‹ Précis de bactériologieChapitre 101 sur 197 · ESS · texte numérisé non relu

ESS

ulcéreuses, indurées, à base cartilagineuse, couvertes de croûtes, intéressant à la fois le scrotum et la vaginale.

Les lésions histologiques de l’accident primitif expérimental sont plus légères et plus superficielles quand le virus neurotrope est en cause, que quand il s’agit du virus dermotrope. Malgré cela, les accidents provoqués par le virus neurotrope guérissent beaucoup plus lentement que ceux du virus dermotrope.

Le virus dermotrope conserve sa virulence pour les simiens inférieurs et les singes anthropoïdes, même après un très grand nombre de passages chez le lapin. Il continue à être pathogène pour l’homme, bien que donnant des accidents atténués, comme l’a montré un accident de laboratoire.

Le virus neurotrope est dépourvu de virulence pour les singes inférieurs et les anthropoïdes, même après passage chez le lapin. Inoculé à l’homme par scarification cutanée, il ne‘ détermine aucune lésion. |

Enfin des expériences de vaccination croisée avec l'un et l’autre virus ont donné le résultat suivant : les animaux guéris après avoir présenté des lésions locales provoquées, soit par le virus dermotrope, soit par Le virus neurotrope, et qui, de ce fait, ont acquis l'état réfractaire à l'égard du Tréponème homologue, continuent à être réceptifs vis-à-vis du virus hétérologue.

D'après ces faits il semble donc que le Tréponème de la paralysie générale puisse être considéré comme une variété différente du Tréponème de la syphilis cutanée, muqueuse et viscérale, et que les syphilitiques voués au tabes et à la paralysie générale doivent être contaminés dès le début par-une variété spéciale de Tréponème, ayant acquis sans doute à travers les âges une aptitude plus grande à se localiser dans les centres nerveux. D'ailleurs ce Tréponème neurotrope semble se transformer peu à peu dans l'organisme humain qu'il a infecté, son affinité pour le cerveau ou la moelle devenant de plus en plus marquée à mesure qu’il pullule dans la substance nerveuse.

Toutefois certains Tréponèmes paraissant d'emblée neurotropes vaccinent l’homme contre la syphilis cutanée et muqueuse. En renouvelant d'une façon plus précise les expériences de Kraft Ebing, Levadili et À. Marie ont vu quel’inoculation par scarification cutanée du virus dermotrope à des paralytiques généraux n’était suivie de l'apparition d'aucun accident syphilitique.

Page 1