OU ACTIVITÉ INTÉRIEURE
Après que ma conscience m a montré accomplis par moi des faits intellectuels que je n’ai point voulus , elle m’en atteste d’autres que je produis en les voulant. Je ne me suis attribué ni le commencement ni la fin des premiers, je m’attribue toute la durée des seconds. Dans ce dernier cas, je m’apparais comme une force se déterminant elle-même à faction ; dans le premier, je me suis apparu comme une force non déterminée par elle-même. D’une part, je me sais sujet et cause du fait , de l’autre je me sais seulement sujet, et non cause. Etre sujet d’un fait intellectuel est ce qu’on appelle la passivité du moi ; en être cause est ce qu’on nomme son activité.
Or, dans l’exercice de la conscience, tantôt je suis seulement sujet, tantôt je suis sujet et cause; ou, en d’autres termes, tantôt je sais sans le vouloir , tantôt je sais en le voulant. Nous avons vu que l intervention de la volonté dans la conscience avait été marquée par la langue vulgaire sous le nom & attention ou de réflexion. Nous rappellerons les remarques du même genre que nous avons eu l’occasion de faire sur les autres facultés intellectuelles.
Dans la perception matérielle nous trouvons encore l’intervention de la volonté sous le nom d 'attention, et la langue nous fournit pour le tact sentir et toucher , pour la vue voir et regarder , pour l’ouïe entendre et écouter , pour l’odorat sentir ex, flairer, pour le goût sentir et goûter. Palper et savourer marquent un redoublement d’attention.