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CHAPITRE XXVI

BACILLES ENCAPSULÉS. — PNEUMOBACILLE

Sous le nom de « Bacilles encapsulés », on désigne un groupe de microbes dont les caractéristiques communes sont les suivantes: ce sont des Barilles polymorphes, capsulés, immobiles, ne prenant pas le Gram; leurs cultures sur milieux solides sont abondantes et visqueuses, leur culture en piqûre sur gélatine présente une forme particulière, en clou ; ils ne donnent pas d'indol.

L'espèce la plus importante du groupe est le Pneumobacille de Friedlänuer ; il faut citer en outre le Bacillus lactis aerogenes et le Bacille du rhinosclérome.

Ces microbes sont-ils identiques ou faut-il les distinguer les uns des autres? La question est discutée.

1. Il est tout d’abord établi que le Bacille considéré par Lœwenberg, puis Abel, comme étant l'agent spécifique de l’ozène, est absolument identique au Pneumobacille. Le Bacillus ozenæ Lœwenberg doit donc disparaître.

Il. Les Bacilles encapsulés ne peuvent être séparés nettement d'après leurs propriétés pathogènes. Le Bacille du rhinosclérome est généralement avirulent pour l'animal, alors que les deux autres sont souvent virulents; mais il y a nombre d’exceptions dans les deux sens.

If. Les recherches sur les propriétés spécifiques des sérums ont abouti à des résultats peu concordants. L'opinion la plus générale peut être exprimée ainsi : devant les sérums spécifiques, le Bacille du rhinosclérome parait se séparer du Pneumobacille (Goldzieher et Neuber); le B. lactis acrcgenes, au contraire, se rapproche beaucoup de ce dernier (Bertarelli. Cette formule s'applique aussi bien aux agglutinines qu'aux sensibilisatrices.

IV. L'action fermentative sur les sucres est variable suivant les échantillons : le B. lartis aerogenes et, à un moindre degré, le Pneumobacille, fermentent fortement la glucose, moins fortement la lactose et la saccharose ; le Bacille du rhinosclérome fermente peu

ou pas ces mêmes sucres.

382 BACILLES ENCAPSULÉS. — PNEUMOBACILLE.

V. On peut accepter provisoirement la classification de Bertarelli, très voisine de celle proposée antérieurement par Clairmont. Bertarelli divise les Bacilles encapsulés en deux groupes:

10 Groupe du B. lactis aerogenes, avec deux espèces: Pneumobacille de Friedländer et B. lactis aerogenes. Ces Bacilles sont assez souvent virulents pour l'animal ; ils. fermentent la plupart des sucres ; leur inoculalion aux animaux faitapparaître dans le sérum des anticorps, agglutinines et sensibilisatrices, actifs sur les deux espèces (plus actifs sur l’espèce inoculée).

20 Groupe du B. mucosus capsulatus, avec deux espèces: Bacille du

* Fig. 175, — Crachats de pneumonie à Pneumobacill?s,

rhinosclérome et B. mucosus capsulatus. (es deux espèces sont peu

ou pas virulentes; elles fermentent peu les sucres; elles sont diffi-

cilement agglutinables et, d'autre part, ne se prètent pas à l’obtention de sérums de quelque activité.

PNEUMOBACILLE.

Friedländer, qui découvrit le Pneumobacille (1882), le considéra tout d'abord comme l'agent spécifique de la pneumonie lobaire ; l'erreur fut vite reconnue, au profit du Pneumocoque. Les recherches

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MORPHOLOGIE. 383

ultérieures, en particulier cel'es de Netter, ont élucidé le rôle vrai du Paeumobacille, agent assez fréquent de certaines affections pleuro-pulmonaires, méningées, etc.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Dansles organes ou produits pathologiques (fig. 175), le Pneumobacille se présente sous forme de bacilles ou de cocco-bacilles, de taille inégale, en moyenne

Fig, 176. —. Pneumobacille (culture en bouillon),

4 u,5, assez trapus, entourés d'une capsule très nette. Les éléments

sont le plus souvent isolés ou placés deux bout à bout.

En cultures, l'aspect est polymorphe;, les bâtonnets dominent, mélangés à des formes plus courtes ou plus allongées (fig. 176). La capsule existe seulement sur milieux albumineux; elle manque sur les autres milieux. Grimbert signale pourtant une auréole très

nette même sur gélose et bouillon.

Coloration. — Le Pneumobacille se colore facilement. Il ne prend pas le Gram. Les capsules se colorent très facilement par les procédés décrits chap. XV,

Mobilité. — Spores. — Immobile. Ne donne pas de spores.

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