‹ Precis d'une traite de poetique et de versification, contenan des considerations sur la poesie ... Par M. ViolletLeducChapitre 11 sur 52 · ORIGINE, MODIFICATIONS · texte numérisé non relu

ORIGINE, MODIFICATIONS

Je ne pense point que ce soit des écri- ['• vains d’un siècle corrompu ou trop avancé i dans la civilisation, qu’il faille s’aider pour ! étudier et pour peindre l’homme, parce qu’ils n’en font voir que le simulacre. Ce sont encore, il est vrai , les ruines cî’un superbe édifice, mais il faut avoir déjà des connaissances acquises pour reconstruire en imagination un temple dont il ne reste jue d’informes vestiges. J’insisterai donc ur l’étude des poètes grecs, sans crainte [’ôtre taxé de pédanterie, de môme que je onnerai connaissance des nouveaux sysunes poétiques, sans risquer de passer our novateur. Mais, tout en reconnaissant le nous sommes indignes de nous élever :x hautes conceptions poétiques de l’an- [uité, il ne s’ensuit pas que nous devions us adonner à une poésie dénuée de grâces de charmes, et qui, au lieu d’agrandir noesprit et de jeter quelques fleurs sur notre , ne nous entretient que de notre néant , nous montre les objets que par leur hideux .

'est toujours d’après ce môme principe les peuples anciens sont plus poètes

conseillerai l’étude de notre vieille littérature ; dans la conviction où je suis que c’est avant qu’une nation ait eu des communications fréquentes avec ses voisins, que l’espèce de qui lui est propre peut être signa ; et que c’est à défaut de cette étude que l’on veut chercher dans les littératures modernes étrangères de nouvel les inspirations. C’est parleur vieille littérature que les Allemands, et même les Anglais, après avoir long-temps pris la nôtre pour modèle, ont régénéré leur poésie et lui ont donné cet aspect qui nous séduit aujourd’hui; mais parce qu’il est propre à eux, il ne nous convient peut-être point-

C’est enfin en nous jetant hors de notre sphère nationale, entraînés d’un côté par le désir de nous émouvoir, retenus de l’autre par la crainte de choquer la susceptibilité de nos habitudes sociales , que nous voyons nos jeunes auteurs hasarder hors de notre nature des pensées rendues en style timide , ou couvrir d’expressions étranges et ambitieuses des idées communes et rebat

B ih

ORIGINE j MODIFICATIONS.

Ce besoin de nouveauté, et la crainte du lieu commun y ont dû nécessairement conduire au paradoxe et au sophisme ; mais nous sommes déjà si vieux dans la civilisation, qu’il nous est bien difficile de rien trouver de neuf, même en fait de combinaisons extravagantes ou d’opinions hasardées. Avec quelques recherches il aurait facile de se convaincre que toutes ces triues que l’on nous présente aujourd’hui comme l’expression des besoins du moment, sont exhumées d’ouvrages oubliés des dixhuitième, dix-septième et seizième siècles

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