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CHAPITRE XXXIII

COLIBACILLE

Le Colibacille{a été isolé pour la première fois par Escherieh (1885) des selles du nouveau-né ;il est constamment présent dans l'intestin humain (gros intestin surtout), d'où ses diverses désignations : Colibacille, Bacterium coli, Bacillus colicommunis, Bacille d'Escherich.

Fig. 209. — Colibacille. Culture en bouillon.

Il est extrêmement répandu chez l'homme, chez les animaux et dans tous les milieux. Le plus souvent réduit à l'état de simple saprophyteinoffensif, il devient parfois pathogène tant pour l'homme que pour l'animal.

Le Colibacille constitue une « mauvaise espèce », c'est-à-dire une espèce bactériologique dont les divers représentants peuvent pré-

senter des propriétés assez variables. Les seules bases de classificalion résident dans leurs caractères microscopiques et dans leurs caractères de culture. Encore les réactions culturales sont-elles assez souvent atypiques à certains égards; à cès Colibacilles atypiques on donne généralement le nom de Paracolibacilles (Gilbert et Lion). Nous dirons en temps utile quelques mots de ces Colibacilles aberrants.

MORPHOLOGIE

Caractères microscopiques. — Identiques à ceux du Bacille typhique. L'aspect bipolaire et la forme coccobacillaire sont toutefois plus fréquents.

Mobilité, — Elle est très variable; la plupart du temps, le Colibacille est nettement mobile, beaucoup moins cependant que le Bacille (yphique. Certains échantillons sont très mobiles ; d’autres, au contraire, complètement immobiles.

Cils. — Peu nombreux, quaire à six, rarement plus; courts, assez souvent insérés aux deux pôles.

Spores. — Le Colibacille ne donne pas de spores.

Les conditions générales de développement sont les mêmes que pour le Bacille typhique. Toutefois le développement est souvent plus précoce et plus luxuriant(Voy. tableau p. 478 et 479 et fig. 214).

l. Milieux d'usage courant. — Bouillon. — Comme le Bacille typhique. En plus, il existe souvent une mince pellicule à la surface. Odeur fécaloïde le plus souvent.

Eau peptonée. — Comme en bouillon.

Gélose inclinée. — Comme le Bacille typhique. Parfois la profondeur du milieu dégage des gaz, par suite de la fermentation des traces de glucose contenues dans toute viande.

Sérum coagulé. — Comme sur gélose.

Gélatine. — Culture abondante; le milieu n'est pas liquéfé.

Certains échantillons donnent un aspect identique à celui du Bacille typhique, sur plaques, en strie et par piqüres.

La plupart des échantillons donnent une culture différente.

SUR PLAQUES. — Les colonies superficielles sont opaques, luisantes, un peu plus larges que celles du Bacille typhique. Les colonies pro: foades, comme le Bacille typhique.

Ex srmEe. — Enduit opaque blanc, parfois visqueux; les bords sont souvent minces et transparents.

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Ex piqures. — Disque blanc, luisant à la surface; ce disque peut atteindre les bords du tube. Dans la profondeur, colonies petites, opaques, souvent confluentes.

Pomme de terre. — Presque toujours il se forme un enduit saillant, jaunâtre ou brunâtre. Exceptionnellement, la culture est minime, comme celle du Bacille typhique.

Lait. — Développement abondant; coagulation en un temps variable, vingt-quatre ou quarante-huit heures en moyenne, mais parfois plusieurs jours.

IL Milieux de recherche. —- Voy. Procédés de recherche du . Bacille typhique.

IIL. Milieux différentiels, — Milieux lactosés. — BouiLLon LACTOSÉ CARBONATÉ. — Dégagement de gaz en douze à vingt-quatre .

heures, parfois plus tôt.

GÉLOSE LACTOSÉE. — Même résultat; dabfitten du milieu.

EAU PEPTONÉE LACTOSÉE EN TUBE EN U. — Dégagement abondant de gaz dans la branche anaérobie.

SOLUTION DE BARSIEKOW LACTOSÉE. — Coloration rouge et coagulation en vingt-quatre heures, parfois davantage.

Autres milieux sucrés. — Les milieux glucosés, lévulosés, galactosés, maltosés donnent les mêmes résultats que les milieux lactosés.

Lait tournesolé. — La teinte initiale vire nettement au rouge en vingt-quatre heures ; le milieu est coagulé.

Petit-lait tournesolé. — Vire nettement au rouge en vingtquatre heures; le milieu est trouble.

‘: Gélose au rouge neutre. — Comme les Bacilles: per atyphiques : fluorescence, eo tonl dislocation,

Autres milieux colorés. — Vire aurougele milieu de Ramond. Vire au bleu le milieu de Robin.

Milieux vaccinés. — Le Colibacille se développe sur milieux vaccinés contre le Bacille typhique ou les Bacilles paratyphiques (ce caractère peut être en défaut tout à fait exceptionnellement).

Milieux métalliques. — Ne noircit pas les milieux au sousacétate de plomb (quelques exceptions).

Artichaut. — Le Colibacille verdit rapidement (Roger).

Bouillon arsenical. — Le Colibacille s'y développe.

Milieux minéraux. — Le Colibacille végète dans là plupart d’entre eux (Voy. Liquides d'Ouchinsky, de Fraenkel et Voges).

Vitalité. — A l'égard de la chaleur, la résistance du B. coli est la même que celle du Bacille typhique.

Dans les cultures, il se montre plus robuste que ce dernier.

Si on ensemence en même temps les deux microbes dans un même milieu, on ne retrouve plus que le Colibacille après quelques jours.

D'après Rémy, dans l'expérience précédente, les deux microbes se modifient, le coli perd ses propriétés fermentatives et ne donne plus d’indol.

On peut considérer que le Bacille coli fait partie de la flore normale du sol et de certaines eaux; sa vitalité y serait donc considérable.

Réactions biochimiques. — Action sur les sucres. — Le Colibacille fermente la plupart des sucres (Chantemesse et Widal, Péré) : lactose, glucose, lévulose, galactose, maltose, mannite, glycérine ; beaucoup d'échantillons fermentent la saccharose, d'autres fermentent la dulcite,

À titre d'indication, nous signalons la classification de Mac Conkey, basée sur l’existence ou l’absence de propriétés fermentatives

à l'égard de la dulcite et de la saccharose : Saccharose. Pulcite.

Bacillus communion. ,,,............... + + — COMMUAIS 2 5 D'OR IEETIEES — + Da ACRONOMOS ARRET"... Æ rs

DOI IACIIO RE … : Re —-

La fermentation de la glucose, prise comme type, donne naissance :

a. À des acides, surtout acide lactique, acide acétique, un peu d'acide formique. Le Colibacille du nourrisson donne l'acide lactique lévogyre ; celui de l'adulte, l'acide lactique dextrogyre (Péré);

à. À des gaz, formés surtout d'hydrogène (les deux tiers), d'acide carbonique etun peu de gaz des marais.

Les propriétés fermentatives du Colibacille sontlargementutiliséesdansles milieux de culture différentiels (Voy. chap. Bacille typhique). Ges milieux mettent en évidence soit la formation d'acides, soit la production de gaz.

Certains échantillons peuvent perdre apparemment leurs propriétés fermentatives, spécialement vis-à-vis de la lactose. La plupart du temps, cette propriété persiste, mais très atténuée ; le dosage de la lactose permet de constater une légère attaque (Grimbert et Legros).

Action dénitrifiante. —Identique à celle du Bacille typhique.

Formation d’indol. — Le Colibacille type donne toujours de l’indol aux dépens des peptones, . Réaction à l'égard des sérums, — Agglutination. — Le Colibacille est agglutiné par certains sérums.

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I. Le sérum normal, humain ou animal, n’agglutine pas chez le nouveau-né, alors qu'il agglutine presque toujours chez l'adulte (Pfaundler) ; mais le taux d’agglutination dépasse rarement 1 p. 60.

Il. Les sérums provenant de malades infectés par le Colibacille ou d'animaux inoculés avec ce microbe, agglutinent ordinairement le Colibacille à des taux élevés (1 p. 500 et plus). Cette agglutination est presque toujours strictement homologue, c'est-à-dire que chaque sérum agglutine l'échantillon infectant, sans exercer d'action appréciable sur les autres Colibacilles.

Ainsi le sérum de malades atteints de cystite colibacillaire agglutinera le Colibacille isolé de cette cystite, mais n’agglutinera pas d’autres Colibacilles, même pas ceux provenant de l'intestin du même sujet ou ceux isolés dans d’autres cas de cystite.

Cependant Lesage asoutenu que, dans une même épidémie de diarrhées infantiles, le sérum de tous les malades agglutine le Colibacille isolé des selles de n'importe quel malade. Le fait, confirmé par Valagussa, est contesté par Nobécourt; on peut en conclure que l'observation de Lesage s'applique seulement à certains épisodes, analogues sans doute aux empoisonnements alimentaires; ces derniers, exceptionnellement, sont colibacillaires et les sérums de tous les malades sont actifs sur les Bacilles de tous les malades, et vice versa (Haibe).

IL. Le sérum des typhiques n’agglutine pas les races de B. coli conservées dans les laboratoires (P. Courmont et Lesieur); mais il agglutine presque toujours le Colibacille provenant de l'intestin du malade (Sacquépée).

ANOMALIES DU COLIBACILLE. — PARACOLIBACILLES.

Un certain nombre de microbes présentent l’ensemble des attributs du Colibacille, mais se séparent de l'espèce {ype par un ou deux caractères essentiels. Depuis Gilbert et Lion, on les appelle communément Paracolibacilles.

On a étendu dans la suite très abusivement le groupe des Paracolibacilles. On y trouvait confondus à un moment donné le Bacille de la psittacose, Le Bacille du hog-choléra, Le B. lactis aerogenes, le B. fæcalis alcaligenes, etc., aujourd'hui considérés comme formant des espèces distinctes. Il convient de limiter le groupe et de ne pas en faire un caput mortuum de la bactériologie.

Les types les plus répandus sont les suivants :

Âo Type immobile. Le plus bel exemple est le Colibacille rencontré dans l’endocardite infectieuse par Gilbert et Lion ; ce Colibacille, inoculé aux animaux, produit de l’endocardite, de l’aortite et de la méningite.

29 Type ne donnant pas d’indol. Ce type est le plus fréquent. On le

rencontre souvent dans les eaux. Achard et Renault l’ont signalé dans les infections urinaires.

30 Type immobile et ne donnant pas d'indol; ce type est très voisin du Pneumobacille et surtout du B. lactis aerogenes.

4° Type ne réduisant pas le rouge neutre.

50 Le Bacille de la diarrhée verte des enfants, d’après Lesage, est un Colibacille chromogène, à pigment vert.

On avait décrit en outre un type de Paracolibacille ne fermentant pas la lactose, mais il est probable que ce microbe était, en réalité, un Bacille paratyphique.

Le Colibacille peut se montrer pathogène pour l'homme et pour l'animal.

Dans les conditions naturelles. — Le Colibacille peut déterminer les affections les plus variées.

Chez l’homme. — A. Il provoque parfois des septicémies, de gravité variable. Elles prennent généralement leur point de départ dans un foyer infectieux localisé, dont l'agent pathogène est le Colibacille : à la suite de métrites(septicémie puerpérale), d’affections des voies urinaires, etc. Parfois la porte d’entrée est inconnue.

B. Des affections localisées sur presque tousles tissus ou appareils :

a. Appareil digestif : choléra nostras, diarrhée des nourrissons, appendicite; parfois des amygdalites, des abcès du foie.

b. Voies biliaires : angiocholite suppurée (fréquemment), ictère bénin ou infectieux (fréquemment), peut-être lithiase biliaire.

c. Voies urinaires : cystite, pyélonéphrite, infection urinaire : le Colibacille paraît être l'agent habituel de ces diverses manifestations morbides. C’est lui qu’on avait décrit antérieurement sous le nom de bactérie urinaire (Clado) et de bactérie pyogène de la vessie.

d. Voies génitales : métrite, salpingite.

e. Appareil respiratoire : pleurésie, bronchopneumonie.

f. Appareil circulatoire : endocardite infectieuse (Gilbert et Lion), péricardite, phlébite.

g. Système nerveux : méningite.

h. Appareil locomoteur : ostéite.

1. Tissu cellulaire : phlegmon, phlegmon gazeux. Le Bacillus, pyogenes fœtidus de Passet, agent des phlegmons gazeux, est identique au Colibacille.

Chez l'animal. — Le rôle pathogène du Colibacille est, jusqu'ici moins étendu. On lesignale particulièrement dans la diarrhée des veaux, l’entérite de la vache (Jensen), dans les infections urinaires du chien etdu porc, dans l’ictère épidémique du chien.

Action pathogène expérimentale. — À l'égard des animaux

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de laboratoire, le pouvoir pathogène du Colibacille se montre extrêmement variable.

Virulence. — La virulence est souvent nulle ou très réduite. Les Bacilles pathogènes dans les conditions naturelles(chez l'homme ou l’animal) sont d'ordinaire virulents pour lés animaux de laboratoire.

Les maladies de l’iñtestiñ (Lesâge et Macaigne, toutes les maladies fébriles en général (Bard ét Aubert) fontapparaître ou exaltent la virulence du Colibacille de l'intestin humain.

Mais, d’autre part, un Colibacille de l'intestin d'individus parfaitement sains peut se montrer virulent par inoculation à l’animal.

Pour obtenir un Colibacille virulent (virus exalté), il suffit de faire des passages en série par l'animal (péritoine ou plèvre de préférence). On peut encore suturer l’anus du cobaye (occlusion intestinale) : l'animal succombé rapidement; prélever là sérosité péritonéale, riche en Bacilles virulents.

La description ci-dessous concerne des Bacilles fortement virulents. Des Bacilles virulents à un moindre degré produiraient les mêmes effets, mais à doses plus fortes.

L'animal de choix est le cobaye.

Cobayeé. — Les procédés les plus sévères sont l’inoculation intrapéritonéale et l’inoculation intrapleurale.

Inoculation intraptritonéale. — Quelques gouttes de culture virulente provoquent une véritable péritonite avec hypothermie; mort en moins de vingt-quatre heures. A l’autopsie, on trouve de la péritonite avec exsudats fibrino-purulents, de la congestion viscérale généralisée ; dans l'intestin, un liquide diarrhéique ; il existe de la tuméfaction des organes lymphoïdes (rate, plaques de Peÿer); parfois des ecchymoses (intestin) ou des hémorragies (utérus). Bacille dans le sang et les organes (Rodet et G. Roux).

Inoculation intrapleurale, — Mèmes symptômes. A l’autopsie, pleurésie avec exsudats fibrino-purulents, parfois hémorragiques; épanchement péricardique ; congestion viscérale (poumons, intestin); rate hypertrophiée. Bacilles dans le sang et les organes,

Inoculation sous-cutanée. — Un centimètre cube de culture virulente provoque un abcès au point d’inoculation ; l'animal meurten quelques jours, avec les lésions décrites ci-dessus dans les organes lymphoïdes et dans l'intestin.

Si la virulence est moindre, il Se produit seulement un abces, qui guérit par la suite.

Souris. —— Un peu moins sensible que le cobaye. Mêmes procédés, mêmes lésions.

Lapin, — Moins sensible que le cobaye. A doses plus fortes, on reproduit les mêmes symplômes et les mêmes lésions que chez ce dernier. La résistance relative du lapin explique certaines lésions

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lentes, inconstantes: quelquesjours après l'inoculation, suppurations multiples (ganglions mésentériques, foie, rate) ; quelques semaines après inoculation l’intraveineuse, une poliomyélite antérieure (Gilbert et Lion).

I. Les bouillons de culture, stérilisés par filtration, demeurent toxiques pour les animaux, mais à doses fortes seulément.

IL. Le précipité obtenu par le sulfate d'ammoniaque est un peu toxique (Malvoz). D’après Vaughan, la véritable toxine serait adh6rente au corps bacillaire et ne diffuserait pas (endotoxine).

LL. Les effets des filtrats de cultures paraissent assez nets.

Chez le lapin (Gilbert), l’inoculation intraveineuse d’une dose mortelle est suivie des trois phases suivantes : d'abord parésie, anesthésie, mvdriase, somnolence et même coma ; puis hyperexcitabilité musculaire (secousses convulsives); enfin, myosis, violente contraction tétanique généralisée persistant jusqu’à la mort. À doses ‘moindres, on peut provoquer une intoxication chronique avec diarrhée, le plus souvént mortelle ; à l’autopsie, on trouve parfois des altérations et des éscarres de l'intestin.

Chez le cobaye: par injection intrapéritonéale, hypothermie, collapsus, mort (Boix); invasion du Colibacille intestinal dans le sang (Achard et Renault).

Chez la grenouille (Roger), trois phases successives : parésie d'abord, puis hyperexcitabilité, enfin paralysie.

Colilysine. — Les cultures faites en bouillon acide, filtrées, présentent une hémolysine active sur les globules rouges de chien, de cheval, de bœuf (Kayser). Elle apparaît au deuxième jour pour augmenter jusqu'au quatrième et demeure stationnaire jusqu’au quinzième. Très résistante, elle n’est pas détruite par un chauffage à 120° prolongé pendant trente minutes. Il existe une anticolilysine dans le sérum normal de l'homme et du cheval, de même que dans le sérum de lapins inoculés.

SIÈGE

Le Colibacille peut être rencontré : 19 chez l’homme; 2° chez l'animal ; 3° dans les tissus et organes cadavériques ; 4° dans les milieux extérieurs. x es

A. Chez l'homme. — 1° À l’état normal. — Le Colibacille fait partie de la flore intestinale normale, dont il constitue l'espèce prédominante. [Il est présent dès les premières heures après la nais-

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sance, même avant toute alimentation (Escherich). Il habite en outre les partie inférieures des voies excrétrices des glandes annexes: voies biliaires (Gilbert et Lippmann), voies pancréatiques. :

Il est souvent présent (43 fois sur 100, Grimbert et Choquet) dans la bouche, particulièrement sur les amygdales.

Il fait généralement partie de la flore normale de l’urètre.

20 À l'état pathologique, il se rencontre parfois dans le sang (septi- : cémies), plus souvent dans les diverses manifestations morbides qu'il provoque.

B. Chez l'animal. — Mêmes sièges que chez l'homme.

C. Dans les tissus et organes cadavériques. — Le Colibacille émigre de l'intestin dans les organes et tissus peu de temps après la mort (Würtz et Hermann), et même pendant la période organique (Achard et Phulpin, Beco).

Cette pénétration est favorisée par des circonstances multiples : élévation de la température extérieure, existence de lésions intestinales. Mais ces conditions ont pour seul résultat d'accélérer la migration du Colibacille ; elles ne sont pas indispensables.

Comme conséquence, la constatation du Colibacillesur le cadavre n’a pas de signification pathogénique.

D. Dans les milieux extérieurs. — Provenant des excreta, le Colibacille peut être disséminé partout. Il est souvent rencontré dans les eaux, à peu près constamment dans le lait, souvent dans les aliments les plus divers (légumes, viandes, etc.). Sa présence dans le sol peut être considérée comme constante.

VACCINATION

Expérimentalement, il est facile d'immuniser les animaux contre un Colibacille (Cesaris Demel et Orlandi, Albarran et Mosny, Rodet). Mais le fait a peu d'intérêt pratique, vu le particularisme étroit des différents échantillons de l'espèce.

C. Demel et Orlandi (1891) ont avancé que les animaux vaccinés contre

le Bacille typhique étaient également vaccinés contre le Colibacille, et inversement. Ce fait n’a pas été confirmé.

Le diagnostic bactériologique ne peut être basé que sur la constatation du microbe. Il est souvent nécessaire, en outre, de contrôler son action pathogène par la recherche des propriétés sériques.

Recherche du microbe.— !. Pour chercher le Colibacille dans

le sang, on s’adressera aux procédés habituels d’hémoculture (Voy. chap. Analyses bactériologiques).

11. L'isolement du Colibacille dans les pr MORE pathologiques est extrêmement facile; pour le pus (cholécystites, par exemple), on peut se contenter de simples isolements sur gélose. La recherche dans les produits habituellement très impurs (cystites), et surtout dans les selles, sera facilitée par l’emploi de procédés spéciaux (Voy. chap. Bacille Typhique).

IT. L'identification du Colibacille ne présente aucune difficulté.

Interprétation des résultats. — I.Le Colibacille étant un agent habituel d'infections cadavériques, la constatation de sa présence sur le cadavre n’a aucune signification.

IL. La présence du Colibacille dans le sang, pendant la vie, est toujours un fait pathologique. Il sera toutefois prudent de s'assurer qu'il n'existe pas en même tempsun autre microbe (Bacilletyphique en particulier).

III. Dé même, la présence du Colibacille, pendant la vie, dans les organes qui lui sont normalement fermés (poumons, foie, vésicule biliaire, etc.) suffit à caractériser une infection colibacillaire.

IV. En ce qui concerne les organes ou tissus qui peuvent héberger normalement le Colibacille (vessie, intestin, bouche), Le rôle pathogène du Colibacille peut être affirmé s’il existe une lésion grossière (cystite, angine) dont la culture donne exclusivement le Colibacille. En tout autre cas, avant de conclure à une infection colibacillaire,

il faut constater la présence dans le sérum d'anticorps spécifiques pour le Colibacille incriminé.

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