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PLURALITÉ DES TRÉPONÈMES DE LA SYPHILIS

Depuis longtemps, les cliniciens, Fournier en particulier, avaient mis en valeur certains arguments qui semblaient devoir faire admettre que, à côté du virus ordinaire de la syphilis, portant ses atteintes sur Le derme et les viscères, il devait y avoir place pour un virus ayant une affinité élective pour le système nerveux, donnant lieu aux lésions connues du tabes et de la paralysie générale.

En effet, Fournier avait fait remarquer que chez les futurs tabétiques et paralytiques généraux, la syphilis évoluait en général d’une facon bénigne : accident primaire fugace, accidents secondaires éphémères ou inexistants, lésions tertiaires cutanées et viscérales exceptionnelles. Puis, dans les pays tropicaux, il est classique de constater l'absence presque complète de tabes et de paralysie générale, alors que la syphilis cutanée, muqueuse et viscérale est grave, les lésions tertiaires survenant de bonne heure avec fréquence des ) lésions osseuses. La fréquence de la syphilis nerveuse, conjugale et familiale, de l'apparition du tabes et de la paralysie générale chez des sujets contaminés à la même source plaidaient bien en faveur de cette conception dualiste.

Cette notion de l'existence vraisemblable de deux virus syphilitiques, l’un neurotrope, l’autre dermotrope, fut étudiée récemment par Levaditi et À. Marie sur des bases expérimentales du plus haut intérêt :

Ils ont étudié comparativement un Tréponème provenant du sang d’un paralytique général (virus neurotrope) et un Tréponème provenant d'un chancre syphilitique volumineux (virus dermotrope).

Ces deux Tréponèmes, obtenus par inoculation sous la peau du scrotum de lapins, étaient entretenus par pa<sages successifs sur ces animaux.

Les auteurs ont observé les faits suivants :

La période d’incubation séparant l'inoculation du virus neurotrope à l'animal de l’apparition de laccident primitif est particulièrementlongue :sixsemaines à quatre mois. Elle est beaucoup plus courte avec le virus dermotrope : quinze jours à six semaines.

Le virus neurotrope engendre chez le lapin des lésions essentiellement superficielles, érosions squameuses entourées d’une zone d'infiltration dermique. Le virus dermotrope engendre des lésions

Doprer et SacquÉPée., — Bactériologie, 22 édit. D #4

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