CHAPITRE XXV
BACILLE PYOCYANIQUE
Le Bacille pyocyanique, agent du pus bleu, a été découvert par Gessard (1882), qui a bien étudié sa fonction essentielle, le pouvoir chromogène. Charrin a consacré ensuite à la maladie pyocya nique
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Fig. 167. — Bacille pyocyanique, Gélose âgée de vingt-quatre heures,
expérimentale une série d'études qui dépassaient de beaucoup à l'époque le domaine du Bacille pyocyanique et ont résolu ou amorcé nombre de problèmes relatifs aux propriétés des bactéries pathogènes.
Actuellement, la fréquenceet l'importance des affections à Bacille pyocyanique sont assez limitées,
312 BACILLE PYOCYANIQUE.
MORPHOLOGIE
Caractères microscopiques. — La forme type est un Bacille court, mesurant 1 u à 1 p, 5 sur 0,5, isolé ou réuni en petits amas peu cohérents. Cest l’aspect ordinaire sur les milieux d'usage courant.
Modifications morphologiques provoquées. — L’addition aux milieux de cultures de substances antiseptiques à faible dose provoque des modifications de forme (fig. 168 à 171) : on obtient des formes en coccus avec
Fig. 168. — Culture en bouillon Loriqué. Fig. 169. — Culture en bouillon créosoté.
4 p. 1 000 de créosote ; en spirilles avec l'acide borique à 7 p.1 000; en longs Bacilles avec 4 p. 100 d'alcool; en filaments avec 0,15 p. 1000 de bichromate de potasse (Guignard et Charrin). Ces variations sont temporaires ; la forme type réapparaît par réensemencement sur milieux ordinaires.
| A (SCA Z D di nee Î /\ J\ / Fig. 470, — Culture en bouillon alcoolisé. Fig. 171. — Culture en bouillon bichromaté, Coloration. — Le Bacille de Gessard se colore bien par les
couleurs d’aniline. 11 ne prend pas le Gram.
Mobilité, cils, spores. — Le Bacille pyocyanique est nettement mobile ; il présente un seul cil à une extrémité. Il ne donne pas de spores. -
Caractères généraux. — Anaérobie facultatif, le Bacille
pyocyanique se développe beaucoup mieux à l'air. La température eugénésique est 37°; on obtient encore des cultures à 15° et à 430,
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PROPRIÉTÉS ane NE 373
Bouillon. — Le bouillon se trouble uniformément en vingtquatre heures; après un à trois jours se montre un voile blanc, assez épais, chagriné. Le bouillon présente en outre quatre modilications importantes.
a. Une teinte verdâtre fluorescente apparait dès le premier jour, d’abord en surface, puis dans toute la masse (fig. 172 et 173); elle fonce beaucoup par agitation. Les jours suivants, la teinte passe au vert foncé. Plus tard, elle devient brune.
b. La culture dégage une odeur pénétrante, aromatique, presque caractéristique.
c. Les cultures vieilles (après huit jours) sont très alcalines.
d. Les cultures vieilles sont filantes, visqueuses.
Lait. — Le lait est d'abord coagulé, puis le caillot se redissout. Le milieu prend une teinte verdâtre.
Gélatine. — La gélatine est liquéfiée.
Ex piQurrs. — À 200-220, la liquéfaction commence au deuxième jour et progresse pendant une semaine; elle débute par la surface sous forme de cupule et gagne peu à peu en largeur et en profondeur. Le milieu devient vert autour de la culture.
SUR PLAQUES. — Les colonies isolées sont d’abord petites, jaunâtres, granuleuses (trente-six heures) ; puis la liquéfaction apparaît et le milieu verdit.
Gélose.— Sur gélose inclinée, la culture est abondante, grisätre, glaireuse: le milieu présente une fluorescence verte (fig. 174). Les stries de vieilles cultures ont souvent un aspect écailleux.
Pomme de terre. — Il se forme un enduit glaireux, brunâtre. Quand on gratte la culture, la portion mise à l'air nl verte (caméléonage). ES
Milieux spéciaux pour étude des pigments. — Voyez
ci-dessous, Pouvoir POULE,
Vitalité. — Le Bacille pyocyanique demeure longtemps vivant
dans les eultures et dans les milieux extérieurs. Il ne résiste guère
aux antisepliques usuels; la preuve en est que l'application des
méthodes antiseptiques a presque fait disparaître le pus bleu. Un
chauffage de cinq minutes à 590 détruit le Bacille de Gessard. Action dénitrifiante. — Le Bacille pyocyanique réduit les
nitrates d’abord en nitrites, puis en azote. En bouillon additionné
de nitrate de potasse, l'azote se dégage abondamment. Production de ferments. — Des cultures filtrées où tuées par
314 BACILLE PYOCYANIQUE.
e un ferment qui liquéfie la gélatine,
le chloroforme, on peut extrair et un autre qui coagule le lait (Bergmann).
Fig. 174. — Bacille pyo
Fig, 172 et 173. — Gulture de Bacille pyocyanique sur bouilcyanique sur gélose.
lon : à gauche, après un jour ; à droite, après cinq jours.
Pouvoir chromogène. — Pigments. — La fonction la mieux connue et la plus apparente est La production de pigments.
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Milieux d'étude. — Certains milieux sont particulièrement adaptés à l'étude des pigments.
Gessard recommande spécialement Les suivants:
a. Bouillon simple, produit de décoction de la viande pendant trente minutes, filtré et neutralisé (sans addition de peptone ni de sel).
; Eau peptonée: peptone pancréatique Defresne à 2 p. 100.
. Milieu ? éactif: c’est le milieu précédent, additionné de 10 p. 100 de ne et solidifié par addition de gélose.
Ces milieux suffisent pour caractériser l'espèce, la variété et la race,
D’autres milieux conviennent pour démonstrations spéciales. Nous les retrouverons plus loin.
Étude des pigments. — Variétés de l’espèce pyocyanique: bacilles pyocyanogène, érythrogène, mélanogène. — Gessard a-signalé trois pigments: la pyocyanine (pigment bleu), le pigment vert fluorescent et le pigment jaune verdâtre, non fluorescent, devenant rouge par oxydation (au contact de l’air).
Il existe en outre un pigment brun noir. Cassin et Troussaint, puis Radais et Gessard ont en effet étudié un Bacille qui, cultivé sur les milieux habituels de production des pigments, donne tout d’abord les pigments normaux du Bacille pyocyanique, puis une teinte brun noir; cette teinte foncée apparaît d'emblée sur pomme de terre (rouge marron) et en lait (noir encre de Chine). Gessard a montré que le pigment noir est dû à l’action de la tyrosinase, sécrétée par le Bacille, sur la tyrosine des milieux. Il fait défaut dans les milieux exempts de tyrosine.
La valeur des divers pigments est très inégale.
Seule, la production de pyocyanine est caractéristique de l'espèce pyocyanique, à qui elle appartient exclusivement.
Le pigment jaune verdâtre et le pigment noir appartiennent à certains échan‘illons de l’espèce, producteurs en même temps de pyocyanine.
Quant au pigment vert fluorescent, il ne diffère pas de certains pigments sécrétés par d’autres espèces; il n’est donc pas spécial au Bacille pyocyanique.
Se basant sur leurs propriétés pigmentaires, Gessard classe les Bacilles pyocyaniques en trois variétés:
Variété Pe, pyocyanogène, productrice de pyocyanine et de pigment jaune rouge, avec prédominance de pyocyanine;
Variété E, érythrogène, productrice des mêmes pigments, avec prédominance de pigment jaune rouge ; SEA
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Variété M, mélanogène, productrice de pigment noir et de Pro cyanine.
En « bouillon simple » de Gessard, les {rois variétés Pe, E et M donnent de la pyocyanine et du vert fluorescent ; E et M ne donnent pas leurs pigments spéciaux.
En milieux peptonés :
Pe donne du bleu ou bleu vert, sans fluorescence;
E donne d'abord une teinte jaune verdâtre Disent jaune verdâtre), qui devient rouge dans la suite. Le pigment bleu n’est pas visible, mais le chloroforme permet d'extraire de la pyocyanine, qui était bien présente, mais voilée par l’autre pigment;
M donne une teinte d’abord brune, puis noire (pigment noir ou mélanique). lei encore, le chloroforme permet d'extraire de la pyocyanine, voilée par le pigment noir.
De plus l'oxydation transforme deux des pigments précédents : la pyocyanine, en un pigment jaune, la pyoxanthose (Fordos); le pigment fluorescent, en pigment feuille morte (Gessard).
La production des pigments dépend beaucoup des milieux. Sur certaines peplones (pauvres en phosphates) et sur gélatine à 10 p.100 (sans bouillon ni peptone) la pyocyanine apparaît seule. Sur l’albumine de l'œuf (liquide), on obtient seulement le pigment vert fluorescent; sur la gélatine ci-dessus additionnée de 1 p. 100 de
glucose, on ne trouve plus que le pigment jaune verdâtre
(Gessard).
D'après Gessard, la production de pigment fluorescent est liée à la présence de phosphates (généralement amenés par les albuminoïdes). Dans un milieu minéral comprenant par litre 3 grammes de succinate d’ammoniaque, 28r,5 de sulfate de magnésie, 5 grammes de phosphate de potasse, la culture est abondante et fluorescente; supprime-t-on le phosphate, la culture reste grêle, mais le milieu est d’un bleu pur.
La pyocyanine, soluble dans l’eau et le chloroforme, peut être obtenne des cultures en bouillon. La culture, alcalinisée au préalable par ’ammoniaque, est agitée avec du chloroforme: ce dernier dissout le pigment et devient bleu; le bouillon garde une teinte verte (autres pigments). I faut éliminer les matières grasses dissoutes; dans ce but, après décantation, le chloroforme est lavé à l’eau acidulte par l'acide chlorhydrique ; la pyocyanine, virée au rose par l'acide, est entraînée avec l’eau acidulée, alors que les matières grasses dissoutes ne-passent pas. On recueille l’eau chargée de pyocyanine ; une alcalinisation par l’ammoniaque fait réapparaître la teinte bleue. On agite enfin l’eau de lavage avec du chloroforme, qui dissout la pyocyanine à peu près pure, et on évapore le chloroforme : après évaporation, il reste de pelits cristaux de pyocyanine. On obtient des cristaux
plus nets, en aiguilles ou octaèdres, en reprenant par l’eau distillée et lais- ®
sant évaporer. Outre les réactions qui viennent d’être indi quées (solubilité, action des acides et des alcalis), il faut signaler encore que la pyocyanine
ACTION PATHOGÈNE. aq?
est réduite (décoloration) par les corps réducteurs, mais la teinte bleue réapparaît par oxydation; c’est le cas des cultures en bouillon, dont la couleur se fonce par agitaticn.
Le pigment fluorescent, insoluble dans le chloroforme, paraît identique au pigment sécrété par un grand nombre de bactiries dites fluorescentes. Le pigment jaune verdätre est peu connu.
Anomalies et races artificielles. — Dans la nature, on rencontre souvent des microbes qui ne forment pas d'emblée ou ne
forment jamais tous les pigments. Répétons-le: seule, la production
de pyocyanine est caractéristique du pyocyanique. Elle manque souvent, mais on peut la faire réapparaître en faisant passer par le péritoine du cobaye (Bonjean) ou en cultivant sur le milieu réactif de Gessard (Voy. ci-dessus, Milieux d’études).
On a réussi à modifier artificiellement l'aptitude chromogène du Bacille pyocyanique. On peut abolir toute propriété par cultures successives en milieux acides (Wasserzug) ou à 729 (Charrin). Gessard distingue la race À, normale, productrice de tous les pigments; la race F, qui donne seulement le pigment fluorescent, sans pyocyanine ; la race P, qui, inversement, donne seulement la pyocyanine, sans pigment fluorescent; la race S, qui ne produit aucun pigment. On crée la race P, en. cultivant A pendant plus d’un an sur albumine de l’œuf. On crée la race F en chauffant À à 570 pendant cinq minutes, ou en inoculant À au lapin. On crée enfin la race S en traitant E comme il vient d’être dit pour A: chauffage à 589 ou inoculation, ou bien par dégradation spontanée de la race P. Mais
toutes ces modifications s'appliquent seulement au « bouillon simple » ou
milieux similaires; les races E, F et S, repiquées sur milieu réactif, donnent la pyocyanine.
Antagonisme. — Rumpf a prêté gratuitement au Bacille pyocyanique une action antagoniste à l'égard du Bacille typhique (Voy. chap. XX VII, Antagonisme à l'égard du charbon).
Réaction à l'égard des sérums. — C'est en étudiant le
-Bacille pyocyan:que que Charrin et Roger (1889) découvrirent le
phénomène de l’agglutination : les microbes poussent agglutinés dans le sérum d'animaux immunisés, contrairement à ce qui se passe pour le sérum normal.
Dans les infections humaines à Bacille pyocyanique, l’agglutination est inconstante (Achard, Loeper et Grenet); elie peut être positive à 1 p. 100.
ACTION PATHOGÈNE
Dans les conditions naturelles, chez l'homme. — Le Bacille pyocyanique est tout d’abord l’agent du pus bleu, complicaion peu grave des plaies, devenue rare actuellement.
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On le rencontre, en outre, parfois au cours de diverses manifestations pathologiques, spécialement dans les entérites de l’enfance (Escherich), dans la diarrhée de Cochinchine (Calmette), plus rarement dans les méningites, les bronchopneumonies, les otites, etc.
Quelques observations prouvent, en outre, que le Bacille pyocyanique peut déterminer une in‘'ection cn elle sous forme de septicémie, tantôt pure, tantôt accompasnée de manifestations
diverses: bulles ou phlyctènes cutanées, hémorragies, albumi-
nurie, etc.
Le Bacille pyocyanique est parfois associé à d’autres microbes spécifiques, spécialement au Bacille typhique (H. Vincent).
Inoculation expérimentale. — Virulence. — Le Bacille pyocyanique est souvent virulent d'emblée. La virulence peut être exaltée par passages successifs sur l'animal.
Le lapin, le cobaye, le rat et la souris sont réceptifs.
Lapin. — Les effets du Bacille pyocyanique chez le Japin ont été particulièrement étudiés par Charrin. Le lapin résiste le plus souvent aux inoculations pratiquées sous la peau; la meilleure voie est l'inoculation intraveineuse.
Inoculation intraveineuse. — A dose de 1 centimètre cube, un virus actif provoque la mort en un à trois ou quatre jours, avec fièvre, diarrhée, albuminurie, convulsions, etc. À lautopsie: Bacilles dans le sang et les organes (reins surtout).
Moins actif, le Bacille pyocyanique amène la mort en plusieurs semaines ou plusieurs mois. Il survient souvent pendant la vie une paralysie spasmodique qui débute par le train postérieur et se généralise ensuite. A l’autopsie, les Bacilles ont disparu; on constate des lésions diverses, entre autres des infarctus, de la
néphrile (petit rein) avec hypertrophie du cœur, de la dégéné-
rescence amyloïde des reins, elc.
Ingestion. — Avec un Bacille provenant d’entérites ulcéreuses de l'homme, Brau a reproduit par ingestion de l’entérite ulcéreuse avec dégénérescence graisseuse du foie.
Cobaye. — Suivant la virulence, l’inoculation sous-cutanée provoque soit une simple lésion locale: tuméfaction, puis suppuration gommeuse et escarre ; soit une septicémie mortelle avec tuméfaction locale. L'inoculation intrapéritonéale, plus sévère, peut déterminer une péritonite mortelle.
Rat et souris. — Aussi réceptifs que les précédents; mêmes réactions.
nn eur oGQUe DE L'INFECTION. 379 TOXINES.
Toxicité des cultures stérilisées. — Les cultures stérilisées
par chauffage ou par filtration sont toxiques pour le lapin ; on retrouve les mêmes symptômes qu'après l’inoculation du virus, spécialement les paralysies. Arnaud et Charrin ont dissocié trois groupes de produits toxiques : produits volatils, surtout vasoconstricteurs; produits insolubles dans l'alcool, provoquant la diarrhée et les hémorragies; produits solubles dans l'alcool, surtout convulsivants. La pyocyanine n’est pas toxique.
Les cultures anciennes (quarante jours) de virus exaltés, stérilisées par le toluène, sont toxiques pour le cobaye (Wassermann),
Pyocyanolysine. — Les cultures en bouillon de Bacille pyoeyanique, même filtrées ou tuées par le toluol ou la chaleur, renferment une Iysine (Bulloch et Hunter), active sur les globules de chien, un peu moins sur les hématies du cheval, du cobaye, du lapin, etc. La pyocyanolysine apparaît vers le septième jour ; elle augmente ensuite avec lâge et se montre surtout abondante vérs la troisième ou quatrième semaine, à un moment où les cultures sont très alcalines. Elle est thermostabile ; même un chaufage de trente minutes à 1209 ne la détruit pas (Weingeref).
Pyocyanase. — Emmerich et Lœw obtiennent la pyocyanase de la manière suivante : des cultures en bouillon âgées de trois à quatre semaines sont filtrées ; Le filtrat, réduit au dixième de son volume primitif par évaporation, est dialysé pendant douze heures; on précipite le dialysat par l'alcool; le précipité, redissous dans l'eau, constitue la pyocyanase.
La pyocyanase dissout certaines bactéries (Bacille diphtérique, Bactéridie charbonneuse, Bacille typhique), de même que la fibrine et le blanc d'œuf. Elle peut guérir les animaux inoculés antérieurement de charbon bactéridien ou de toxine diphtérique ; elle est ainsi curatrice, mais n’est pas préventive. Pour la rendre préventive il faut la combiner à une albumine animale (sang et rate broyée) : ce produit est appelé immun-protéidine-pyocyanase.
La pyocyanase a été employée dans le STORE de la diphtérie, mais sans grand succès.
SIÈGE
A l’état normal, le Bacille pyocyanique fait partie de la flore intestinale de l'homme et de diverses espèces animales. On le ren-. contre également sur la peau (Müsham).
IL’ est assez fréquent dans les eaux, spécialement dans certaines
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380 | BACILLE PYOCYANIQUE.
régions (Tunisie, d’après Besson); il peut exister dans l'air et dans le sol.
A l'état pathologique, on trouve le Bacille pyocyanique dans le pus bleu, comme dans les diverses lésions localisées qu'il provoque. En cas de septicémie, on le trouve dans le sang.
Le diagnostic *actériologique est basé exclusivementsur la constatation du microbe. On pensera au Bacille pyocyanique quand les circonstances cliniques l'indiquent (pus bleu), ou bien quand les cultures présentent une teinte verdâtre ou bleuâtre.
Le microbe sera facilement iso!é sur gélose ordinaire ou sur gélatine. On procédera ensuite à son étude; la recherche des pigments. est de première importance. Seule la pyocyanine est caractéristique de l'espèce; on ne peut appeler Bacille pyocyanique un microbe qui ne donne pas de pyocyanine. NES
Soupçonne t-on la nature pyocyanique d'un germe qui ne donne pas primitivement de pyocyanine, on essaiera de faire apparaître cette dernière par cultures su:cessives, ou par inoculation au cobaye, ou de préférence par culture sur le milieu réactif de Gessard.
On ne confondra pas le Bacille pyocyanique avec l'un des nombreux Bacilles fluorescents (Voy. Analyse des eaux) ; ces derniers ne donnent pas de pyocyanine.
VACCINATION. — SÉROTHÉRAPIE.
[. On peut vacciner les animaux en inoculant à plusieurs reprises de petites doses soit de cultures vivantes, soit de toxines (Charrin).
IL. Le sérum des animaux vaccinés est préventifel curatif .Charrin); il est également antitoxique chez les animaux préparés avec la toxine (Wassermann). Il est en outre antipigmentaire : il suffit d’en ajouter une goutte à un tube de bouillon pour empêcher la production de pyocyanine (Charrin et Roger) ; mais l'addition d’un peu de peptone fait réapparaître le pigment (Gheorghiewski).