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CHAPITRE XXII

GONOCOQUE

Le Gonocoque, agent pathogène de l'infection blennorragique, a été découvert par Neisser en 1879, dans le pus urétral de la blennor-

Fig. 164. — Gonocoque dans le pus blennorragique. La figure montre en outre des cocci banaux associés, prenant le Gram.

ragie vulgaire. Il présente de grandes analogies morphologiques avec le Méningocoque et tout le groupe des germes similaires. IL s'en distingue nettement par ses caractères biologiques.

MORPHOLOGIE

Aspect microscopique. — Dans les produits pathologiques. — Le-Gonocoque se présente dans le pus blennorragique et les

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complications suppuratives eonnues, sous un aspect spécial.

Isolés, c’est un coccus à forme sphérique : mais le plus souvent il se montre sous l'aspect de diplocoques dont chaque élément ressemble à un grain de café ou un haricot, regardant l'élément associé par sa face plane ou légèrement concave.

Ces germes peuvent être libres entre les cellules du pus, mais, en général, ils sont intracellulaires. On les rencontre en effet dans la masse protoplasmique des polynucléaires dégénérés ou des larges cellules endothéliales qui s’y mêlent. Ils y sont habituellement nombreux, et certaines cellules en sont tellement bourrées qu’elles éclatent (fig. 164).

Dans les cultures. — Le Gonocoque, cultivant assez difficilement dans les milieux artificiels, perd un peu, dans les cultures, sa forme caractéristique. Les éléments des diplocoques sont plus arrondis ou ovalaires ; de plus, ils sont assez inégaux (fig. 165), au moins lors des premières générations ; on observe des formes géantes d'involution.

Coloration. — Le Gonocoque se colore aisément par toutes les couleurs d’aniline. La fuchsine de Ziehl, le violet de gentiane, la thionine lui conviennent également bien. 1! se décolore par la méthode de Gram.

Ce caractère important permet de différencier, dans les préparations de pus, des germes associés qui peuvent s'y rencontrer, et être confondus avec lui.

Plusieurs procédés ayant pour but une double coloration ont été proposés : |

Procédé de Nicolle. — C’est Ia méthode de Gram composée, la recoloration étant effectuée par une solution hydro-alcoolique à fuchsine.

1° Traiter par la méthode de Gram.

20 Après décoloration par l’alcoo]l absolu, traiter quelques secondes par :

Solution saturée de fuchsine dans l'alcool à 359....... LAS RE ad 5 centimètres cubes. Eau PRADA SE LOT 100 ee.

3° Laver, sécher.

Le fond de la préparation et les Gonocoques sont teintés par la fuchsine ; les germes qui ont pris Le Gram sont étrangers au Gonocoque (fig. 164).

Procédé de Pick et Jacobsohn. — Laisser la préparation pendant dix secondes en contact avec :

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Fuchsine phéniquée de Ziehl..... XV gouttes.

Solution a'coolique de bleu de métuylèene-# #2 RTE A A VIII gouttes.

GAS RARES RS RS PRET UNS 20 centimètres cubes.

Les Gonocoques soat teintés en bleu foncé; le protoplasma des éléments cellulaires en rose, les noyaux de ees derniers en bleu clair.

Le Gonocoque est un aérobie strict. Il végète entre 220 et 40 ; 37° est la température optima pour son développement. Il éprouve cependant de grandes difficultés à pousser dans les milieux de laboratoire. Comme le Méningocoque, il exige le plus souvent des milieux albumineux pour donner une culture ab:ndante et durable.

Bouillon ordinaire et bouïillon-asceite. — Dans le bouillon ordinaire, le Gonocoque pousse à peine : vers le deuxième ou troisième jour, un trouble léger se produit, bientôt suivi d'un dépôt qui se {orme au fond du tube.

En bouillon-ascite (bouillon, 3 parties ; Are 1 partie), le développement est un peu p:us abondant ; le trouble se manifeste vers le deuxième jour; puis des flocons grisâtres se déposent. Quand le Gonocoque à subi plusieurs passages dans ce milieu, il peut s’acclimater au bouillon ordinaire.

De Christmas prépare du bouillon de veau non peptonisé, qu'il concentre en évaporant par l’ébullition au quart de son volume. À 1 partie il ajoute 3 parties d’ascite. Dans ce milieu, le développement est rapide ; les Gonocoques conservent leur forme en grains de café; les formes d’involution sont rares (Vannod).

Urine. — f'inger a montré que le Gonocoque donnait une culture assez abondante dans l’urine non alcalinisée, à laquelle on ajoute 0,5 p. 100 de peptone. Le développement est plus marqué encore quand l'urine est albumineuse (Hammer.

Gélose ordinaire. — Culture très grèle, ne s’effectuant qu’à la faveur des albuminoïdes du pus qu’on ajoute en même temps qu’on pratique l’'ensemencement de pus urétral; mais celte culture, repiquée dans le même milieu, ne pousse pas. Vannod cependant a obtenu des cultures abondantes et repiquables en trente passages avec la gélose ordinaire (rès faiblement alcalinisée.

Gélose ascite. — La gélose simple ou glycérinée, additionnée d’ascite ou de liquide pleural ‘1 partie), convient très bien pour la culture du Gonocoque. Au bout de vingt-quatre à trente-six heures, les colonies isolées apparaissent arrondies, punctiformes, blane gri-

sâtre, légèrement translucides, à bords sinuux. Elles atteignent { millimètre environ en deux à cinq jours; elles sont alors plus

Fig. 165. — Culture de Gonocoque (gélose-ascite, vingt-quatre heures).

opaques; leur centre est sombre et épais; elles ont une consistance assez visqueuse. Transportées dans une gouttelette d’eau, elles sémulsionnent, mais d'une façon peu homogène.

Les stries forment une glaire mince, grisâtre, un peu transparente ; la surface est humide et brillante.

Gélose de Wassermann. — Le milieu suivant est très favorable à la culture du Gonocoque :

A1 centimètres cubes de sérum de porc ne contenant pas d'hémoglobine on ajoute 30 à 35 centimètres cubes d’eau, 2 à 3 centimètres cubes de glycérine, et 80 à 90 centigrammes de nutrose. On agite bien ce mélange, et on le chauffe, en l’agitant toujours, jusqu’à l’ébullition. Le liquide, qui étail trouble, s’éclaireit. On continue l’ébullition pendant vingt minutes environ, ce qui suffit pour stériliser le liquide quand Île sérum est frais. Le liquide est ensuile mélangé à parties égales avec de l’agar contenant 2 p. 100 de peptone, préalablement liquéfiée à 500, et le mélange est versé dans des boîles de Petri.

Gélose au sang (Bezançon et Griffon). — Vingt-quatre heures après l’ensemencement du pus, les colonies apparaissent plates,

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rondes, humides, brillantes, assez translucides, blanchâtres, tranchant sur le fond brunâtre du milieu.

Gélose Martin-sérum formolé. — Le Gonocoque pousse bien sur ce milieu. Mêmes caractères que sur gélose-ascile.

Gélose T. (p.295). — Contrairement au Méningocoque, le Gonocoque ne pousse pas sur ce milieu.

Sérum eoagulé. — Sur sérum humain (Bumm) ou sérum de lapin (de Christmas) coagulé, les colonies présentent des caractères identiques à ceux qu'on observe sur gélose-ascile.

Gélatine. — Sur gélatine, en piqure, à 220, on observe au bout de quelques jours un pus léger le long de la piqüre. A la surface une légère dépression se forme, devenant vers le dixième jour une espèce de cupule, constituée plutôt par un ramollissement de la gélatine que par une véritable liquéfaction (Macé). Turro préfère la gélatine acide, c'est-à-dire la gélatine ordinaire non alcalinisée. Mais le développement est très grêle et les colonies sont difficilement repiquables.

Vitalité. — La vitalité du Gonocoque, tombé dans le milieu extérieur, est extrêmement faible, qu'il provienne des cultures artilicielles ou du pus blennorragique lui-même. Le pus issu de l'organisme, conservé à 0° ou même à la température ordinaire, est stérile en vingt-quatre heures. Il est stérilisé en quelques minutes à 550. ]1 en est de même par une exposition à l'air de quelques heures. Ces faits expliquent la fréquence des résultats négatifs quand la culture a été faite plusieurs heures après le prélèvement,

Dans les cultures, la vitalité du Gonocoque est faible. ll ne se conserve qu'à la condition de séjourner en permanence à l’étuve à 370. S'il est acclimaté aux milieux artificiels, il peut alors survivre trois à quatre semaines au plus. Un séjour de quelques heures à la température du laboratoire le tue régulièrement.

Ce germe est encore très sensible à l’action des antiseptiques, même faibles : le sublimé, les sels d'argent solubles : l'argent aminé à 1 p. 4 000, l’argonium à 1,5 p. 100, le protargol à 4 p. 100, le tuent en cinq à dir minufes.

Réactions biochimiques. — Indol. — Pas de production d’indol dans les cultures.

Action fermentaitive sur les sucres. — Roth a montré que le: Gonocoque faisait fermenter les milieux glucosés et restait sans

action sur les autres sucres. C'est là un moyen de différenciation important d'avec le Méningocoque (Voy. p. 320).

Réactions vis-à-vis de l’antisérum. — Agglutination. — Un sérum antigonococcique, obtenu par injections de cultures de Gonocoque à l'animal, agglutine ce germe. La recherche s'effectue par le procédé macroscopique, en diluant une anse de culture sur agar dans 1 centimètre cube d’une dilution de sérum. Cette agglutination ne se produit pas avec des cocci étrangers, comme le Staphylocoque, le Streptocoque, etc.

Toutefois elle peut se montrer avec le Méningocoque (Brückner et Cristeanu, Vannod, etc.). Mais, en ce cas, l'épreuve de la saturation des agglutinines (Dopter et R. Koch) démontre d’une façon formelle qu'il s’agit alors de coagglutinines, non spécifiques, l’agglutination spécifique étant réservée au seul Gonocoque.

D'après Torrey, un sérum obtenu par vaccination à l’aide d'un échantillon de Gonocoque peut ne contenir d’agglutinines spécifiques que pour ce seul échantillon, et des coagglutinines pour d’autres échantillons du même germe. Il a tendance à admettre que le groupe Gonocoque n’est pas homogène, et qu'il existe des différences spécifiques suivant les races envisagées.

Enfin il résulte des recherches de M. Nicolle, Jouan et Debains que des sérums antigonococciques ne présentant aucun pouvoir agglutinant sur certains échantillons de Gonocoques peuvent l’acquérir si les émulsions microbiennes sont préalablement traitées par l'acide chlorhydrique (méthode de Porges). Ce traitement « démasque » donc l’antigène.

Il est d’ailleurs à remarquer qu’il met aussi en évidence un antigène semblable chez les Méningocoques, car ces derniers traités par la même méthode deviennent agglutinables par le sérum antigonococcique.

Précipitation. — L’extrait autolytique de Gonocoque, additionné d'une minime quantité de sérum antigonococcique, se trouble rapidement : un précipité se forme.

Ce précipité s'obtient de même, mais d’une façon moins marquée, avec l'extrait de Méningocoque. La saturation des précipitines (Dopter) montre que, dans le premier cas seul, la précipitation est spécifique ; elle ne l’est pas dans le second (co-précipitation).

SensSibilisatrice. — D'après les recherches de Vannod, le sérum antigonococcique contient une sensibilisatrice spécifique pour le Gonocoque ; au contraire, mis en présence de Staphylocoque, Streptocoque, etc., et même de Méningocoque, la réaction reste négative. Ces constatations importantes sont de nature à prouver nettement

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l'individualité spécifique du Gonocoque, que d’aucuns, Lepierre et Pinto entre autres, ont voulu nier, en déclarant que le Méningocoque et le Gonocoque étaient des germes identiques.

Toutefois, Teayne et Torrey, examinant à cet égard plusieurs échantillons de Gonocoques, ont observé que, vis-à-vis d'un même antisérum, ils se comportaient différemment: certains fixent le complément, d’autres ne le fixent pas. D’après ces faits, le groupe Gonocoque ne serait pas homogène. Pour M. Nicolle, Debains et Jouan, les Gonocoques pourraient fixer le complément en présence des sérums anliméningococciques.

La sensibilisatrice gonococcique a été mise en évidence par plusieurs auteurs (Müller et Oppenheim, Brück, Meakins), dans le sérum de sujets atteints d’arthrite, de salpingite, de prostatite, d'urétrite chronique gonococciques.

D'après Teayne et Torrey, pour être utilisée en vue du diagnostic, et en raison des différences signalées, cette recherche demande à être effectuée après plusieurs races de Gonocoques.

ACTION PATHOGÈNE

Action pathogène sur lorganisme humain. Habitat. — La blennorragie est la détermination la plus fréquente de l'infection gonococcique.

Le Gonocoque se rencontre en effet dans le pus urétral,

Au début de l’écoulement, voici l'aspect que présente le pus : l'examen décèle de nombreux globules pyoïdes, contenant dans leur masse protoplasmique des Gonocoques, maïs encore peu nombreux. On constate de plus des cellules endothéliales dont quelquesunes contiennent, elles aussi, des Gonocoques.

Au troisième ou quatrième jour, les Gonocoques sont beaucoup plus abondants, et les leucocytes qui les ont phagocytés sont nomtreux; il n’est pas rare d’en compter un sur cinq ou six qui sont littéralement bourrés de diplocoques.

Puis les cellules épithéliales disparaissent, et l'on voit apparaître des germes d’association secondaire.

Enfin, quand l’urétrite passe à la phase chronique, ces cellules épithéliales redeviennent fort nombreuses, contenant quelques Gonocoques, alors7que les leucocytes se raréfient et sont dénués d'éléments microbiens.

Dans les coupes d’urètre blennorragique, les Gonocoques se trouvent dans les couches les plus superficielles de l’épithélium ; ils siègent de préférence dans leur intervalle; ils envahissent parfois la

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profondeur et vont déterminer des petits abcès glandulaires, puis urétraux, qui entretiennent si longtemps l'infection. Enfin ils peuvent passer dans la circulation pour envahir l'organisme et déterminer les complications générales.

Le Gonocoque est encore responsable de la vulvo-vaginite des petites filles; on le trouve dans la blennorragie ano-rectale.

Ce germe détermine les complications des organes voisins et des complications éloignées : les métrites, les salpingites, les pelvi-péritonites post-blennorragiques relèvent parfois des microbes associés, mais aussi du Gonocoque ; l’épididymite, l’orchite, la funiculite, la cystite, certains cas de néphrite sont sous sa dépendance; enfin on connaît la conjonctivit: de l’adulte et l’ophtalmie des nouÿeau-nés, dont il est l’agent infectieux.

Parmi les complications à distance et d’ordre circulatoire, notons l'arthrite blennorragique, où le Gonocoque se décèle, non pas dans le pus, mais dans la synoviale et les tissus péri-articulaires. Le Gonocoque se localise parfois aussi au niveau de l’endocarde, où il provoque l’éclosion d’une endocardite infectieuse, on connaît des myélites, des méningites suppurées gonococciques. Enfin la gonococcémie, ou septicémie gonococcique, est actuellement connue.

Action pathogène expérimentale. — Des essais d'inoculation de cultures de Gonocoque dans l’urètre de l’homme ont été tentés pour en démontrer la spécificité. Entre les mains de Bumm, Bockart, Kiefer, Bokai, ces épreuves ont été positives, et la blennorragie ainsi provoquée présentait des caractères semblables à ceux de la gonorrhée contractée à la suite d’un coït infectant.

Chez l’animal, les injections intra-urétrales sont, dans la plupart des cas, restées négatives. Seul, Fonseca a pu provoquer chez le lapin une blennorragie légère qui ne dura qu’une semaine.

L'instillation de cultures de Gonocoques sur la conjonctive du cobaye produit une légère conjonctivite, dont les éléments purulents contiennent du Gonocoque (Legrain). Morax est arrivé, chez le jeune lapin, à produire ainsi une conjonctivite purulente caracléristique. Mais, dans tous ces essais, on n’observe pas de multiplication du germe ; c’est ce que Morax, puis Debré et Paraf ont constaté à la suite de l'injection dans la chambre antérisure de l’œil chez le lapin.

Citons le fait intéressant de Malowski, qui détermina chez une lapine une salpingite mortelle avec péritonite, après une injection dans la cavité utérine.

Les inoculations sous-cutanées sont inoffensives.

L'inoculation intraveineuse tue l’animal (lapin, cobaye), quand la

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dose est suffisante, mais il ne se forme pas de septicémie: l'animal succombe sans doute par toxémie, car on ne retrouve le Gonecoque ni dans la circulation ni dans les viscères.

L'inoculation intrapéritonéale détermine chez le cobaye une péritonite suppurée mortelle, où Les Gonocoques injectés ont en grande partie disparu.

TOXINE

L'expérimentation sur l'animal montre qu’il succombe par intoxication, beaucoup plus que par infection. De plus, l'injection de cultures tuées par la chaleur provoque les mêmes phénomènes qu'avec les cultures vivantes. C’est l'indice de l'existence d'une toxine gonococcique. Mais, alors que de Chritsmas prétend qu'il s’agit d’une toxine soluble (gonotoxine), d'autres, comme Wassermann, Nicolaysen, Morax, estiment que le poison se trouve inclus dans le corps microbien.

Mode d'obtention. — Procédé de De Ghristmas. — De Christmas fait une culture avec son bouillon de veau non peptoné, additionné de trois quarts de liquide ascitique. 11 abandonne la culture à l’étuve à 37°, pendant vingt à trente jours; puis il filtre. Le filtral est la gonotoxine ; elle est précipitab'e par l'alcool absolu et le sulfate d'ammoniaque.

Procédé de Nicolaysen. — Nicolaysen dessèche une culture de Gonocoque sur gélose ; après broyage, il obtient une poudre toxique pour la souris.

Procédé de Vannod. — Vannod emploie le procédé connu de la préparation des nucléo-protéides.

Il émulsionne des cultures de quatre jours sur agar-ascite dans une solution de potasse à 1 p. 100, pendant deux à trois heures.

La nucléo-protéide est précipitée par addition d'acide acétique à 4 p. 100. On filtre, et le précipité restant sur le filtre est lavé à l’eau stérile jusqu'à ce que le liquide soit devenu neutre. On recueille le précipité sur le filtre, on le dessèche dans le vide. La poudre blanc grisâtre qui en résulte est broyée dans un mortier. C’est la nucléo-protéide, que l’on dissout dans une solution de carbonate de soude à 1 p. 100 pour l'injecter aux animaux.

Effets pathogènes. — L’inoculation sous-cutanée chez le lapin détermine une inflammation locale énorme, s'accompägnant de fièvre et d’un amaigrissement marqué, et se terminant souvent par un abcès; l’animal succombe par cachexie.

L'inoculation intraveineuse provoque les mêmes phénomènes généraux.

L’injection intrapleurale détermine la production d'un exsudat purulent, toujours stérile.

Introduite dans la chambre antérieure de l'œil, la toxine provoque la formation d’un hypopion et l’ulcération de la cornée.

Enfin, chez l’animal, l'injection urétrale reste dénuée d'effets pathogènes. Chez l’homme, au contraire, injectée à la dose de 1 centimètre cube, elle amène un écoulement purulent sans Gonocoques, avec douleurs à la miction, absolument analogue à l'écoulement blennorragique.

L'injection intracérébrale de la toxine chez le cobaye est très sévère ; elle le tue en cinq à dix heures, à la dose de 1/100 ou 1/1 000 de centimètre cube.

Le diagnostic bactériologique de l'infection gonococcique urétrale est habituellement simple dans les cas aigus; l’examen microscopique seul suffit pour l’établir ; il est moins facile dans les cas chroniques.llen est de même dansles complicationsgénito-urinaires, surtout chez la femme. Il convient alors de soumettre les produits prélevés à toutes les épreuves capables d'identifier le Gonocoque. Cette règle s'applique encore aux manifestations extragénitales où la rigueur du diagnostic s'impose pour éviter toute cause d'erreur.

Prélèvement du matériel de recherche. — Cette partie de la technique présente une importance capitale, car d’un prélèvement bien ou mal effectué dépendent souvent les résultats positifs ou négatifs de l'expertise.

Pus urétral chez l'homme. — Laver préalablement le méat urinaire. Faire sourdre une goutte de pus qu’on étale sur une lame de verre. Pour cet étalement, éviter, comme on le fait souvent pour l'envoyer au laboratoire, de recouvrir d'une lamelle ; dans ces conditions, les bords se dessèchent, et, dans la partie centrale, les cellules et les Gonocoques s’altèrent. Il faut étaler sur place la goutte de pus, à l’aide d’une autre lame ou d’une carte de visite, de facon que l'élalement soit mince et uniforme. Éviter dans cette manœuvre le moindre traumatisme, pour éviter que les leucocytes contenant les Gonocoques n éclatent, et que ces derniers ne deviennent libres, ce qui enlèverait ainsi un caractère important pour le diagnostic.

En cas d’urétrite chronique, prélever de la même façon la goutte purulente du matin. Sinon, recueillir les filaments qui nagent dans l'urine récemment émise, et étaler sur lame, comme il vient d’être

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