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CHAPITRE LXXV ANAPLASMA MARGINALE

Anaplasma marginale, découvert par Theïler en 1908,est l'agent pathogène d une infection qui sévit en Amérique du Sud sur les bovidés et qui se traduit par des troubles anémiques aigus sans hémoglobinurie. Elle est désignée sous le nom de « Galziekte » ou « maladie de la bile ».

L'étiologie spécifique de‘cette dern.ère a éte très discutée : cette infection a tout d’abord été attribuée à tort à Tryp.Theileri, pus à Piroplasma mutans. Ces erreurs d'interprétation avaient pour cause la présence simultanée fiéquente de ces parasites dans lorganisme des bovdés d’Amér que du Sud. C’est à Lignières que revient le mérite d’avoir déterminé ne tement le rôle spécifique d’Anaplasma marginale dans l’étiologie de cette infection spéciale, Ses travaux ont pleinement démontré que, contrairement à ce qu'’avaient pensé certains auteurs, ce parasite élait tutalement différent de Péropl. bigeminum avec lequel, en raison des formes de régressicn présentées par ce dernier, ils avaient cru pouvoir le confondre. L’Anaplasma ne représente aucunement une phase de l'évolution des piroplasmes.

Morphologie. — Anaplasma marginale est un parasite endoglobulaire, siégeant à la périphérie des globules rouges, soit seul, soit associé dans une même hématie, à plusieurs de ses congénères: un globule rouge peut ainsi contenir quatre à cinq parasites.

Ces derniers se montrent sous la forme de petits corps arrondis possédant les réactions de la chromatine et caractérisés par l'absence de protoplasma. Ils se colorent bien par la méthode de Giemsa après fixation au sublimé de Schaudinn. Cette coloration permet de déceler parfois des parasites réunis éntre eux, deux à deux, par un filament (formes en haltères), et de percevoir autour de chacun une sorte de halo qui disparaît avec l’hématie, sous l’action dissolvante de solutions faibles de saponine ou de taurocholate de soude (Sieber).

Action pathogène expérimentale. — Anapl. marginale est inoculable aux bovidés ; l'injection de sang d'animaux infectés pratiquée sous la peau, dans les veines où dans les muscles reproduit la maladie. Le parasite apparaît dans Le sang seize jours après l’inoculation ; au début, 2 à 3 p. 100 des hématies sont parasitées ; au vingt-cinquième jour, le taux atteint 25 p. 100. Vers le tren-

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tième jour, des parasites ectoglobulaires apparaissent ; au quarantième jour le sang n’en contient plus. On le retrouve également dans la rate où il persiste après sa disparition du sang circulant. Les ganglions lymphatiques en sont dépourvus.

Lignières a montré la réceptivité des moutons et des chèvres. Ces animaux ne présentent d’ailleurs à la suite de l’inoculalion aucun des symptômes, ni aucune des lésions caractéristiques de l’anaplasmose ; on note parfois cependant une hyperthermie de 40 à 41° pendant un à deux jours seulement; de plus, aucun parasite n’est perceptible dans les hématies. Ce parasite existe cependant, car l'injection à des bovidés du sang de moutons et de chèvres ainsi infectés leur transmet l’anaplasmose.

Cette propriété spéciale a été utilisée par Lignières pour réaliser une anaplasmose pure en partant du sang d’un animal infecté à la fois par un ‘piroplasme et l’Anaplasma. En effet, l’inoculation de P. bigeminum et argentinum sur les moutons et les chèvres reste négative. 11 suffit dès lors d’injecter à un mouton ou à une chèvre le sang de l'animal infecté par un piroplasme et Anaplasma, puis, un à deux mois après, le sang du mouton ou de la chèvre à un bovidé, pour déterminer chez ce dernier une anaplasmose pure. Cette méthode peut donc être utilisée pour le diagnostic.

Les autres animaux (cobaye, lapin, porc, cheval) sont réfractaires.

Dans les conditions naturelles, l’anaplasmose se transmet d’animal à animal par Boophilus decoloratus.

Immunité. — Une atteinte d'anaplasmose confère une immunité très forte contre des atteintes ultérieures de cette affection; l’immunité est nulle vis-à-vis des piroplasmoses, et vice versu.

Cette particularité accuse davantage les différences de spécificité qui existent entre les deux parasites.

Essais de vaccination. — Lignières à réalisé la vaccination anti-anaplasmique d’après les bases suivantes:

L’injection aux bovidés du sang de moutons et de chèvres infectés comme il a été dit détermine une anaplasmose grave ou bénigne.

Dans ce dernier cas, les bovidés acquièrent une immunité solide contre un Anaplasma très virulent.

En choisissant les parasites d'emblée les moins virulents, ou pro: venant de bovidés guéris depuis longtemps, et en les faisant passer sucessivement par le mouton ou la chèvre, on obtient une certaine fixité dans l'atténuation du parasite. Ce dernier peut être alors utilisé pour la vaccination des bovidés.

Cette méthode pratiquée sur de nombreux producteurs bovins de l'Argentine a déjà donné d'excellents résullats.

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