‹ Précis d'un théorie des rhythmesChapitre 26 sur 28 · QO'ONT-ILS DE COMMUN · texte numérisé non relu

QO'ONT-ILS DE COMMUN

Ils ont en commun :

1* Ce qui constitue la régularité, la mesure, la marche rhythmée de toute poésie qui mérite ce nom , c'est-àdire le temps fort, le frappé, qui signale à l'oreille les parties saillantes du vers. Chez les Grecs et les Latins, le frappé (5éaiç) se confond volontiers avec la longue ; chez les peuples néo-latins , il tombe souvent sur la syllabe accentuée. Mais sa nature est la même chez les uns et les autres ; et lorsqu'il est réduit à sa propre force , ce qui arrive chaque fois qu'il relève une ou deux brèves dans un vers antique, ou une syllabe faible dans un poète moderne , on le reconnaît au même signe , au même son , c'est-à-dire à un coup , à un appui de la voix destiné à faire ressortir le mouvement du rhythme.

2* Le vers antique et le vers moderne ont en commun la césure; mais son caractère, sa nature, ne sont pas exactement les mêmes dans l'un et dans l'autre. Dans le premier, c'est un arrêt de la voix après le mot qui réunit dans la même syllabe la longue et le temps fort ; dans le second, c'est un arrêt de la voix après le mot qui réunit dans la même syllabe accent el temps fort. La césure fait donc partie intégrante du rhythme dans des vers assez longs pour en comporter une ; elle en est

<^omme une nervure ou une membrure ; elle les divise^ elle les coupe naturellement, harmonieusement.

3*" Le vers antique et le vers moderne ont enfin en commun dans les temps classiques de Rome et d'Athènes, et à l'époque de la Renaissance dans l'Europe méridionale, une égale horreur de l'hiatus. Notons en passant que cette horreur n'est pas partagée des peuples du Nord, et que, dans la poésie allemande et anglaise, son admission ne constitue pas une faute. Les langues et les nations du Midi se sont toujours distinguées par un respect extrême pour la forme , et par une répugnance excessive pour tout ce qui ressemble à une cacophonie.

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