SIG A
toxique pour le lapin: mort rapide (quelques secondes) à dose de 10 centimètres cubes dans les veines. A dosefaible (1 à 2 centimètres cubes), l'animal Qt cachectique et meurt après cinq à six Semaines.
Les filtrats de cultures cinq jours en bouillon Martin glurosé sont toxiques (M. Nicolle et Césari). La dose limite mortelle pour le lapin, par voie intraveineuse, est de 0,5 centimètre cube. Iuoculé sous la peau du cobaye, ce filtrat produit une escarre humide.
IV. Toxines vaccinantes et toxines prédisposantes. — Les produits précipitables par l'alcool (Voy. ci-dessus) sont vaccinants (Rodet et Courmont). — Les produits solubles dans l'alcool (Rodet et Courmont), de mème que le filtrat brut (Mosny et Marcano), se montrent au contraire prédisposants.
V. Leucocidine. — L’exsudat obtenu parinoculation intrapleurale renferme beaucoup de globules blancs avariés. Il a la propriété d’altérer les leucocytes normaux, d’où son nom (Van de Velde).
VL. Hémolysine (staphylolysine). — Les cultures en bouillon de neuf à treize jours, filtrées ou non, renferment une hémolysine active sur les globules rouges du lapin, du mouton, du cobaye (Neisser et Wechsberg), beaucoup moins active sur les globules de l’homme.
Il faut donner initialement au bouillon la réaction voulue; on ajoutera les deux tiers de la quantité d'alcali nécessaire pour le rendre alcalin à la phta'éine du phénol.
L'hémolysine apparaît vers le quatrième jour, atteint son maximum vérs le dixième ou onzième et décroît ensuite. Elle ne se conserve bien qu'à la glacière. Elle est détruite par un chauffage de vingt minutes à 56° ;
. Mais un chauffage ultérieur à 1009 la ferait en partie réapparaïitre.
La production d'hémolysine. serait strictement spéciale aux Staphylocoques pyogènes, à l'exclusion des saprophytes: fait contesté.
Injectée aux animaux, elle fait apparaître dans le sérum des propriétés antihémolytiques. Une antihémolysine existe d’ailleurs normalement dans le sérum humain. La puissance antihémolytique du sérum augmente beaucoup au cours des infections à Staphylocoques (Bruck, etc.); on a même proposé le dosage de l’antihémolysine comme Lien de diagnostic des infections staphylococciques.
SIÈGE
Dans l'organisme humaïn. — A l'état normal, le Staphyle, coque se rencontre d’une manière constante sur la peau (surtout St. albus), et fréquemment sur 4 plupart des muqueuses externes : bouche, urètre, vagin.
A l’état pathologique, il existe dans les divers processus signalés plus haut (Voy. p. 262); en cas de septicémie, dans le sang,
266 STAPHYLOCOQUE.
Dans les milieux extérieurs. — Abondamment répandu dans l’eau, les poussières, dans l'air, etc.
Le diagnostic de l'infection staphylococcique est basé exclusivement sur la constatation et l'identification du microbe.
Recherche du microbe. — Produits pathologiques. — Les prélèvements étant opérés comme il est indiqué ailleurs (chap. XIII), on procédera tout d’abord à l'examen direct. Préparer des frottis, faire deux colorations.
10 Coloration simple ;
20 Coloration par la méthode de Gram.
Le Staphylocoque présente les caractères indiqués ci-dessus.
On pratiquera ensuite l'isolement du microbe par culture sur milieux solides: dissocier une goutte de produit pathologique dans le liquide d’exsudation d’un tube de gélose; incliner le tube pour répartir à la surface ; prélever une anse de ce liquide, porter sur un deuxième tube, opérer comme pour le premier; prélever une anse du deuxième tube, ensemencer un {roisième.
Après culture, on repiquera les colonies parfaitement isolées et: on vérifiera les caractères du Staphylocoque pyogène : cultures surtout, morphologie.
Si la provenance du microbe reste douteuse (Voy. ci-dessous, Observation), procéder à l'inoculation intraveineuse du lapin.
Sang. — On pratiquera l’hémoculture (Voy. chap. Analyses bactériologiques appliquées à la clinique). |
Observation. — Le Staphylocoque, hôte normal des téguments, peut être ensemencé accidentellement, si le prélèvement est fait à travers la peau (sang, sérosités, etc.). D'autre part, il se surajoute facilement aux autres espèces pathogènes plus nocives: au Bacille tuberculeux (particulièrement dans les pleurésies purulentes), au Streptocoque (surtout dans les collections ouvertes), etc. Enfin il est un agent passes d'infections cadavériques. D’où de multiples causes d'erreur.
Trouve-t-on le Staphylocoque dans des circonstances non habituelles (en dehors de l’ostéomyélite, du furoncle, etc.), i7 faut soumettre l'épreuve à un contrôle très sévère. ;
Pour les produits pathologiques : constater la présence du microbe par l'examen direct; s'assurer par les épreuves nécessaires qu'il ny a.pas d’autres microbes (Bacille de Koch surtout). .
Pour le sang: répéter l’hémoculture à plusieurs reprises. Se méfier surtout du Sé. albus ; accorder plus de crédit aux St. aureus et citreus (les débutants en hémoculture obtiennent fréquemment le S, blanc).
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®BOTRYOMYCOSE. 267
VACCINATION ET SÉROTHÉRAPIE.
1. L'animal traité par les substances vaccinantes (Voy. p. 265) est relativement immunisé (J. Courmont).
Il. Que'ques auteurs auraient réussi à produire un sérum de faible activité: Capman, par inoculgtions de filtrats (chien, lapin) ; Parascandolo, par injection de cultures viru'entes en bouillon sucré ; Proscher, en inoculant à la chèvre des cultures vivantes.
Ces divers sérums peuvent protéger l'animal contre une ou quelques doses mortelles, mais ne sont guère sortis jusqu'ici du domaine du laborato:re.
Vaccinothérapie. — Les injections staphylococciques consiituent pour le moment l'objectif le plus accessible à la vaccinothérapie (Wright). Elle est particulièrement efficace dans la furonculose à répétition (Mauté).
Technique (Mauté). — Isoler le Staphylocoque du mälade à traiter, cultiver sur gélose, émulsionner la culture dans le sérum artificiel, chauffer à 560 pendant une heure deux fois de suite, à vingt-quatre heures d'inter-
. valle; additionner d’eau physiologique pour amener le nombre de germes
à 500 millions par centimètre cube; répartir en ampoules.
Injecter d'abord 0cc,25, puis (après cinq:jours) 0,50, puis 1 centimètre cube ; on peut porter dans la suite à 2 et 3 centimètres cubes.
A la rigueur, on peut employer un Staphylocoque étranger.
BOTRYOMYCOSE,
La bolryomycose, observée surtout chez le cheval, est constituée par une lésion sous-cutanée, formant tumeur dure et diffuse, d’où s'écoule un pus chargé de grains jaunâtres. Chaque graïn est limité par une coque réfringente à contour net, renfermant des amas de microcoques qui prennent le Gram. Les cultures donnent un germe présentant tous les caractères du Staphylocoque doré.
En raison de la structure histologique spéciale des lésions, la nature de la botryomycose demeurait jusqu'ici incerlaine; car on s'expliquait mal comment le Staphyloco jue, agent habituel des suppurations banales, pouvait donner des grains L?s recherches récentes de Magrou ont élucidé Ia question.
* Lorsqu'on inocule au cobaye, dans le testicule, des crins de cheval stérilisés, souillés de Botryocoque, il apparaît le long du trajet des lésions qui, à l'examen histologique, présentent des grains botryomycotiques; comme daris la botryomycose spontanée, on voit des amas microbiens entourés d’une coque réfringente; mais ici, la
268 STAPHYLOCOQUE.
coque réfringente, au lieu d'être homogène comme chez le cheval, est formée d'une pali sade de massues, identiques par léur forme,
leur d sposition et leurs réac:ions tincto iales, aux massues des
grains jaunes d'actinomycose. Mêmes résultats avec divers échantillons de Staphylocoques. ne p ovenant pas de la b:tryomyc.se.
D autres expériences ont moutre que les effets 1ocaux du Starhylocoque dépendent de la dose inoculée. De fortes doses déterminent la nécrose des globules blancs exsudés. Après inoculation de doses infinitis males. apparaissent des foyers leucocyiaires, parfois des cellules géantes, sa: s germes visib es. Avec des doses moyennes, leucucyt:s et bactérivs équ lib'ent I-urs forces et se tolèrent réciproquement: les noduies leucocytaires entourent les bactéries et leur rési tent, ma's sans arriver à les détruire.
Aux con alations de Magrou, il faut en ou're a'outer que, d’après Nicolle e Césari, le sérum de caevaux atteints de botryomycose est cap,b e de neutraliser la toxine staphyiococc:que.
De ce- diverses recherches on ve .t conclure que la butr yomycose est b ea ure inlection à Staphylocoques, évoluant sous une forme speciale.