‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 22 sur 164 · PRODUCTION DE LUMIÈRE. — PHOSPHORESCENCE · texte numérisé non relu

PRODUCTION DE LUMIÈRE. — PHOSPHORESCENCE

Onremarquebien souvent que le bois en putréfaction, des poissons morts, de la viande exposée à l’air pendant plusieurs jours, des champignons, certaines eaux de mer émettent de la lumière etsont phosphorescents.

La phosphorescence est liée à la présence, à la surface de ces. produits, de microbes spéciaux dont Pflüger a démontré l'existence,

21 PIYSIOLOGIE DES MICROBES.

et dont on connait actuellement une trentaine d'échantillons, appartenant à plusieurs espèces, représentées le plus souvent par le type bacille, plus rarement par des Microcoques ou des Vibrions.

Cette fonction photogène particulière est soumise à certaines conditions.

Elle dépend tout d’abord de la température. Il faut en moyenne une température de 20 à 300, mais ce chiffre peut varier dans des proportions importantes suivant l'espèce microbienne; en général, : les températures basses sont plus favorables que les températures élevées.

L'alimentation des bactéries photogènes influe beaucoup aussi sur celte fonction spéciale : la plupart exigent la présence du sel, d'autres de l’azote et du carbone ; mais elles ont toutes besoin d'oxygène ; la phosphorescence ne se produit pas dans le vide, et, dans un milieu contenant de l'oxygène, la phosphorescence cesse quand ce gaz est consommé.

Pour montrer cette phosphorescence, il suffit d’ensemencer un bacille photogène en gélatine au bouillon de poisson, à laquelle on ajoute 10 p. 100 de sel marin; on peut aussi prendre un hareng frais, arrosé d’eau salée à 5 p. 100, ajouter du sucre, de la peptone, de la glycérine, et le laisser ainsi à 10° environ. Après quarante-huit heures, le jus et la chair émettent de la lumière.

La lumière phosphorescente produite par les bactéries photogènes est d'intensité variable; en certains cas, elle peut être assez accusée pour qu’on puisse, à sa lueur, lire l'heure à une montre. R. Dubois a même photographié à leur propre lumière les colonies de ces germes. Cette lumière attire les tiges de jeunes plantes en germination, mais ne peut faire apparaître la chlorophylle.

R. Dubois a attribué cette propriété lumineuse à la présence d’une substance spéciale, la luciférine, qui brille en présence de l'air. Pour d'autres, elle est liée à la vie cellulaire, car si on détruit la bactérie photogène, on empêche la phosphorescence.

Page 1