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FIÈVRE DE TROIS JOURS OU FIÈVRE A PAPPATACIS

La fièvre dite de « trois jours » sévit dans les climats chauds, tropicaux et subtropicaux. En Europe, son foyer le plus important est l’Herzégovine ; elle est fréquente en Dalmatie, en Italie ; on la signale à Malte, au Caire, en Crète, à Shangaï, aux Philippines.

Reproduction expérimentale de l'infection. — Du sang prélevé Le premier jour de l'affection est inoculé, à la dose de Oce,5, sous la peau de sujets sains; après une incubation de que'ques jours, ces derniers présentent tous les symptômes classiques : frissons, fièvre, pros'rafion avec douleurs vives dans les membres.

Il résulte de telles expériences que la fièvre de trois jours est une infection transmissible et sûrement parasitaire. Le virus se trouve en circulat'on dans le sang. L'expérience montre qu'il n’y persiste que durant quarante-huit heures.

Nature du virus. — L'hémoculture ne donne que des résultats négatifs. Dœrr pensa qu'il s'agissait d'un virus invisible.

Dans ce but, ilfiltra sur bougie Berkefeld du sérum de sujets infectés spontanément, et il inocula sous la peau de deux sujets sains 0cc,14 à l’un et 0CC,28 à l’autre. Six jours après, ils présentèrent tous deux le tableau classique de l’affection.

Par conséquent ce virus invisible traverse les filtres.

Mode de transmission. — Taussig, se basant sur des données épidémiologiques, pensa que la fièvre des trois jours n'élait pas con-

tagieusé par contact interhumaindirect, mais transmissible d'homme à homme par l'intermédiaire d’un insecte, connu dans les régions où la fièvre sévit : le Phlebotomus pappataci.

Dœrr démontra expérimentalement le bien-fondé de cette hypothèse : il recueillit des pappatacis et leur fit piquer des malades au premier jour de l'infection; ces insectes furent envoyés à Vienne, où la fièvre était inconnue; là, des soldats indemnes, de bonne volonté, s'exposèrent aux piqüres de ces pappatacis supposés infectés ; après quatre à six jours d’incubation, ils présentèrent tous Les symptômes de l'infection naturelle.

Le Phlebotomus pappataciest donc le convoyeur du virus invisible de la fièvre des « trois jours ». Dœrr montra dans la suite que la piqüre de ces insectes ne devenait infectante que huit jours environ après leur contamination par les malades. Il existe là une analogie frappante avec ce que nous connaissons de la fièvre jaune, où le virus doit subir, dans le moustique, une métamorphose avant de pouvoir déterminer l'infection.

Des expériences faites en 1918, en Australie, où la dengue était apparue, il résulte plusieurs données nouvelles mises en évidence par Burton, Cleland, Burton Bradley et W. Mac Donald.

La dengue peut être transmise expérimentalement d'homme à homme par inoculation sous-cutanée de sang prélevé en période fébrile. Après cinq à neuf jours d’incubation l'infection se déclare, analogue à la dengue contractée dans les conditions naturelles. L'inoculation peut se faire .en série; quatre passages ont pu être effectués avec succès.

L'inoculation peut encore être réalisée par des Stegomyia fasciata ayant piqué des sujets atteints de dengue. D'ailleurs, en Australie, le champ de l'épidémie s’est trouvé être en parallélisme étroit avec la répartition de ce moustique.

Un certain nombre de ces insectes, capturés au voisinage d’habilations où sévissait la dengue et ayant piqué des malades, ont été transportés dans une région indemne. Ils ont pu communiquer l'infection à quatre personnes sur sept soumises aux expériences de transmission, après quatre à sept jours d’incubalion. Leur sang inoculé sous la peau de sujets sains a reproduit l'infection chez ces derniers.

D'après Lasinder et Edw. Francis, Culeæ faligans jouerait le même rôle.

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Le virus, invisible, se trouve donc siéger dans la circulation; il semble apparaître le deuxième ou troisième jour de la maladie et persister jusqu'au dixième jour ou douzième jour. Le sang conservé dans un endroit frais peut être encore infectieux pendant au moins sept jours.

Traverse-t-il Les filtres ?

Sur cinq expériences, une seule a donné un résultat positif. Il semble donc qu'il ait ce pouvoir.

L'expérience montre en.outre que le virus existe dans le caillot de coagulation du sang; des globules rouges lavés légèrement ont donné, en inoculation, un résultat positif sur trois. De nouvelles recherches s'imposent pour achever d’être renseigné sur ces divers points qui semblent n'avoir été qu’effleurés.

Signalons encore qu'une première atteinte confère l’immunité contre une inoculation expérimentale, pratiquée vingt-quatre jours après la guérison.

VIRUS DU TRACHOME.

En 1908, Bertarelli démontrait la tiltrabilité du virus du trachome. Le résultat de ses expériences a été confirmé en 1912, par Ch. Nicolle, Blaizot et Cuénod : le produit broyé du curetage des conjonctives est filtré sur une rondelle de terre d’infusoires taillée dans une bougie Berkefeld et cimentée au bout d’un tube de verre, puis injecté au chimpanzé et au magot (Macucus innuus); on reproduit ainsi chez ces derniers les granulations caractéristiques. Elles apparaissent après huit à dix jours d'incubation au même siège électif que chez l'homme; elles prennent leur aspect typique vers la troisième ou quatrième semaine, puis régressent pour disparaître vers le troisième mois.

L'infection peut se produire par simple dépôt des larmes sur la conjonctivite excoriée, ou même par simple contact sur une conjonctive indemne ; en ce dernier cas, les lésions sont discrètes : hyperémie et infiltration au lieu d'élection, sans granulation.

L’affection se transmet par la mouche domestique.

D'après Ch. Nicolle, Blaizot el Cuénod, le trachome expérimental confère l’immunité vis-à-vis d’une réinoculation, à condition que celle-ci soit faite après guérison tolale. Les auteurs ont également pu préserver un magot d’une inoculation infectante, en lui injectant préventivement, à plusieurs reprises, du virus trachomateux dans les veines. |

De même le trachome subit une amélioration nette à la suite d'injections intraveineuses de virus trachomateux. |

Noguchi et Cohen déclarent avoir obtenu des cultures positives en partant du tissu de granulation, et en employant les milieux usités pour la culture des spirochètes. Ils ont obtenu ainsi des formations granuleuses de dimensions et de forme variables, se colorant bien par le Ziehl, le violet de gentiane, mais surtout le Giemsa.

Ces cultures, inoculées à des macaques et des papions, n’ont donné que des résultats négatifs.

Le virus de la vaccine semble bien appartenir à cette classe des germes invisibles ; c’est ce qui résulte des travaux de Rouget, Remlinger, Carini, Negri. |

On recueille sur une génisse de la pulpe vaccinale fraîche: on la broie et on y ajoute dix à douze fois son poids d’eau: on filtre l’émulsion obtenue à travers une bougie Berkefeld V. Le filtrat, inoculé sous la peau d’une génisse saine, à la dose de 40 centimètres cubes, à donné à Rouget 4 résultats positifs sur 10,

Carini, Negri ont montré qu'il était préférable de laisser macérer la pulpe vaccinale broyée dans l'eau stérile; après un séjour de quarante-huit à soixante-douze heures à la glacière, on broie de nouveau, ‘puis on la laisse à la glacière pendant deux semaines. On filtre alors sur coton, puis sur papier, puis à travers la bougie.

Un tampon d’ouate hydrophile imbibé de ce filtrat est mis en contact pendant dix heures avec la corñée scarifiée d’un lapin. Une pustule vaccinale prend naissance; son contenu peut être inoculé avec succès à la génisse (Negori).

Le contact de ce tampon avec la peau rasée d’un lapin donne les mêmes résultats (Remlinger et Osman Nouri).

La clavelée est une affection contagieuse spécifique atteignant le mouton, el caractérisée par une éruption pustuleuse (claveau), qui siège au niveau de la peau et des diverses muqueuses.

Seuls les pustules et leur contenu sont virulents:; c’est par les poussières du claveau desséché que la contagion s'opère le plus géné. ralement. D'après Nocard, le sang n’est jamais virulent.

Nature du viras.— Borrel a démontré que la clavelée était du g à un germe traversant la bougie Berkefeld: le produit de raclage d'une pustule mis en suspension dans 100 centimètres cubes d’eau,

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puis filtré et inoculé au mouton, lui donne la clavelée. Le virus traverse les pores de la bougie Berkefeld; ceux de la bougie F Chamberland le retiennent.

Immunité.— On peut conférer l’immunité anticlaveleuse par la clavelisation : on vaccine le mouton en provoquant chez lui une atteinte bénigne de clavelée par inoculation de claveau à la face interne de l’oreille ou au niveau de la queue.

On a reconnu que cette vaccination pouvait être dangereuse, car, sur le nombre des moutons clavelisés, certains (1 à 40 p. 100) coutractent une clavelée grave et succombent.

Borrel a cherché alors les moyens d'effectuer l’immunisation passive: à des moutons guéris de la clavelée, il inocule à plusieurs reprises le contenu de pustules d’inoculation: il obtient ainsi un sérum qui présente des propriétés préventives et curatives. Son application préserve de la clavelée, mais la durée de l’immunité est minime.

Bridré et Broquet ont utilisé avec suecès la vaccination par virus sensibilisé; voici leur technique et Les résultats obtenus :

La pulpe claveleuse est broyée à l'appareil Latapie. Le produit du broyage, dilué au cinquième dans l’eau physiologique, est passé surtarlatane. Ce filtrat grossier est centrifugé pendant deux heures et mis en contact avec 3 à 4 volumes de sérum anticlaveleux. On laisse en contact pendant trois jours à la température du laboratoire; on centrifuge, et le culot est dilué dans Peau physiologique (2 centigrammes par centimètre cube d’eau salée).

Le liquide trouble qui surnage est le vaccin anticlaveleux.

On injecte sous la peau du mouton 0cc,25 de ce vaccin. Versle cinquième jour, il présente unelégère réaction fébrile et une réaction locale, variable suivant l'âge du sujet. En deux ou trois jours, l'œdème a disparu. La lésion vaccinale ainsi provoquée reste close: s’il se forme une croûte superficielle, celle-ci ne se montre en aucune façon virulente.

Cette vaccination confère l’immunité au bout de quarante-huit heures ; celle-ci dure au moins cinq mois. Elle ne comporte aucun danger pour l'animal: les animaux vaccinés peuvent être laissés en contact avec les sujets sains sans danger de contamination pour ces derniers. La méthode peut donc être employée en milieu épidémique.

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