CH. IV, LIBERTÉ
humaine, on ne peut lui adresser la parole. Telle est la contradiction dans laquelle sont tombés tous ceux qui ont nié le pouvoir de vouloir ou la liberté humaine.
En résumé , l’homme connaît , croit , se souvient , souffre, jouit et meut son corps d’abord involontairement. Déjà sans doute ces phénomènes manifestent en lui des forces particulières et qu’il ne partage pas toutes avec les autres créatures. Déjà le moi se distingue du non-moi ; mais il se connaît passif, dépendant , contraint à l’action. La volonté intervient; le moi reconnaît non plus seulement qu’il a des forces , mais qu’il dispose de ces forces ; il reproduit ses connaissances , il les éclaircit , il arrête les souvenirs , il cherche les rapports , il détermine les mouvemens , il se reconnaît cause libre et première dans une sphère qui lui est propre. Cette sphère peut se rétrécir, mais jamais jusqu’au point d’exclure le pouvoir de vouloir, que le moi aperçoit toujours présent.
Se distinguer de ce qui n’est pas soi constitue ce qu’on appelle la personnalité humaine. Cette distinction existe déjà dans la conscience involontaire. Mais quand la volonté est intervenue , le moi se distingue plus profondément encore du non-moi , tant par la clarté de ses connaissances que par son impérissable liberté.
FIN nu PRÉCIS DE PSYCHOLOGIE.