‹ Precis d'une traite de poetique et de versification, contenan des considerations sur la poesie ... Par M. ViolletLeducChapitre 8 sur 52 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

De la poésie , son origine, ses modifications .

Selow l’étymologie la plus universellement adoptée, le mot poésie vient du grec, et signifie faire , ou plutôt représenter ( i ). Suivant cette opinion, la poésie serait une création , ou mieux encore une imitation :

aussi cette dernière définition est celle qu’en donne Aristote. On peut donc considérer la poésie comme un art qui consiste à représenter ou à imiter la nature. Les vers sont pour elle ce que les couleurs sont à la peinture ; et Simonide a dit que la peinture est une poésie muette.

Cette définition toutefois est incomplète ;

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alors qu'une simple imitation par le discours astreint à certaines règles. Aussi quelques auteurs ont-ils exigé que l’on ajoutât à cette condition que le discours en vers serait embelli parla fiction.

La nécessité du vers ensuite a été niée, toujours en s’appuyant de l’autorité d’Aristote, qui a dit que c’est le fonds des choses, et non la forme du vers, qui fait le poète et qui caractérise la poésie.

Louis Racine avance que l’essence de la poésie consiste dans l’enthousiasme , qu’il regarde comme un effet des passions humaines; et la poésie n’est, selon lui, que l’expression d’un sentiment passionné.

L’idée que Marmontel attache à la poésie est celle d’une imitation en style harmonieux, tantôt fidèle, tantôt embellie, de ce que la nature, dans le physique et dans le moral, peut offrir de plus capable d’affecter au gré du poète l’imagination et le sentiment.

Si maintenant nous considérons le but que se propose le poète, celui de plaire en procédant par l’imitation, nous pouvons définir la poésie comme étant le langage de

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