REPRODUCTION. A
duisent non seulement par segmentation pure et simple, mais aussi par sporulation.
La spore constitue en réalité la forme de résistance de la bactérie, celle qui assure la conservation de l'espèce. Elle est en effet beaucoup plus résistante que le germe où elle se produit, à l'action des agents extérieurs, lumière, oxygène. températures élevées. Avec les procédés ordinaires de coloration, la spore est impénétrable aux substances colorantes classiques; on ne peut la colorer que par des procédés spéciaux.
La sporulation s'effectue par endospores ou par arthrospores.
Endospores. — Les endospores ont été décrites en 1864 par Pasteur dans ses études sur le bacille de la flacherie des vers à soie; il a constaté, dans ce bacille, l'existence de points brillants qui devenaient libres après la résorption du corps microbien. Depuis lors, elles ont été observées chez un grand nombre de bactéries. | °| É È
Les spores occupent soit le centre du microbe (bacille charbonneux), soit l’une 5 |/ de ses extrémités. Elles peuvent ne pas l mA
: k Fig, 9, — Formation d'enmodifier sa forme; en d’autres cas, leur vo- dospore dinstundbadile lume excédant celui de la bactérie, elles (Metchnikoff) déforment cette dernière, telle la spore
du bacille tétanique, dit, pour cette raison, bacille en épingle,
La formation de la spore s'effectue de la façon suivante : 7
En un point du corps microbien, le protoplasma se trouble et devient granuleux, sans doute par accumulation de réserve nutritive (amidon en général); puis autour de cette masse granuleuse, habituellement incolore, où, d’après certains auteurs, on perçoit une ou plusieurs gouttelettes de graisse, une membrane d’enveloppe épaisse se forme, limitant la spore qui s’est bien constituée.
Schaudinn a décrit le processus spécial qui préside, chez le Bacillus Bütschlii, à la formation de la spore. Ce bacille, avant la sporulation, commence par subir un début de division transversale : une cloison médiane se forme qui ne tarde pas à disparaître ; puis, aux extrémités du microbe, on constate des amas chromatiques alors que, dans le corps même, ces granulations se disposent en chapelet sinueux. Les amas des extrémités se condensent, grandissent, prenant une forme ovoide, et s’entourent d’une membrane résistante, achevant la formation de la spore (fig. 10).
Quand la spore est constituée, le corps microbien se désagrège progressivement ; la spore est mise en liberté et tombe.
C’est ainsi que, dans les vieilles cultures de bacille tétanique
et de bacille du charbon, les spores La germination et l’éclosion des
libres sont seules perceptibles.
spores s'effectuent de la facon
suivante : la spore commence à pâlir, la membrane se rompt et laisse
Fig. 10. — Détails de la formation d'une endospore (d'après Schaudiun).
passage à un prolongement qui p
résente bientôt l'aspect et les
caractères de la bactérie initiale, qui a donné naissance à la spore.
On observe en général l’issue de ce
prolongement à l’une des extré-
mités du diamètre équatorial de la spore, mais aussi parfois à
s € RUE
EE, Pig blet= Hi RE Éclosion Germination transversale (Metchnid'un: bactérie . koff).
(Metchnikoff).
en soumetlant les cultures à l’actio
l'extrémité polaire, comme dans Ja bactéridie charbonneuse (Hg 4 terasse
L'aptitude de certaines bactéries à se reproduire par sporulation peut se perdre. Il en est ainsi, comme l'ont montré Chamberland et Roux, pour la bactéridie charbonneuse. Ils ont pu priver cette dernière de la faculté de produire des spores, n du bichromate de potasse en
solution faible ou d’une solution d'acide phénique ajoutée dans la
proportion de 10 à 20 p. 1 000. Les virulence de cette bactéridie deven
caractères de végétabilité et de ue asporogène ne se modifient
RESPIRATION. — AÉROBIES ET ANAÉROBIES. 12
pas; cette propriété nouvelle se conserve dans les générations ultérieures.
Arthrospores. — L'arthrosporulation se caractérise par la transformation totale en spore d’une bactérie entière, en général un coccus. Cette transformation s'opère sans grande différenciation ni modification très notable de la cellule qui doit sporuler. Celle-ci se gonfle pour atteindre deux à trois fois son volume antérieur; son contenu devient réfringent et s’entoure d’une membrane épaisse (fig. 13).
Ces arthrospores présentent les mêmes ca- ll? NE à ractères de résistance que les endospores aux influences extérieures (lumière, oxygène, chaleur, antiseptiques). Elles possèdent donc toutes les propriétés générales des spores.
RESPIRATION. — AÉROBIES ET ANAÉROBIES.
Les bactéries ne peuvent vivre si elles n’ont à leur disposition de l'oxygène, qu'il soit contenu dans l'air, ou à l’état de solution dans le milieu nutritif, ou à l’état combiné avec une suhstance quelconque. Les unes ont besoin d'oxygène libre, sans lequel elles succombent ; pour d’autres, l'oxygène libre entrave leur développement et est même nuisible à leur existence. D'où ces deux grandes classes de microbes : les microbes aérobies et les microbes anaérobies.
Aérobies. — On peut se rendre aisément compte du besoin d'oxygène qu'éprouvent les microbes aérobies : il suffit de les ensemencer dans du bouillon par exemple; après vingt-quatre ou quarante-huit heures de séjour à l'étuve à 370, la culture, devenue trouble, est surmontée d’un voile où d’une collerette où les microbes abondent, venant ainsi à la surface prendre la plus grande quantité possible de l'oxygène de l'air qui leur est indispensable.
L'observation peut ètre faite sur une goutte de culture de B. subtilis, disposée entre lame et lamelle. Les bacilles s'accumulent rapidement sur les bords de la lamelle, où ils peuvent puiser de l'oxygène ; si on lute à la paraffine, on les voit se diriger vers les bulles d'air que peut contenir la préparation. ;
L'expérience d'Engelmann est encore {très démonstrative : On introduit un filament d’algue verte à chlorophylle dans un milieu contenant des aérobies mobiles; on fait tomber sur ce milieu un spectre microscopique. On voit bientôt les bactéries s'accumuler au niveau des points (raies B et C de Frauenhofer) où se trouvent les
14 PIHYSIOLOGIE DES MICROBES.
bandes d'absorption de la chlorophylle, c'est-à-dire où l'acide carbonique est décomposé et l’oxygène dégagé.
Anaérobies. — Les anaérobies sont des germes qui ne peuvent vivre en présence d'oxygène libre. Telle est la définition de Pasteur à la suite de ses observations sur le Vibrion butyrique, agent de la fermentation butyrique.
Si, dans le milieu où se développe le Vibrion butyrique, on fait passer un courant d'acide carbonique, ce germe n’en subit aucun dommage ; si, par contre, on y fait passer un courant d'air atmosphérique pendant une ou deux heures, les ferments succombent, et la fermentation butyrique s'arrête.
D'ailleurs, contrairement à ce que l'expérience a montré pour les aérobies, les anaérobies fuient le voisinage de l’air et des bulles d'air contenues dans les préparations ; ils perdent leur mobilité, tsmbent en vie latente ou succombent.
Il est néanmoins possible de cultiver ces anaérobies dans un milieu ordinaire où des aérobies, comme le B. subtilis, forment un voile à la surface. Ce dernier germe absorbe pour lui seul tout l'oxygène du milieu, qui ne gêne plus le développement de l’anaérobie. C'est ce qu'a réalisé Vaillard pour la culture du bacille tétanique.
Contrairement aux cellules végétatives des anaérobies, les spores de ces derniers supportent impunément le contact prolongé de l'oxygène libre. Mais, transportées dans un milieu où elles peuvent germer, la germination ne s'opère que dans un milieu privé d'oxygène.
Les anaérobies, qui ne peuvent vivre en présence d'oxygène libre, utilisent cependant l'oxygène existant à ’état de combinaison dans les matières alimentaires du milieu où ils sont placés.
Anaérobies facultatifs. — Entre les anaérobies stricts, ne tolérant pour pouvoir vivre et pulluler aucune trace d'oxygène, et les aérobies qui exigent, au contraire, la présence d'oxygène, il y a place pour toule une catégorie de germes qui se développent fort bien dans les milieux aérés, mais peuvent, bien que pullulant plus faiblement, se passer d'oxygène. Ce sont les anaérobies facultatifs. Le bacille typhique, le colibacille sont du nombre.
En réalité, ces anaérobies facultatifs constituent les intermédiaires entre les aérobies et les anaérobies stricts, chaque espèce ayant besoin d'oxygène qu’elle prend sous une forme ou une autre. D'ailleurs, on peut acclimater lentement et progressivement tous ces germes à une vie différente, à cet égard, de celle qui leur est coutumière et normale. En effet, Rosenthal a pu habituer petit à petit les anaérobies stricts à vivre au contact de l'oxygène;