GONOCOQUE
dit ; cet étalement exige toutefois un certain traumatisme dont il faut tenir compte dans l'appréciation des résultats.
Pus génital chez la femme. — Chez la femme, on a naturellement tendance à prélever le pus au niveau du vagin ou de la vulve. Il n’est pas démontré que le Gonocoque y pullule ; d’ailleurs, s’il existe en ces régions, ilest associé à de nombreuses bactéries étrangères qui compliquent le diagnostic.
Sauf dans le cas de vulvo-vaginite des petites filles, où cette technique s'impose cependant, il faut prélever le pus au niveau de l’urétre, de même aussi au niveau du col utérin, où les Gonocoques sont particulièrement fréquents, de même encore au niveau des follicules et des glandes de Bartholin.
Enfin, au cours des opérations nécessitées par des salpingites, elc., on recueille et on étale Le pus dans les mêmes conditions.
Pus ano-rectal, conjonctival, etc. — Dans l’ano-reclite gonococcique, recueillir la sécrétion anale avec un instrument mousse, une curette ou une sonde cannelée.
Pour la conjonctivite, la technique ne présente aucune difficulté.
Sérosités articulaires. — Faire aseptiquement une ponction exploratrice, et étaler le liquide obtenu comme il a été dit. Mais rappelons ici que le Gonocoque se trouve de préférence dans la synoviale ou dans les tissus péri-articulaires.
Pus mévningé. — Ponction lombaire; centrifugation du liquide céphalo-rachidien. Étalement sur lames du culot de centrifugation, comme avec le pus urétral.
Sang. — En cas de phénomènes septicémiques, inutile de pratiquer l'examen sur lames. L’hémoculture s'impose : ensemencer 5 centimètres cubes de sang prélevés par ponction veineuse dans 400 à 500 centimètres cubes de bouillon-ascite.
Examen microscopique direct. — Fixer la préparation par l'alcool-éther; laisser sécher ; colorer. Diverses méthodes peuvent être utilisées :
1° Coloration simple par la thionine, le bleu de méthylène, etc. Cette méthode montrera, outre les leucocytes et les cellules épithéliales, les Gonocoques avec leur morphologie habituelle et leur situation intracellulaire (fig. 164), mais elle ne permettra pas de les distinguer des microbes banaux, qui prennent le Gram.
2° Méthode de Gram composée. — Colorer par la méthode de Gram, puis, après l’action décolorante de l'alcool absolu, recolorer par l'éosine ou de préférence la fuchsine de Ziehl diluée à 4 p. 10. Les Gonocoques sont teintés en rouge.
Ce procédé présente l'avantage de différencier nettement le
Gonocoque d’une série de germes similaires pouvant même vivre à l'état saprophytique dans l’urètre normal; ces pseudo-Gonocoques en effet ne se décolorent pas par la méthode de Gram.
Identification. — Quand les constatations fournies par l'examen microscopique direct sont nettes et montrent le Gonocoque avec tous ses caractères, l’ensemencement destiné à l'identification est inutile. Il devient indispensable quand les résultats de l'observation sont flous et discutables.
Cultures. — On ensemence abondamment le pus suspect, ou le sang retiré par hémocullure, sur les milieux éleclifs : gélose-ascite, gélose au sang. Mettre à l’étuve à 37°. Au bout de vingt-quatre à quarante-huit heures, si des colonies ont poussé, les examiner ; en prélever une parcelle, qu’on dilue dans une goutte d’eau sur une lame; examiner après coloration.
S'il s’agit d’un diplocoque en grain de café, ne prenant pas le Gram, faire un nouvel ensemencement sur gélose-ascite pour rechercher les propriétés biologiques.
Agglutination. — On recherche ensuite l'agglutination par la technique habituelle (Voy. Méningocoque, p. 324\ à l’aide d'un sérum antigonococcique polyvalent.
Fermentations sucrées.— Les fermentations sucrées se recherchent comme pour le Méningocoque. Rappelons que le Gonocoque fait fermenter la glucose seule.
Interprétation des résultats. — Quand ces épreuves ont montré la présence du Gonocoque authentique, le doute n'est pas permis : l'infection en cause est bien gonococcique. Mais souvent, surtout dans les cas chroniques, le Gonocoque peut être rare ét passer inaperçu. Il faut alors multiplier les recherches et réitérer les épreuves précédentes. De même encore, le Gonocoque peut avoir disparu, après avoir existé pendant le stade aigu de l’infectien. Le fait se constate surtout dans les cas d’arthrite blennorragique, dans les salpingites et pelvi-péritonites, où le germe spécifique est souvent remplacé par des associations secondaires.
Dans les urétrites chroniques, on peut provoquer momentanément la réapparilion du Gonocoque par une instillation au nitrate d'argent, ou l’épreuve de la bière, comme le conseillait Neisser.
Dans les autres cas, où la réapparition du Gonocoque ne peut s'effectuer, avant de nier la nature gonococcique de l'infection en cause, on pourra avoir recours aux méthodes de séro-diagnostic.
Séro-diagnostic. — Tenter l’agglutination d'un ou plusieurs échantillons de Gonocoques conservés au laboratoire par le sérum du malade; cette épreuve a donné en quelques cas de bons résultats.
362 GONOCOQUE.
M. Nicolle, Debains et Jouan recommandent pour cette recherche l'épreuve de l’agglutination sur une culture de Gonocoques traités préalablement par l'acide chlorhydrique (méthode de Porges) qui les rend plus agglutinables.
Ou bien pratiquer la recherche des sensibilisatrices par la fization du complément, en mettant en présence le sérum du malade et un ou plusieurs échantillons de Gonocoques.
Ces épreuves de séro-diagnostic sont encore indiquées pour déceler la nature gonococcique de complications pseudo-rhumatismales ou autres. |
SÉROTHÉRAPIE.
Plusieurs auteurs ont cherché à obtenir un sérum antigonococcique thérapeutique en vaccinant le cheval, la chèvre, etc., avec des produits gonococciques divers.
De Christmas vaccine deschèvres à l’aide d’injectionssous-cutanées de sa toxine. Le sérum obtenu neutralise la toxine in vitro et préserve le cobaye contre l'injection intracérébrale de toxine.
Brückner et Cristeanu vaccinent des chevaux à l’aide de cultures vivantes. Leur sérum est agglutinant et préserve Le lapin contre l'infection péritonéale mortelle.
Vannod traite ses animaux par des injections intraveineuses de nucléo-protéide gonococcique.
Rogers et Torrey ont préparé un sérum polyvalent par inoculation intrapéritonéale à la chèvre de cultures sur agar-ascite, provenant de plusieurs races de Gonocoques. A l’aide du sérum ainsi obtenu, ils ont traité avec succès, par injections sous-cutanées, des arthrites aiguës et chroniques, des épididymites blennorragiques, mais ils n'ont observé aucun résultat satisfaisant sur les urétrites, vaginites, conjonctivites. Peut-être eussent-ils obtenu de meilleurs résultats en portant le sérum au contact direct avec les lésions. En effet, Louis, Swinburn, Zigler, Cinffo, Colombo, etc., n’ont enregistré, par la voie sous-cutanée, que des insuccès. Les essais tentés par Debré et Paraf dans l’arthrite blennorragique en injectant le sérum dans la cavité articulaire sont plus encourageants : sur 15 cas graves, la guérison est survenue 6 fois en huit jours, et 8 fois en moins de quinze jours.
VACCINOTHÉRAPIE.
Piusieurs auteurs ont tenté sur l’homme des essais de vaccinothérapie par la méthode opsonisante de Wright: après une phase
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négative de quarante-huit heures au cours de laquelle les symptômes semblent s'aggraver, survient une amélioration très marquée durant trois à cinq jours, amélioration qui peut être continuée par une nouvelle injection plus forte que la première.
Cette vaccinothérapie présenterait plus d'efficacité vis-à-vis des complications blennorragiques, l’arthrite en particulier, que dans l’urétrite elle-même.
Signalons des résultats fort encourageants obtenus par les vaccins sensibilisés antigonococciques préparés suivant la méthode de Besredka (Cruveilhier) dans le traitement du rhumatisme blennorragique, des salpingites, des orchites, etc.
Il en est de même avec le vaccin fluoré de Ch. Nicolle et Blaizot, préparé avec une émulsion de gonocoques et de synocoques (souvent associés au gonocoque dans la blennorragie).
Enfin, le lipo-vaccin, préparé par Le Moignic, Sézary et Demonchy est doué d’un pouvoir curatif incontestable sur les complications articulaires et testiculaires de nature gonococcique. D’après les auteurs, il agirait également d’une facon heureuse sur la blennoragie, dont l'écoulement n’excéderait pas 8 à 15 jours. Si, à cette époque elle n’a pas complètement disparu, les lavages au nitrate d'argent à 1 p. 2000 assureraient alors rapidement la guérison.