ce fait comme un élément à part dans l’esprit, il l’aurait expliqué par une idée innée.

Reid est le philosophe qui a le mieux établi et distingué le principe d’induction.

Depuis Reid on a cherché à ramener l’induction, soit à l’association des idées,* soit au pouvoir de l’éducation, soit à la foi en la providence.

Mais, i° à chaque instant une idée s’associe à une autre sans que pour cela nous croyions que les deux objets de ces idées soient associés dans la nature.

2°. Si c’est le père qui suggère à l’enfant l’idée de la stabilité et de la généralité des phénomènes naturels, où a-t-il pris lui-même cette idée?

3°. La foi à la providence peut confirmer dans certains esprits la croyance à la stabilité de la nature; mais l’idée de l’avenir est antérieure à Vidée de providence, et ne peut lui devoir son origine.

Aucune de ces explications n’est donc admissible, et il faut reconnaître l’induction comme un fait sui g eue ris , comme un élément irréductible à aucun autre,

Page 1