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CHAPITRE XII

L’expérimentation sur les animaux est employée de manière courante dans les laboratoires. Ses indications sont multiples; il suffira de rappeler les principales : |

Reproduction expérimentale d’une maladie constalée chez l’homme ou chez l'animal ; détermination de la virulence des microbes ; production de lésions spéciales à certaines espèces : renforcement (exceptionnellement, atténuation) des virus ; préparation de sérums spécifiques (agglutinants par exemple) ; préparation de sérums thérapeutiques ; etc.

Nous étudierons successivement :

Les animaux de laboratoire :

Les inoculations.

On désigne sous ce nom les animaux le plus habituellement employés dans les iaboratoires. Ils doivent être autant que possible :

Réceptifs à l'égard de la plupart des virus ; faciles à manier ; faciles à élever, à entretenir et à observer ; peu onéreux. :

Deux espèces surtout, le cobaye et le lapin, répondent à ces conditions. Viennent ensuite la souris blanche, plus fragile, et le rat blanc, un peu moins maniable. D’autres animaux sont parfois utilisés pour usages particuliers : la souris grise, le rat gris, le chat, peu commodes à manier ; le chien, les oiseaux (poule, pigeon), la grenouille, peu sensibles à la plupart des infections. ;

On peut avoir intérêt à s'adresser à d’autres animaux, chèvre, mouton, âne, cheval, singes. L'usage de ces espèces, vu leur prix élevé, est réservé aux Instituts ou aux grands Laboratoires.

Elevage et entretien. — [l est préférable d'élever les animaux d'usage courant au laboratoire même ; c’est moins cher, et on est

sûr de la provenance ; les chances de « maladies spontanées » (Voy. p. 191) sont réduites au minimum.

Cobaye. — L'élevage est facile. Chaque femelle peut donner trois à cinq portées par an ; pour chaque portée, un à cinq petits. Le mieux est de laisser les animaux par groupes pas trop nombreux (cinq à quinze), surveiller, séparer les femelles pleines. Durée de gestation, deux bons mois.

Parfois les femelles pleines saignent à blanc leurs nouveau-nés, quand la nourriture est trop sèche (prédominance du son); on s’en souviendra.

Comme nourriture : légumes ou débris de légumes (choux, salades, carottes, betteraves, suivant la saison), fourrage vert (trèfle, luzerne, herbe très jeune) ; son. Le meilleur régime est le mélange de son et de légumes. En l'absence temporaire de légumes ou herbages, mouiller le son. L'alimentation devra toujours être suffisamment aqueuse (légumes verts, Son mouillé), mais il est inutile de donner à boire.

Lapin. — Élevage facile, mais les petits sont plus fragiles que les jeunes cobayes. La femelle peut donner trois à cinq portées par an, deux à dix petits par portée. AU les femelles une à une dès le début de la gestation (indispensable). La durée de gestation est environ trente-cinq jours.

Nouïriture : comme le cobaye, mais se méfier des fourrages verts, surtout au printemps. On donnera de préférence du son et des légu mes.

Souris blanche. — Élevage moins facile ; peu sociables, il faut souvent isoler les animaux un à un; on séparera toujours les femelles pleines.

Nourriture : avoine, son, pain, débris de cuisine.

Toujours laisser une écuelle d’eau.

Rat blanc. — Elevage facile ; en moyenne six à dix petits par portée. Séparer les femelles pleines autant que possible.

Nourriture : comme la souris.

Grenouille. — Conserver dans un bocal large, avec une petite épaisseur d’eau au fond, couvrir de mousseline ; gaver (viande, etc.) tous les jours.

Autres animaux. — Pour les autres animaux, chien, chèvre, cheval, etc., on se conformera aux pratiques des éleveurs ou des physiologistes.

Les singes, trop délicats, ne conviennent qu'aux établissements importants. Les conserver en grandes cages (spéciales), en locaux chauffés, nourrir de fruits secs, pain, donner à boire.

Chenil, cages, bocaux. — Il faut au moins un chenil. Quand on pratique l'élevage, ce qui est utile et économique, il vaut mieux avoir deux chenils séparés, l’un pour les animaux en élevage, l’autre pour les animaux inoculés.

Le chenil sera tenu avec la plus grande propreté : lavages fréquents à grande eau; la construction sera faite en conséquence.

Pour le chenil d'élevage de cobayes, lapins et rats blancs, des cages fixes en brique et ciment sont très commodes ; pour les cobayes, laisser devant les cages un espace libre qui leur permettra de courir librement quand le temps le permet, Assurer par des dispositions convenables l’écoulement des urines. Prévoir un nombre de cages suffisant pour permettre d'interchanger les locaux au moment des lavages. L'élevage peut être fait également en cages métalliques.

Les cobayes, lapins ou rats inoculés seront placés dans des cages métal-

liques (fig. 103), qu'on peut faire construire n'importe ou. Ces cages seront autant que possible à double fond, faisant tiroir. Dans la cage, une auge et un râtelier. Extérieurement, une planche porte-étiquette. A moins d'indication contraire (élimination par l'intestin de germes dangereux), placer au fond un peu de paille.

Pour les petits animaux, rats blancs et souris blanches, on peut utiliser des boîtes à biscuits percées de nombreux trous sur deux faces et sur le fond. Remplacer une des faces de la boîte par une vitre (face supérieure de préférence).

Les souris se trouvent bien de simples bocaux en verre de 2 à 4 litres, garnis largement de son et couverts d'un grillage métallique.

Tous ces animaux sont sensibles au froid; les cobayes ne sont incommodés que par un froid rigoureux, Le chenil devra donc êlre chauffé l’hiver.

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