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384 BACILLES ENCAPSULÉS. — PNEUMOBACILLE.
GULTURES.
Conditions générales. — Le Pneumobacilie se développe
Fig, 177. — Pneumobacille. Culture en piqüre en gélatine (culture en clou),
très facilement sur les milieux habitüels, même à la température ambiante. Il est anaérobie facultatif.
Gélatine. — Le milieu n’est pas liquéfié.
EN piqures (fig. 178). — On obtient la culture en clou, presque caractéristique : dès le deuxième jour, disque bombé, blanc-porcelaine, à la surface; mince traînée blanche en profondeur. Il se dégage parfois quelques bulles gazeuses.
SUR PLAQUES. — Au deuxième jour, en surface, colonies blanches, saillantes, rondes; én profondeur, colonies blanc jaunâtre.
EN STRIE. — Enduit blanc-porcelaine, épais, muqueux; l’enduit peut glisser en partie au fond du tube.
Gélose. — Culture abondante, blanche, visqueuse. ;
Sérum coagulé. — Culture visqueuse, blanc grisâtre.
Pomme de terre. — La culture cst luxuriante sous forme d’enduit épais, visqueux, blanc jaunâtre, souvent soulevé par de grosses bulles gazeuses.
Bouillon. — Trouble uniforme au début, avec collerette à la surface. Dans la suite, il se forme au fond un dépôt; le bouillon devient parfois visqueux.
Sérum liquide de lapin. — Culture abondante ; diplococco-bacilles capsulés (Bezançon et Griffon).
Lait. — Les caractères de culture sur le lait sont certainement variables. D’après Grimbert, le | lait est toujours coagulé, mais parfois tardivement (treize jours) ; d'après Clairmont et d’autres auteurs, le lait n’est pas coagulé. Denys et Martin avancent que certains échantillons ne coagulent le lait qu'après plusieurs cultures sur ce milieu, résultat contesté par Clairmont. En fait, on trouve des Pneumobacilles qui coagulent et d’autres qui ne coagulent pas.
Lait tournesolé. — Vire au rouge en un ou plusieurs jours.
di. 5 2 Parc Er TM AE Er SECRETS ACTION PATHOGÈNE EXPÉRIMENTALE. 385
Petit-lait tournesolé. — Devient légèrement rouge.
Milieux sucrés. — Le Pneumobacille fermente la plupart des sucres (Voy. Propriétés biologiques). Grimbert recommande pour l'étude chimique le milieu suivant: sucre, 3 grammes; peptone 2 grammes ; eau, quantité suffisante pour 100 centimètres cubes ; carbonate de chaux, quantité sulfisante. On peut employer les milieux sucrés indiqués ailleurs. -
kKéactions biochimiques. — Action sur les sucres. — La plupart des échantillons de Pneumobacille fermentent presque tous les sucres: saccharose, maltose, lactose, glucose, mannite, dulcite, glycérine, etc.; seule l’érythrite n’est pas attaquée. Certains échantillons toutefois ne fermentent pas la dulcite (Grimbert) ; d’autres ne fermentent ni la dulcite, ni la glycérine (Frankland).
Les produits formés sont variables suivant les sucres : alcool et acide acétique presque toujours, plus acide lactique gauche pour la g'ucose, acide succinique pour la maltose, etc. (Grimbert).
Absence de formation d'indol. — Le Pneumobacille ne forme pas d’indol.
Réactions à l'égard des sérums. — D'après Bertarelli, le sérum d'animaux inoculés avec le Pneumobacille présente une agglutinine et une sensibilisatrice spécifiques.
ACTION PATHOGÈNE
Dans les conditions naturelles, chez l'homme, — [Le Pneumobacille provoque diverses manifestations pathologiques: pleurésies purulentes, bronchopneumonies (Netter), péricardites, endocardites, abcès superficiels ou profonds, méningites, otites, parotidites, angines tenaces à fausses membranes (Ch. Nicolle et Hébert), cystites, etc. Lœwenberg décrit comme agent habituel de l’'ozène un microbe qui ne diffère en rien du Pneumobacille.
Le Pneumobacille provoque aussi, ma's bien rarement, des inftctions généralisées (Netter, Lemierre).
Il intervient parfois comme agent d'infection secondaire, spécialement au cours de la pneumonie franche, dont il aggrave Le prono tic.
Inoculation expérimentale. — Virulence. — La virulence du Pneumobacille est très variab'e, parfois nulle, parfois considérable. Il y a, en outre, des variations qualitatives, le Pneumobacille
Dopter et SAGQUÉPÉE. — Bactériologie, 2e édit. 25
386 BACILLES ENCAPSULÉS. — PNEUMOBACILLE.
se montrant pathogène seulement chez l’une ou l’autre des espèces
sensibles (Nicolle et Remlinger). La souris, puis le cobaye sont en
général le plus sensibles ; le lapin et le pigeon, un peu moins. Souris. — Suivant la virulence, l’inoculation sous-cutanée
provoque un simple abcès local à pus visqueux, ou bien l'infection
se généralise et l'animal meurt de septicémie.
Friedländer a reproduit l'hépatisation par injection dans le poumon.
Cobaye. — L’injection sous-cutanée détermine parfois une Te: cémie mortelle en vingt-quatre heures avec hémorragie des capsules surrénales (Roger); le plus souvent, un abcès local, qui peut être suivi de bronchopneumonie mortelle.
Lapin. — Le lapin n’est pas réfractaire, contrairement à ce qu'on avait d'abord pensé. L’inoculation intraveineuse (1 à 2 centimètres cubes) entraîne tantôt une septicémie simple ; tantôt une septicémie hémorragique avec purpura intestinal, infarctus des plaques de Peyer et des ganglions mésentériques; tantôt une infection chtis nique (Roger).
Pigeon. — Parfois sensible à l’injection intrapéritonéale.
Toxines. — Les cultures filtrées, injectées dans le péritoine du lapin, sont toxiques et peuvent déterminer des hémorragies intestirales (Denys et Martin).
SIÈGE
Chez l'homme. — À l’état normal, le Pneumobacille se rencontre fréquemment dans la bouche (Netter, Bezançon et Griffon), parfois dans le nez et les bronches.
A l’état pathologique, le Pneumobacille existe dans toutes Les
lésions localisées qu'il provoque (Voy. ci-dessus), parfois dans le sang. /
Dans les milieux extérieurs. — Le Pneumobacille peut être décelé dans l’eau (Besson, Grimbert), plus rarement dans le sol (Jakowski), l'air, les poussières (Emmerich). C’est un microbe assez répandu dans la nature.
Le diagnostic de l’infection repose sur la constatation du Bacille. il est facile de le déceler, mais il est parfois moins facile de l’identifier.
Recherche du microbe. — a. L'examen direct des produits
pathologiques (crachats, pus, sérosités après centrifugalion, fausses membranes) donnera des indications précieuses: Bacilles capsulés ne prenant pas le Gram.
b. L'isolemeat sera facilement obtenu sur sérum coagulé (fausses
membranes), sur gélose ou gélatine (pus). Pour les crachats, l’isolement par culture; est généralement facile ; il est toutefois sou-
vent plus expéditif d'inoculer à la souris et, après la mort, d’exami-
ner et ensemencer le sang.
c. La recherche dans le sang sera faite comme d'ordinaire
(voir : analyses bactériologiques appliquées à la clinique).
d. Pour les eaux, employer les bouillons phéniqués (voir : analyse des eaux). Pratiquer ensuite l'isolement sur milieux solides.
Identification. — Dans tous les cas, qu’il s'agisse de crachats, de pus, de sang ou d'eaux, l'identification sera faite sur des colonies rigoureusement isolées. On vérifiera les caractères morphologiques, culturaux et biologiques décrits ci-dessus. La capsule sera mise en évidence par culture en sérum (de préférence, sérum de lapin ou ascite) ou dans le sang et les organes des animaux inoculés.
Le Paeumobacille ne peut être confondu qu'avec certains Colibacilles atypiques, ne donnant pas d’indol et tout à fait immobiles. Certains auteurs voudraient même faire rentrer le Pneumobacille dans le cadre des Colibacilles atypiques.
Les seuls caractères diffirentiels sont : pour le Pneumobacille, la présence de capsules, l'absence de cils, l’exubérance et la viscosité des cultures sur gélatine, gélose et pomme de terre; pour le Colibacille, l'absence de capsules, la présence de cils, le moindre développement sur les milieux précités.
La confusion avec le Pneumocoque est inadmissible.
BACILLUS LACTIS AEROGENES.
Ce microbe est certainement très voisin du Pneumobacille: Grimbert et Legros, Denys et Martin concluent même de leurs recherches que les deux microbes sont identiques. On ne relève entre eux que des différences de détail: le B. {actis aerogenes est capsulé dans le sang et le pus, mais non dans les milieux artificiels ; il coagule toujours le lait en un à cinq jours (il est d'ailleurs l’un des « ferments lactiques », microbes qui provoquent la coagulation spontanée du lait); il fermente les mêmes sucres que le Pneumobacille, sauf la dulcite. Les autres caractères morphologiques, culturaux et biologiques sont exactement ceux du Pneumobacille.
Le B. laclis aerogenes est pathogène expérimentalement, par injection intrapéritonéale, pour le lapin, la souris, le cobaye: péritonite et septicémie. Il fait partie de la flore normale de l'intestin et se rencontre assez souvent dans les eaux. On lui à attribué un rôle dans l’étiologie des enté- -rites infantiles.
BACILLUS LACTIS AFROGENES. 387.
388 BACILLES ENCAPSULÉS. — PNEUMOBACILLE.
BACILLE DU RHINOSCLÉROME.
Dans le rhinosclérome, maladie presque spéciale à l'Amérique centrale et aux rives du Danube, et surtout caractérisée par un épaississement chondroïde des muqueuses naso-labio-pharyngées, l'examen direct, les coupes et les cultures permettent de reconnaître un microbe particulier, dit Bacille de Frisch, très voisin du Pneumobacille. Dans les tissus, ce Bacille est capsulé ; il siège soit en dehors des cellules, soit dans les globules blancs, soit dans de grandes cellules (20 y et plus}, sphéroï lales, à protoplasma réticulé, renfermant parfois dix à trente Bacilles et beaucoup plus (Cornil et Alvarez), dites cellules de Mikuliez. En cultures, faciles à obtenir, le Bacille présente les caractères du Pneumobacille, dont il paraît se distinguer par son développement moins luxuriant sur tousles milieux, l'absence de fermentation des sucres, le bleuissement du petit-lait tournesolé et la non-coagulation du lait; la capsule persiste, dit-on, sur les milieux de eulture, sauf le bouillon, particularité que nous n'avons pas constatée. Ces caractères, de même que les réactions à l'égard des sérums, semblent permettre de conserver au Bacille de Frisch son individualité, sans le confondre avec le Pneumobacille. Les effets pathogènes sont inconstants, généralement faibles.
Le sérum des malades atteints renferme une sensibilisatrice pente pour le Bacille de Frisch (Goldzieher et Neuber).
Le rôle spécifique du Bacille de Frisch est genéralenees RAS mais certains auteurs le contestent (Babès, Perkins).
BACILLUS CAPSULATUS MUCOSUS.
Ce nom a été appliqué à divers microbes, présentant les caractères généraux des Bacilles encapsulés. Le plus connu est le B. mucosus capsulatus de Fasching, isolé par cetauteur au cours de la pandémie grippale de 1890. Le Bacille de Fasching présente l’ensemble des caractères du B. du rhinosclérome, dont il ne diffère que par sa virulence pour les animaux.