I III
La fleur qui nait sous ses pas.
Il existe donc une disconvenance très-marquée entre les syllabes fortes et les temps forts , et cette disconvenance paraît nécessaire pour varier le rhythme. Mais il est évident que cette disconvenance ne saurait être absolue. A la césure et à la rime, temps fort et syllabe forte coïncident toujours; il n'est pas nécessaire que cette coïncidence se rencontre ailleurs. On s'en convainc à la
lecture des vers suivants :
Il est un Dieu, devant lui je m'incline,
Et par droit de conquête , et par droit de naissance.
La rime n'est autre chose qu'une espèce de césure invariable, rendue plus sensible par l'homophonie du son. C'est elle qui, en définitive, règle le rhythme ; c'est elle qui nous apprend s'il est iarabique où trochaïque : car, puisque, comme nous l'avons prouvé dans un autre endroit, il ne saurait y avoir en français de mètres compliqués semblables à ceux des Grecs et des Latins ; comme même les dactyles et les anapestes n'y sont pas connus, on ne trouve
dans les vers français que deux espèces de mouvement : le mouvement ascendant et le mouvement descendant. Or comme la rime renferme le dernier temps fort, la pénultième est nécessairement réputée faible, Tantépénultième sera encore un temps fort» celle qui la précède encore un temps faible, et ainsi de suite. Il s'ensuit que tous les vers à nombre de syllabes pair sont iambiques ou ascendants ; tous les vers à nombre de syllabes impair, au contraire, trochaïques ou descendant^ :
HODVEHENT ASCENDANT
Vers de deux syllabes :
J'aimai Fatmé; Zulmâ ITaimà; Mais j'ai . Changé, etc.
Vers de quatre syllabes :
La terre est belle ;
La fleur nouvelle
Ritauizépb^^rs.
Vers de six syllabes :
Ah! d'une ardeur sincère