‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 120 sur 164 · PNEUMOCOQUE · texte numérisé non relu

PNEUMOCOQUE

du dixième au douzième passage. On arrive à obtenir un virus tel que IV à VI gouttes de sang tuent le lapin en douze à quinze heures (sous la peau).

Comme beaucoup d'autres microbes, le Pneumocoque détermine des lésions lozales d'autant moindres que l'infection est plus sévère, et inversement.

Souris. — Extrêémement sensible, la souris blanche ou pète constitue un Mer réactif du Pneumocoque. On peut inoculer par scarification (base de la queue) ou par injection sous-cutanée ;

Fig. 118. — Sang de souris infectée par le Pneumocoque. Capsules colorées,

l'animal meurt généralement en vingt-quatre heures ou moins, si le microbe est virulent. Peu (æœdème) ou pas de lésion locale. A Pautopsie: sang dissous, rate grosse ; le Pneumocoque pullule dans le sang (fig. 148), les viscères et les tissus.

Lapin. — Très sensible, moins que la souris.

Un Pneumocoque très virulent, injecté sous la peau, à la dose de 1 centimètre cube, tue l'animal en vingt-quatre à quarante-huit heures. Léger æœdème au point d’inoculation; purpura viscéral (gros intestin surtout, Carnot et Fournier) et purpura sous-cutané (Foa, Bezançon et Griffon). Le Pneumocoque est très abondant partout (Pnéumocoque hémorragique de Foa).

TR re

TOXINES. | 303

Moins virulent, le Pneumocoque provoque une lésion locale plus marquée, œdémateuse ou pseudo-membraneuse ; la mort est plus tardive (Pneumocoque ædématogène de Foa). Un Pneumocoque peu virulent, inoculé sous la peau, peut produire à distance des abcès ou des arthrites purulentes (Bezançon et Griffon).

L'injection intratrachéale provoque parfois — rarement — une pneumonie lobaire. L’injection intracérébrale est particulièrement sévère (Carnot et Fournier).

Rat blanc. — Moins sensible, il faut des doses plus élevées pour tuer l'animal. L’æœdème local est très étendu. Quelques Pneumocoques dans le sang.

L'inoculation intrapulmonaire provoque une ST

Mouton. — Moins sensible encore que le rat blanc ; mêmes réaclions après injection sous-cutanée.

L'inoculation intratrachéale, inefficace chez l'animal non préparé, détermine la pneumonie quand on inocule au préalable dans la trachée du tartre stibié (Gamaleia).

Chien. — Mêmes réactions que le rat, à doses plus fortes. L’inoculation intratrachéale reproduit parfois la pneumonie (Tchistovitch).

Cobaye. — Très réfractaire, il succombe pourtant à l'injection intrapéritonéale de virus très actifs.

Oiseaux. — Réfractaires.

TOXINES

Le pouvoir toxique du Pneumocoque parait très limité,

Toxines dans les cultures. — I. Les cultures filtrées, ou stérilisées par la chaleur (58°) ou par le chloroforme, sout peu toxiques (Issaëff). Foa et Bonome, puis les frères Klemperer ont cependant avancé que le précipité alcoolique des cultures, poudre blanc jaunâtre qu’ils appellent pneumotoxine, redissous dans l’eau, est toxique pour le lapin; il est détruit à 60°. Le précipité obtenu par le sulfate d’'ammoniaque est beaucoup moins toxique. !

II. Carnot et Fournier (1900) signalent des résultats plus appréciables, Ils cultivent le Pneumocoque dans un tube à essai perforé et couvert d'une membrane de collodion ; le tube plonge dans un milieu nutritif, qu’on peut prélever ou remplacer à volonté. Le Pneumocoque y vit pendant des mois. Par dialyse les toxines passent dans le milieu extérieur au tube. Ce liquide, concentré dans le vide, est toxique pour le lapin; l’inoculation provoque surtout des lésions musculaires: dégénérescence et rupture des muscles, surtout aux lombes; cœur gros et de teinte feuille morte. L'injection dans le poumon reproduit les diverses formes des lésions pneumococciques humaines: pneumonie franche, pneumonie grise, pneumonie épithéliale.

Toxines dans les organes. — I. La macération aqueuse d'organes et de muscles des animaux qui ontsuccombé à l'infection pneumococcique

304 PNEUMOCOQUE.

se montre légèrement toxique (Foa et Bonome, Emmerich, Mosny).

II. Issaëff (1893) s'adresse au sang Quatre lapins sont inoculés avec le

virus exalté (p 301); après la mort, on recueille et mélange le sang des quatre animaux, on ajoute volume égal d’eau glycérinée à 1 p. 100 et alcalinisée (V à VI gouttes de solution concentrée de bicarbonate de soude p. 100 centimètres cubes); après mélange, on filtre. Le liquide obtenu, peu toxique, tue quelquefois le lapin à la dose de 20 à 30 centimètres cubes. La toxicité est atténuée par chauffage à 70°, détruite à 1000. Les exsudats péritonéaux recueillis chez les mêmes animaux sont également un peu toxiques après filtration.

SIÈGE

Dans les conditions naturelles, le Pneumocoque ne se rencontre guère que chez l’homme; exceptionnellement, chez des animaux affaiblis (Voy. Chap. XII).

Chez l’homme, à l’état normal, le Pneumocoque est un parasite habituel de la bouche et de ses annexes; il existe dans la salive, plus souvent chez les anciens pneumoniques (4 fois sur 5) que chez les autres (1 fois sur 5) d’après Netter ; dans la bouche et le rhino-pharynx, His le rencontre 85,7 fois sur 100 sujets ; Bezançon et Griffon l’ont décelé d'une manière constante à la surface de l’amygdale. La virulence diminue chez les anciens pneumoniques pendant deux semaines après la guérison, pour réapparaître ensuite (Netter) ; elle serait plus marquée pendant l'hiver.

IL'existe également parfois, à l’état normal, dans les fosses nasales et même le poumon.

A l'état pit ologique, le Pneumocoque se rencontre tout d’abord dans les lésions qu’il provoque (Voy. p. 300), dans le bloc pneumonique (fig. 147) et dans les crachats; dans certaines collections et sérosités purulentes, etc. Il peut, en outre, parfois être décelé dans le sang, spécialement au cours de la pneumonie.

Le diagnostic Lette est basé exclusivement sur la consta-

{ation du microbe.

Recherche du microbe. — Les moyens de recherche comportent l’examen direct, la culture et l’inoculation.

I. Les crachats seront soumis tout d’abord à l’examen direct : coloration au Gram, coloration des capsules, Cet examen est indispensable, mais il ne suffit pas pour affirmer un diagnostic, caril existe d’autres microbes susceptibles de présenter le même aspect

(surtout l'Entérocoque). On complétera le diagnostic en inoculant à g

Page 1