ÉMULSION MICROBIENNE OU EXTRAIT PHYSIOLOGIQUE COMPLÉMENT
ÉMULSION D'HÉMATIES A HÉMOLYTIQUE CHAUFFÉ.
Hémolyse totale.
Hémolyse partielle.
ss
esSecse 9 O7 & C9 DO
BACTÉR IOLYSE. ( = 75
La dose à adopter dans le cas particulier est celle du tube 2, dose limite au-dessous de laquelle l’'hémolyse est.empèchée.
Dispositif et marche de la réaction. — Ün dispose sur un râtelier une série de tubes où l’on verse successivement les différents matériaux précédents, titrés comme il a été dit :
19 Le sérum, chauffé à 55° pendant une demi-heure, où l'on cherche la présence de la sensibilisatrice vis-à-vis du microbe envisagé ;
20 L’émulsion microbienne, ou l'extrait microbien ;
30 L’alexine ;
40 L’eau physiologique en quantité suffisante pour que le volume total égale 2 centimètres cubes.
Après agitation de chaque tube pour opérer un mélange homogène, on porte à l’étuve à 37° pendant deux à trois heures.
On a préparé en même temps une série de {ubes témoins (Voy.le tableau) où le sérum supposé sensibilisateur est remplacé dans l’un par du sérum normal, également chauffé; dans un autre par de l’eau physiologique. Dans d’autres témoins, l’émulsion microbienne ou l'extrait, l'alexine seront remplacés par de l’eau physiologique.
On ne saurait trop, pour éviter les causes d'erreur, multiplier les témoins.
Après les deux à trois heures de séjour à l'étuve, on ajoute à chaque tube le système hémolytique, On replace à l’étuve pendant une heure environ, et l’on observe les résultats.
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On voit ainsi que, dans les quatre premiers tubes, où l’antigène a élé mis en présence du sérum suppesé sensibilisateur, l'hémolyse a
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été empêchée. D'où cette déduction naturelle que l’antigène a fixé le complément : par conséquent, le sérum contenait une sensibilisatrice spécifique vis-à-vis de cet antigène. La réaction s’est régulièrement effectuée, sans cause d'erreur, car nous voyons l’hémolyse
se présenter Fort tous les tubes témoins. Dans le tube n° 9 seul, ne :
contenant que le système hémolytique, l'hémolyse ne s’est pas ps duite, car l'alexine était absente.
Applications pratiques. — La réaction de fixation de Bordet- Gengou a été appliquée en maintes circonstances à la pratique bactériologique journalière.
Diagnostic des maladies infectieuses. — (in peut, par ce procédé, faire le diagnostic d’un certain nombre de maladies infec-
tieuses en mettant en présence du sérum chauffé de malades les
bactéries que l'on suppose avoir infecté ces derniers et avoir, par conséquent, engendré dans ce sérum les anticorps correspondants.
C'est ainsi que Widal et Le Sourd ont étudié une méthode de diagnostic de la fièvre typhoïde, en mettant en évidence, par la réaction de fixation, la sensibilisatrice vis-à-vis du bacille typhique. Dopter a procédé de la même façon pour la dysenterie bacillaire, la méningite cérébro-spinale, Ch. Nicolle et Sicre pour la fièvre de Malte. C’est aussi sur cette épreuve qu'est basée la réaction dite de Wassermann pour le diagnostic de la syphilis. Widal et ses élèves l'ont appliquée au diagnostic de la sporotrichose et de diverses mycoses ; Bordet et Gengou au diagnostic de la coqueluche; Weïinberg et Parvu en ont tiré parti pour reconnaitre chez un sujet l'existence de l'échi-
nococcose. Des recherches en ce sens ont été faites aussi avec le
bacille tuberculeux et les para-tuberculeux.
Identification des microbes. — Cette réaction de fixation peut être utilisée dans un but tout différent. En partant d'un antisérum connu, on peut assurer le diagnostic d’une espèce microbienne. C'est grâce à cette épreuve que certains germes ont été reconnus comme agents pathogènes de maladies infectieuses : témoin le microbe de la coqueluche, auquel Bordet et Gengou ont pu ainsi attribuer le rôle spécifique dans l’étiologie de cette affection.
Dosage des sérums. — Enfin cette réaction a permis à Wassermann d'imaginer une méthode de dosage du sérum antiméningococcique, en en utilisant des doses progressivement décroissantes et en déterminant ainsi la quantité minima desérum nécessaire pour empêcher l’hémolyse.
Sensibilisatrices ct bactériolisines spéeifiates et non spécifiques. — Les sensibilisatrices et les bactériolysines sont en général douées d’une étroite spécificité. Telle est, du moins,
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POUVOIR OPSONISANT, OPSONINES, BACTÉRIOTROPINES. 77 l'opinion courante. Cependant, l'expérience montre qu'il n’en est pas toujours ainsi. Par exemple : le sérum d’un cheval immunisé contre le méningocoque contient une sensibilisatrice spécifique vis-à-vis de ce germe, mais aussi une sensibilisatrice vis-à-vis des méningocoques B et C (anciens paraméningocoques) qui, les recherches d’agglutination et de sérothérapie le démontrent avec la plus grande évidence, sont doués d'une spécificité différente. La sensibilisatrice vis-à-vis de B et C est donc vraisemblablement une cosensibilisatrice ou sensibilisatrice de groupe. Aucun procédé n’a permis jusqu'alors de les dissocier.
Il en est de même pour les bactériolysines : un sérum antiméningococcique (anti-A) contient une bactériolysine spécifique (épreuve du péritoine) vis-à-vis de ce germe, mais aussi parfois des co-bactériolysines vis-à-vis des méningocoques B etC. Et inversement. L'épreuve de la saturation des bactériolysines (Dopter et Pauron) permet de les séparer de la bactériolysine spécifique.
Cette notion nouvelle permet de conclure à une grande analogie existant à cet égard entre les divers anti-corps connus: agglutinine, précipitine, etc.
POUVOIR OPSONISANT, OPSONINES, BACTÉRIOTROPINES.
Wright a fait connaître, sous le nom d’opsonines, des substances qu'ilcroyaitspéciales, contenues dans les sérums normaux et surtout les sérums spécifiques, qui prépareraient les bactéries à subir la phagocytose ; elles avaient pour effet d’exagérer cette dernière et de la rendre plus efficace. Pour Wright, les opsonines étaient indispensables à la phagocytose : sans elles, [a phagocytose ne pouvait s’exercer (opsono : je prépare pour l'alimentation). :
En réalité, la phagocytose spontanée existe. Bordet, dès 1895, l'avait démontrée dans les expériences in vitro, où il mettait en présence des leucocytes et du Vibrion cholérique, du Streptocoque, du Proteus vulgaris, elc., sans addition de sérum opsonisant. Metchni-
. koff avait aussi constaté la phagocytose de la Bactéridie charbon- neuse par des leucocytes en suspension dans l'humeur aqueuse
bouillie, et dépourvue de substances pouvant l’inciter à se produire.
Les recherchés de Wright et Douglas démontrèrent par contre que les sérums frais provenant d'animaux normaux étaient doués d’un certain degré de pouvoir opsonisant, car ils favorisent la phagocytose. Leurs expériences sur le Vibrion cholérique, le Bacille typhique, le Bacille pesteux, le Staphylocoque et le Streptocoque, etc., étaient très probantes à cet égard. Haktœn a montré depuis que les
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Trypanosomes se laissent aisément influencer della même facon. Il'en est de même des Spirilles, d’après Levaditi et Roché. Mais les sérums normaux ne seraient pas doués de ce pouvoir vis-à-vis de tous les germes : le Bacille diphtérique, le Bacille de la xérose ne subissent aucunement son influence.
Quant aux sérums spécifiques, ils jouissent d’un pouvoir opsonisant beaucoup plus élevé que celui des sérums normaux. Dès 1895, bien avant Wright, Denys et Leclef avaient observé que le sérum d'un lapin vacciné contre le Streptocoque, mélangé in vitro à des leucocyles et des streptocoques, exerçait sur ces derniers une phagocylose intense, alors que le sérum normal était presque inactif. On ne pouvait pas mieux mettre en évidence les propriétés opsonisantes d'un sérum spécifique. Mennes fit des constatations identiques sur le Pneumocoque, Sawtchenko sur le Spirille de la fièvre récurrente et le sérum antispirillaire. Ces données essentielles furent reprises par Wright et interprétées comme afférentes au pouvoir opsonisantdes sérums spécifiques. Neufeldet Rimpau les confirmèrent, mais én dénommant bactériotropines lesopsonines spécifiques de Wright.
Nature des opsonines. — Wright, avons-nous dit, avait pensé que les opsonines étaient des substances spéciales existant dans tout sérum normal, mais dont la production était exagérée dans les sérums spécifiques, sous l'influence dela vaccination. Les recherches ultérieures ont montré qu'il n’en était pasainsi ; d’après les travaux récents, ily a lieu de distinguer, à cet égard, les opsonines des sérums normaux el celles des sérums spécifiques.
Opsonines des sérums normaux. — D'après Becher, Neufeld, Levaditi et Inmann, le pouvoir opsonisant des sérums normaux serait lié à l’alexine ou complément. En effet, comme l’alexine, cette opsonine est thermolabile ; elle disparaît sous l’action du chauffage à 55°. Puis on peut réaliser avec l’opsonine toutes les recherches de fixation que l’on effectue avec l’alexine. En réalité, il ne s'agit pas là d’une nouvelle substance, mais d'une fonction nouvelle de l’alexine.
Opsonines des sérums spécifiques. — Elles diffèrent notablement des opsonines des sérums normaux; contrairement à ces dernières, elles résistent au chauffage à 56°; elles sont donc thermostabiles. D'autre part, l’opsonine normale se fixe indifféremment sur tout corps bactérien ; les opsonines spécifiques ne sont au contraire absorbées et fixées que par les germes ayant servi à la vaccination de l'animal d’où provient le sérum, Par ces propriétés, Les opsonines
spécifiques se rapprochent des sensibilisatrices ou ambocepteurs
spécifiques des immun-sérums,