‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 154 sur 164 · V/, ZA · texte numérisé non relu

V/, ZA

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Fig. 184. — Bacille de Lôffler long.

Lôffler cultivace germe, l’isola sur des milieux spéciaux. Ce microbe devint plus tard l’objet de recherches nombreuses, parmi lesquelles ii isut citer celles de Roux et Yersin, qui, après avoir confirmé les {its avancés par leurs prédécesseurs, démontrèrent définitivement ia spécificité du Bacille de Klebs-Lôffler, en reproduisant expérimentalement la diphtérie à l’aide des cultures de ce microbe, en provo-

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MORPHOLOGIE. 411

uant chez les animaux des paralysies analogues à celle qu’on

observe en clinique humaine; ils étudièrent sa foxine; tous ces beaux travaux furent le point de départ de la sérothérapie antidiphtérique (Roux et L. Martin), qui, à l’heure actuelle, a sauvé tant de vies humaines.

MORPAOLOGIE.

Aspect microscopique. — Le Bacille diphtérique eït un bâtonnet immobile, dont les dimensions sont assez variables suivant les échantillons isolés.

Dans les fausses membranes dont ils occupent la zone superficielle,

Fig, 185, — Bacille de Lôffler moyen,

on les trouve souvent groupés en amas, où ils semblent former une culture sur plate : ils figurent assez fréquemment de véritables buissons. Ils prennent la forme de bâtonnets droits ou incurvés, à extrémités arrondies, dont l’une est parfois renflée en massur, lui donnant ainsi l’aspect d’un cornichon ou d’une haltère.

Dans les cultures jeunes, ils se montrent sous un aspect à peu près identique, plus régulier cependant, mais présentant, plus que dans les fausses membranes, des dimensions différentes.

Le plus souvent leur forme est !:ngue (variété longue) : ils mesurent

312 BACILLE DIPHTÉRIQUE.

4 à 5 p.. Is sont habituellement groupés en amas broussailleux plus ou moins abondants, ou en paquets d'épingles (fig. 184).

En d’autres cas, ils mesurent 3 à 4 1. (variété moyenne): ils sont alors groupés en palissades, mais celles ci sont généralement peu régulières et semblent disloquées : ou bien ils sont disposés deux à deux, bout à bout, ou encore disposés obliquement pour former un V ou un accent circonflexe (fig. 185).

Dans la variété courte, ils mesurent 2 y de long sur 0 u.,8 de large

Fig. 186. — Bacille de Lôffler court. .

et présentent une forme coccobacillaire (fig. 186). Là encore, ils sont souvent associés deux par deux et disposés en palissades.

Dans les vieilles cultures on observe fréquemment des formes d'involution (fig. 187): Bacilles piriformes, en massues, en haltères, parfois ramifiés. Ces aspects peuvent se rencontrer aussi dans certaines fausses membranes.

Coloration. — Le Bacille de Lôffler se colore aisément par les couleurs basiques d’aniline : il prend bien la fuchsine de Ziehl, le bleu de Roux, le bleu de Lôüffler, le violet de gentiane. }} prend le Gram, mais, si l’action de l'alcool absolu est trop prolongée, il finit par se décolorer. C’est un détail de technique qu'il convient de ne pas oublier.

MORPHOLOGIE. 4143

Après coloration, surtout si cette dernière est faible, on remarque souvent que le corps du Bacille n’est pas toujours homogène; un cerlain nombre d'échantillons contiennent des granulations, d’autant plus abondantes que le Bacille est plus long. Ces granulations peuvent aussi se montrer sous la forme de raies transversales, si bien que Wesbrock, Wilson et Mac Daniel distinguent: des Bacilles granuleux et des Bacilles barrés qui paraissent segmentés. Les Bacilles courts restent le plus souvent homogènes.

Fig. 187. — Formes d'involution dans une culture âgée.

Enfin certains procédés de coloration permettent de mettre en évidence, aux extrémités de ce germe, des granulalions signalées en 1885 par Babès ; ce sont Les corpuscules métachromatiques (fig. 188), appelés encore corpuscules poluires en raison du siège qu'ils occupent. Diverses méthodes peuvent les faire déceler :

Proc:dé de Neisser. — On émulsionne dans une goutte d'eau versée sur une lame une parcelle d’une colonie âgée de vingt-quatre heures, provenant d’une culture sur sérum. On fait agir pendant quelques secondes une solution de 4 gramme de bleu de méthylène dans 20 centimètres cubes d’alcool à 900, le tout additionné de 950 centimètres cubes d’eau distillée et de 50 centimètres cubes d'acide acétique glacial. Laver à l'eau, puis colorer pendant trois à cinq secondes dans une solution de 2 grammes

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de vésuvine dans 1 litre d’eau distillée bouillante. Laver de nouveau à l'eau.

Ainsi traitée, la préparation montre des Bacilles de Lüffler teintés en brun, portant aux extrémités des grains colorés en bleu noir. Dans un procédé nouveau, Neisser colore avec le mélange suivant:

Poudre de bleu de méthylène....... 1 SOULiON AN AICOOL TE NE, EE PRES 2) (2 parties). } Eau distillée...….. ess Set CIRE 1 000 Acide acétique glacial. "42200 90 Kristall-violet de Hôüchst............. 1 Solution B, <-AÏCool PRES RER PRE 11 Eau distulée ER Se ee 300

On colore pendant une seconde, on lave, et onfaitagir pendant trois secondes une solution de chrysoïdine à 1 p. 100 préparée à chaud et filtrée.

Les corps bacillaires présentent une teinte jaune verdâtre ; les granulations polaires sont colorées en violet foncé.

Procédé de Falière. — Falière colore avec le mélange suivant: Bleu de RÉ Ds 5 0 PR TETE 1 Borax. SM EE ARR CREER 0,5 Eau distillée. ss sa as Pa TO EE 100 Alcool absolu. ORAN VIII gouttes

Laver à l’eau, et colorer le fond avec une solution de vésuvine à 1 p. 1 000.

Procédé de Tribondeau et Dubreuil. — Émulsionner sur une lame porte-objet une parcelle de colonie de B. diphtérique dans une gouttelette d'eau distillée; étaler, laisser sécher; fixer à l’alcool absolu.

Colorer pendant environ cinq minutes au kristall-violet phéniqué. Laver à l’eau ordinaire. Faire agir une solution de vésuvine à 1 p. 500 jusqu à ce que la coloration du frottis passe du violet au brun (une à deux mis nutes, suivant l’épaisseur du frottis). Laver. Sécher.

Le corps des bacilles est teinté en jaune, et les granulations polaires en violet noir.

On a voulu attribuer à ces granulations polaires un caractère différentiel important, capable de séparer le Bacille de Lôffler des bactéries diphtérimorphes où leur absence serait la règle. L’expérience montre que, présentes le plus souvent, mais pas toujours, dans le Bacille diphtérique, elles peuvent se rencontrer dans les bactéries similaires.

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