‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 27 sur 164 · VIE SAPROPHYTIQUE ET RÔLE PATHOGÈNE DES BACTÉRIES · texte numérisé non relu

VIE SAPROPHYTIQUE ET RÔLE PATHOGÈNE DES BACTÉRIES

peau, le streptocoque donne un érysipèle, dans les veines une septicémie, etc.

Influence du terrain. — Il faut d'abord compter avec l’état réfractaire que présentent naturellement certains organismes vis-àvis de tel ou tel microbe ; nous étudierons plus loin ces phénomènes d'immunité.

L’âge est une condition individuelle qui influe sur la réceptivilé. C'est assurément l'enfance qui, d’une façon générale, est la plus apte à contracter les maladies infectieuses; le fait est notoire pour les fièvres éruptives. Suivant l’âge encore, telle infection présente une gravité variable; la fièvre typhoïde notamment, bénigne dans l'enfance, est plus maligne à l’âge adulte. En d’autres infections, la proposition est renversée.

Le sexe intervient encore, mais surtout en raison des occupation et travaux réservés soit à l’homme, soit à la femme.

L'influence de la race est à considérer encore; on connaît la faible réceplivité des noirs pour le paludisme, la fièvre jaune; l’extrème réceplivité des blancs pour la scarlatine, etc.

Une grande influence doit être attribuée à l’état de maladie : « Le meilleur moyen de se bien porter, a-t-on dit, est de ne pas être mala le. » À cet égard, les troubles des viscères interviennent à un haut degré : troubles de l'estomac, du cœur, lésions de la rate, du foie destructeur des poisons, du rein chargé de les éliminer, de l'intestin, etc. Les intoxications et les auto-intoxications sont des éléments essentiellement favorisants; de même l'insuffisance alimentaire, qui déprime l'organisme et permet aux microbes, qui l’'envahissent ou y préexistent, de devenir pathogènes; on connaît le rôle marqué de la famine sur l'éclosion et le développement des épidémies. L'influence du surmenage est actuellement classique : elle est observée couramment en pathologie humaine (fièvre typhoïde, tuberculose, etc.) et animale (morve, etc.). L'influence des agglomérations, de l'encombrement, est encore indéniable ; elle agit en multipliant les contacts et en privant les individus du cube d'air qui leur est nécessaire.

A ces facteurs individuels s'ajoutent encore des conditions extrinsèques. |

Le froid est à envisager dans bon nombre de cas; son influence favorisante sur l’éclosion de la tuberculose, de la méningite cérébrospinale estconnue; il agit en diminuant ou en annihilant le rôle défensif des leucocytes, des muqueuses, des épithéliums. L'expérience de Pasteur sur la poule, réfractaire au charbon, en est une preuve manifeste; qu'on lui plonge les pattes dans l’eau froide après une

inoculation de bactéridie charbonneuse, elle succombe au charbon. L'influence de la chaleur doit en être rapprochée, quoique plus complexe, car divers éléments agissent sur la diminution de la phagocytose. Ajoutons les influences météoriques, climatiques, etc.

Le traumatisme est invoqué, à juste titre, dans l’éclosion de certaines infections restées latentes, qu'il réveille et appelle aux régions où il se produit (tuberculose, pleurésie et péritonite tuberculeuses, pneumonie traumatique, etc.). [Len est de même de l’altération mécanique des épithéliums; une excoriation de la muqueuse pharyngée ou une lésion préalable produite par un germe quelconque préparent la muqueuse à des diphtéries secondaires; la grippe, la rougeole, la scarlatine, par leurs localisations sur les muqueuses, agissent de même pour favoriser l’éclosion de nouvelles infections spécifiques, greflées sur la première.

Dans cette lutte entre la graine et le terrain, l'organisme met en jeu ses défenses naturelles par les muqueuses, les sécrétions glandu laires, dont on connaît le pouvoir destructeur des germes et des toxines (salive, sues gastrique, pancréatique, intestinal); il en est de même du foie, de la rate, de l’épiploon, sans oublier le rôle général joué par les leucocytes, comme l’a démontré Metchnikofl dans la production de l'immunité à HS de laquelle nous sommes ainsi tout naturellement amenés.

Page 1