‹ Précis de bactériologie (volume 2)Chapitre 51 sur 164 · CONSERVATION ET TRANSVASEMENT DES MILIEUX · texte numérisé non relu

CONSERVATION ET TRANSVASEMENT DES MILIEUX

Conservation. — Dans tous les laboratoires, il estnécessaire de faire des provisions des milieux les plus employés ; il faut doncles conserver. |

Les milieux seront conservés à l’abri de toute contamination, de l’'évaporation et de la lumière solaire.

a. On évite les contaminations en assurant d’abord, suivant les procédés déjà connus, la stérilité du milieu et des récipients qui le contiennent, en protégeant ensuite contre l'accès des germes de l'extérieur. La protection est absolueet définitivequand le récipient est scellé : matras ou ballon à long col, scellé au col. En pratique, le scellement est rarement indispensable ; il suffit de disposer les milieux dansdes flacons à ouverture relativement étroite, bien bouchés à la ouate : matras ou ballons, fioles de Vivien, fioles d'Erlenmeyer, fioles de pharmacie, etc.

b. Si le milieu doit être conservé très longtemps dans une atmosphère sèche (étuve), il est prudent de limiter l’évaporation en couvrant le bouchon d’un capuchon de caoutchouc.

Capuchons de caoutchouc. — Les capuchons seront ou bien stérilisés à l’autoclave, puis séchés à l’étuve; ou bien conservés dans une solution antiseptique (acide phénique à 2 p. 100).

c. Les récipients contenant les milieux seront placés à l'obscurité.

Transvasement. — On répartitles milieux en récipients appropriés à leur destination immédiate et énumérés ailleurs, soit pour conservation (Voy. ci-dessus), soit pour cultures aérobies (p. 165), ou anaérobies (p. 172). La manière de faire est très différente suivant qu'on envisage les milieux non stériles (destinés à être stérilisés ultérieurement) ou les milieux stériles.

Transvasement des milieux non stériles. — Une précaution essentielle : éviter de mouiller le col des récipients. Si le col est mouillé, les bouchons sont humides ; après stérilisation, ils adhèrent à la paroi, s’il s’agit de milieux liquides solidifiés; de plus ils protègent mal.

Pour répartir en récipients de grande contenance, on se servira d'un entonnoir à longue effilure.

Pour répartir en tubes à essai (fig. 54) : adapter à l'extrémité libre d'un entonnoir moyen un tube de caoutchouc, muni d’une pince à pression continue et terminé par un tube de verre effilé ; disposer cet entonnoir sur un support; verser le liquide, p'onger l’effilure dans le tube à essai, assez profondément, ouvrir la pince, remplir au degré voulu, fermer la pince; passer à un autre tube. — Quand on veut répartir gélatine ou gélose, il est prudent de chauffer d'abord l’entonnoir en y versant de l’eau chaude.

Après répartition, boucher et stériliser les tubes ou récipients. |

Transvasement des milieux stériles. — Quand le milieu stérile ne doit plus être stérilisé après répartition, il est nécessaire d'opérer les transvasements d’une manière absolument aseptique :

opérer aseptiquement el rapidement ; répartir en vases stériles avec des

appareils stériles.

a. De petites quantités seront transvasées avec une simple pipette

ou une pipette à boule. Mèmes précautions qu'en 6.

b. La répartition de quantités appréciables de liquide exige l'emploi d'appareils spéciaux. Le plus employé est le ballon-pipette Chamberland (fig. 51). Couvrir de papier l'effilure de la pipette,

boucher au coton la tubulure supérieure, stériliser

à sec.

En prenant les mêmes précautions d’asepsie que pour l’ensemencement (p. 158), ouvrir l’effilure, plonger la pipette dans le liquide, aspirer, remplir le ballon aux trois quarts, retirer la pipette. Répartir ensuite en tubes ou ballons stérilisés.

On prescrit généralement de sceller l’effilure des ballons-pipettes ; ce n’est pas indispensable.

c. Un flacon répartiteur (fig. 55) convient également. On prépare le bouchon de pissette, s’adaptant au récipient qui contient le liquide stérile : bouchon à deux trous, traversé par deux tubes :

Fig. 54, — Dispositif pour répartition des liquides non stériles.

dun

Fig. 55. — Flacon répartiteur.

l’un, P, coudé à angle droit, bouché au coton entre deux étranglements, plongeant peu (tube de compression); l’autre, coudé à angle très aigu, formé de deux branches longues, l’extérieure coupée par un tube de caoutchouc avec pince de Mohr et terminée par une effilure scellée, l'intérieure plongeant presque à fond (tube de répartition). Le bouchon avec ses annexes est stérilisé à l’autoclave.

Pour l'usage : le récipient est placé sur un support; avec les précautions d’asepsie habituelles, on substitue au bouchon (ouate) du récipient le bouchon préparé; toujours aseptiquement, on casse l’effilure du tube de répartilion, on comprime de l'air (avec une poire) par le tube de compression : le

liquide passe et s'écoule ensuite par siphonage; on active l’écoulement en continuant la compression ; on dispose autour de l’effi-

Fure le vase (tube ou ballon stérilisé) destiné à recevoir le liquide.

Quand on veut arrêter ka répartition : cesser la compression; porter l’effilure à proximité de la flamme; sans déplacer l’effilure, incliner le flacon de telle manière que le niveau du liquide soit plus bas que l'extrémité de l’effilure: le siphon se désamorce, l'air rentre, mais stérilisé par la flamme ; sceller.

Dans la répartition du sérum filtré, on peut simplifier la manœuvre en utilisant le flacon à trois tubulures décrit page 710.

Il ne faut pas multiplier ces répartitions; on frôle inévitablement la con tamination. Autant que possible, répartir tout le liquide en une seule séance. En pratique, on ne répartit de cette manière que par nécessité, pour les milieux (sérum, sérosités), qui supportent mal la chaleur.

Page 1