‹ Précis d'un cours de psychologieChapitre 19 sur 72 · CH. IV, (CQMP. ET DÉCOMP. SE CT. I, JUGEMENT. () L · texte numérisé non relu

CH. IV, (CQMP. ET DÉCOMP. SE CT. I, JUGEMENT. () L

Les idées qui expriment un genre tout entier, tel que les hommes , les animaux , etc., sont celles qui ont le plus d’extension, mais le moins de compréhension, parce que toute une classe ne peut avoir de commun qu’un petit nombre de qualités : on les nomme idées générales collectives.

Enfin les idées qui n’expriment ni un seul individu ni tous les individus d’une classe, mais un petit nombre d’entre eux, tiennent le milieu entre les précédentes pour la compréhension et l’extension : elles prennent le nom Ridées particulières.

§ IV.- — Des divers genres d’idées générales.

il y a trois sortes d’idées générales :

i°. La notion de classe.

C’est la connaissance d’un élément que l’expérience nous montre commun à plusieurs objets distincts * c’est une idée générale collective, expérimentale, contingente, et a posteriori , c’est-à-dire 11e devançant pas la présence du phénomène.

2°. La croyance inductive.

Par l’induction, c’est-à-dire par la croyance a la stabilité et à la généralité des phénomènes naturels, nous généralisons un élément que nous avons trouvé dans un objet; nous l'étendons à d’autres objets que nous n’avons pas encore explorés ; c’est une idée générale , inductive , a priori , c’est-à-dire devançant la présence du phénomène, mais dont l’objet est encore contingent.

3°. La notion nécessaire.

C’est la notion que nous rapportons à la raison intuitive; comme celle de l’espace absolu, du temps absolu ; cette idée générale devance l’existence future de son objet , elle est donc a priori. Mais de plus cet objet ne peut pas ne pas être : il est nécessaire; ceci la distingue des deux autres genres de généralisation. Toute idée nécessaire est générale; mais toute idée générale n’est pas

nécessaire. On a donc eu tort de confondre les notions de la raison intuitive sous le titre commun d’idées géné rales , et de les croire expliquées par cette dénomination.

§ V. — Débat des réalistes et des nominaux sur les idées générales.

La philosophie du moyen âge nous offre le spectacle d’une longue guerre sur les idées générales ; c’était 1 hypothèse des idées intermédiaires entre l’esprit et l’objet qui rendait cette querelle interminable.

On ne faisait pas d’ailleurs de distinction assez marquée entre les trois genres d'idées générales que nous venons de noter.

Les uns pensaient que l’idée générale était envoyée par un être général existant à part dans la nature, indépendamment des individus : on les nommait réalistes ou réaux.

Sauf l’hypothèse des entités intermédiaires, cette opinion est susceptible d’une interprétation plus ou moins favorable , selon qu elle s’applique aux classes expérimentales, ou aux objets de la raison intuitive;

Les autres soutenaient qu’il n’y avait point d’idées générales, mais seulement des noms généraux par lesquels on désignait plusieurs idées particulières : c’étaient les nominalistes ou nominaux.

Ces derniers paraissent n’avoir pas reconnu d’autre idée générale que celle de l’expérience, et encore ils la détruisent en la confondant avec le terme qui l’exprime.

Abailard mit au jour une troisième opinion. Une généralité, dit-il, n’est pas un nom, mais une idée; seulement cette idée ne correspond pas à un être général, existant dans la nature à part des individus; c’est une simple conception de notre esprit : de là l’école conceptualiste.

Mais l’hypothèse des idées intermédiaires, qu’ Abailard ne détruisait pas, empêchait de comprendre l’existence

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