PROCÉDÉS DE CULTURE DES ANAÉROBIES
c. Fermer le grand tube à l’aide d’un bouchon de caoutchouc, luté à la cire.
Opérer très vite, pour éviter l'oxydation prématurée du réducteur.
Agiter de temps à autre pour favoriser l'absorption de l'oxygène.
Ce procédé donne une anaérobiose suffisante ; il a l'avantage de pouvoir être improvisé sans difficulté.
REMARQUE. — On peut substituer au grand tube un autre récipient plus vaste fermant hermétiquement (cloche à vide, par exemple).
B. — Dispositifs pour milieux liquides.
Pipette de Roux. — Procédé de choix. — La pipette de Roux pour anaérobies (fig. 93) comporte une partie renflée, terminée d'un côlé par une effilure de pipette, de l’autre par un tube de verre por- Fig. 93 — Pipette de Roux pour anaérobies. tant deux étranglements; entre ces derniers, on interpose un tampon de coton.
On peut fabriquer soi-même des pipettes analogues,
Mode d'emploi. — a. Ensemencer un tube de bouillon.
b. Flamber l’effilure de la pipette, casser, flamber à nouveau.
c. Aspirer le bouillon dans la pipette : remplir à moitié ou aux deux tiers. Fermer l’effilure à la flamme.
d. Mettre en communication avec la trompe à eau, faire le vide avec ébullition dans le vide (Voy. p. 175).
e. Sous le vide, fermer à la flamme la pipette, à l’étranglement supérieur. Au besoin, consolider les extrémités avec la cire Golaz.
Une fois la culture obtenue, si l’on veut faire un prélèvement, on opérera comme suit :
x. Donner un trait de lime, à la partie supérieure du tampon; ouvrir.
Au moment où on ouvre le tube, diriger l’orifice de telle façon que la projection, possible, du liquide ne soit pas dangereuse. Cette projection est due à ce que la culture a donné lieu à un dégagement gazeux extrémement abondant ; elle « saute » alors, comme une bouteille à champagne. C’est d’ailleurs tout à fait exceptionnel. Ordinairement les gaz formés s’échappent sans incident au moment de l'ouverture.
6. Enlever le tampon. Prélever aseptiquement, avec une pipette. On peut ensuite continuer la culture dans un vide relatif, en opérant comme suit. Chauffer doucement l’espace libre au-dessus
du liquide. L'air chauffé se dilate et sort en grande partie de l’ampoule. Fermer à la flamme.
Variante. — Pour des cultures d'essai, il suffit de très peu de
Fig. 94. — Tube double de Pasteur.
liquide; on pourra alors employer une pipette ordinaire, adaptée à la technique précédente. Étrangler la pipette au-dessus el au-dessous du bouchon. Opérer ensuite comme pour la pipette de Roux.
Tube double de Pasteur (fig. 94). — Très employé il y a quelques années, il permet de faire deux cultures successives. L'appareil a la forme d’un U renversé, portant une effilure sur chaque face latérale et, au fond, un tube. Préparer d'abord le tube terminal (tampon d'ouate entre deux étranglements). Les effilures sont généralement très rapprochées de l'U:
il faut les écarter un peu, en coudant à la flamme. Fermer les effilures, stériliser.
Mode d'emploi. — a. Casser la pointe d’une effilure, aspirer du bouillon: stérile jusqu’à
remplir le tiers de la branche correspondante; fermer l'effilure. b. Ensemencer un tube de bouillon. Casser l’autre effilure à la pointe, aspirer le bouillon ensemencé, remplir au tiers la branche correspondante,
fermer.
c. Mettre le tube en communication avec la trompe à eau. Faire le vide avec lavage à l'hydrogène.
d. L'opération terminée, fermer au-dessus du tampon. Mettre à l’étuve,
verticalement.
Pour faire une deuxième culture, quand la première a poussé : incliner l'appareil de manière qu’une partie du liquide
passe dans l’autre branche.
Tube de Pasteur simple. — C'est le tube précédent, réduit à une branche.
Tube de Lacomme (fig. 95). — 11 s'emploie comme le tube double de Pasteur, coûte
moins cher.
Culture en flacon (dispositif de Würtz). — Procédé de choix. — Ce procédé est indiqué pour cultures en grande
masse.
ET'> POULENC FR.
Préparer un flacon de 4 à 2 litres Fig. 95.— Tube de Lacomme. (fig. 96), muni d’un bouchon de caout-
chouc à deux trous. Remplir de bouillon à moitié ou aux deux tiers. Deux tubes traversentle bouchon : l’un, À, plonge dans le flacon jusque près du fond ; il se termine à l'extérieur par uneeffilure coudée; l’autre, B, affleure sous le bouchon, sans plonger, et se ter-