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CHAPITRE VI

La stérilisation, c'est-à-dire la destruction des germes vivants, est une des bases de la bactériologie.

En effet, pour étudier un microbe, il faut l’obtenir à l’état de pureté et le maintenir tel; or, les milieux qui nous entoufent, de même que les objets, instruments, aliments, etc., dont le bactériologiste doit à chaque instant faire usage, sont peuplés de microbes variés. Ces microbes, il faut les tuer, sous peine de rendre toute étude impossible ; tel est le but essentiel de la stérilisation.

Les procédés de stérilisation les plus employés sont basés sur l'emploi de la chaleur : chaleur sèche ou chaleur humide; dans quelques circonstances, on a recours à la filtration; dans d’autres, aux antiseptiques.

Chauffage direct. — Le fil de platine, d'usage universel en bactériologie, est rapidement stérilisé par chauffage dans la flamme du bec Bunsen (fig. 24), ou toute autre flamme très chauffante ; prolonger le chauffage jusqu'au blanc (environ 1 3000).

C'est cette propriété de supporter le rouge sans dommage qui a amené l'emploi, aujourd’hui généralisé, du fil de platine.

Si le fil est mince, il refroidit instantanément; s’il est un peu gros, le refroidissement est plus lent; attendre quelques secondes (plusieurs minutes avec des fils très gros) avant d’en faire usage.

Fig. 24, — Bec Bunsen,

Le même procédé s'applique aux palettes de platine, aux vaccinostyles, etc.

Flambage. — Certains objets lisses : effilures de pipettes, baguettes de verre, embouchures de tubes ou de fioles, etc., sont rapidement stérilisés en passant trois ou quatre fois de suite,

lentement (comme en coupant du pain), dans une flamme très chauffante.

Le même procédé peut être utilisé pour stériliser divers instruments, en particulier l'extrémité des pinces à dissection. Il convient peu aux instruments coupants, dont il altère le tranchant.

Si l’objet est difficile à déplacer, tel un grand ballon, on peut stériliser l’orifice en promenant sur lui la flamme du bec Bun-: sen tenu à la main. 5

Flambage au four. — La plupart des obiets ne peuvent être stérilisés qu’à l’aide d'appareils spéciaux : les fours à flamber. Ces appareils sont spécialement indiqués pour la stérilisation des objets de verrerie (pipettes, tubes vides, fioles, boîtes de Petri, etc:) ou de porcelaine, des filtres, des instruments, etc.

Préparation des objets à stériliser, — I1ne suffit pas de stériliser les objets, il est en outre nécessaire de les préserver ultérieurement * de toute souillure, et spécialement des contaminations

atmosphériques. Il suffit pour cela de les fermer au

préalable, avant Ja stérilisation, avec des substances qui laissent filtrer l’air tout en arrêtant les germes : coton ordinaire ou papier.

Bouchage au coton. — Les objets à ouverture étroite, tels que tubes, flacons, fioles, sont bouchés au coton ordinaire (non hydrophile). On opère comme suit (fig. 25) : prendre un fragment de coton, le disposer au-dessus de l’orifice en faisant déborder largement, enfoncer le centre à l’aide d’une pointe mousse (cran, par exemple). Le bouchon sera modérément serré.: il plongera de 2 à 4 centimètres dans le récipient, suivant la hauteur de ce dernier.

Couverture de papier. — Les boîtes, verrès à expérience, cristallisoirs, et tous objets à ouverture large seront enveloppés ou recouverts de-papier. Le papier-filtre ordinaire est préférable, parce qu'il est moins cassant; mais le papier d'emballage est plus Fig. 25. — Bouchage économique et suffit le plus souvent. d'un tube au coton. Envelopper complètement les boîtes dans plusieurs doubles de papier.

Pour les verres (fig. 26), on se contente de les couvrir; il est bon d’assujeltir uu peu les rebords à l'aide d’un tour de ficelle. Si le verre présente un ou deux becs, attention à ne pas déchirer le papier à leur niveau; on peut utilement les protéger à l'aide d’un très léger tampon de coton.

Le plus répandu des fours à flamber est le four Pastaiies

Four Pasteur. — L'appareil est conçu d’après le principe suivant : dans l'air ambiant, un chauffage à 1709, maintenu pendant trente minutes, suffit à détruire sûrement tous les germes.

L'appareil (fig. 27) se compose :

D'un cylindre en tôle, à triple paroï, la moyenne moins haute: dispositif qui détermine deux espaces concentriques communiquant par le haut ;

D'un panier en toile métallique, placé dans la cavité du cylindre ;

D'un brüleur à gaz en couronne ;

Fig. 26, — Verre à pied stérilisé.

D'uncouvercle, avec douille - pour le thermomètre.

FoNCTIONNEMENT. — Les objets à stériliser sont desséchés complètement; la moindre trace d’eau provoquerait la casse. On les munit ensuite de coton ou de papier, comme il a été dit.

Les introduire alors dans le panier métallique.

En raison même de la disposition du four, la température est sensiblement plus élevée au fond ; des briques, des tuiles, un support métallique quelconque, placés au fond, empêcheront le contact immédiat des objets avec la paroi inférieure, directement chauffée par le gaz.

Placer le couvercle, enfon.

cer le thermomètre à travers - un bouchon de liège. — Allu-

a g mer le gaz; chauffer douce-

Fig. 27. — Four Pasteur. ment, pour ne rien casser, — d'autant plus doucement que

les objets sont plus épais. Une fois atteinte la température de 170°, baisser le gaz «en veilleuse »; ouvrir ou baisser plus ou moins pour ne pas trop s’écarter du degré voulu; éteindre après trente minutes.

Doprer et SAcQUÉPÉE. — Bactériologie, 2° édit. 7

Laisser refroidir complètement avant de retirer les objets n’enlever le couvercle qu'après refroidissement complet.

En enlevant le couvercle ou en retirant les objets trop hâtivement, on les exposerait à l'air frais, qui aurait tôt fait de les casser.

CONTRÔLE DE LA STÉRILISATION. — En pratique, il suffit de vérifier l’aspect du coton : il doit être légèrement roussi.

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