CH. II, ACTIVITE INTERIEURE
Notre volonté n’intervient pas dans la formation des notions de la raison intuitive ; elle peut intervenir dans la combinaison de ces notions entre elles, et ici nous retrouvons une troisième fois le nom à' attention. Souvent , dans ce cas , la langue emploie le mot de réflexion ; nous avons vu pour quels motifs nous préférions le premier terme.
Les actes d’induction et de foi soiit toujours involontaires. Je suis libre d’écouter ou de ne pas écouter , je ne suis pas libre de croire ou de ne pas croire.
La volonté intervient dans la mémoire, et la langue distingue encore entre se souvenir et se rappeler.
Enfin le jugement ou la perception d’un rapport est involontaire. La philosophie scolastique faisait une distinction entre ce quelle appelait des jugemens libres et des jugemens nécessaires , et sa maxime était aliud est cognoscere verum , aliud est assentire vero .
Cette doctrine avait pour but d’effrayer les consciences en laissant aux esprits récalcitrans la responsabilité de leurs doutes ou de leurs dénégations. Mais, de bonne foi, il est impossible de distinguer entre connaître un rapport et y donner son assentiment.
Si le jugement ou la perception d’un rapport est involontaire , il n’en est pas de même de la recherche d’un rapport ou de la comparaison.
Quelques philosophes ont dit que la comparaison n’était qu’une double attention. La comparaison comprend en effet deux actes d’attention, mais elle ne contient pas que ces deux élémens. Car on peut faire attention à un objet, puis à un autre, sans avoir le dessein de les comparer. Comparer, c’est donc faire attention à deux objets , avec le désir de trouver un rapport entre eux. En conséquence , la comparaison implique: i° souvenir de rapports trouvés involontairement entre des objets quelconques; 2* désir de trouver un rapport entre de certains