‹ Précis de bactériologieChapitre 169 sur 197 · VIRUS DE LA FIÈVRE APHTEUSE · texte numérisé non relu

VIRUS DE LA FIÈVRE APHTEUSE

effectué avec un objet chargé de liquide des pustules, suffit à déterminer la fièvre aphteuse.

Siège du virus. — La sérosité des aphtes qui se développent sur les muqueuses est virulente; il en est de même de toutes les sécrétions avec lesquelles elle se mélange lors de la rupture des phlyctènes : jetage, salive, etc.

Le lait est virulent ; d’après Ch. Lebailly, la virulence se montrerail même avant FH Te des aphtes.

Nature du virus. — On a décrit des microcoques divers comme agents pathogènes de la fièvre aphteuse. Il s'agissait sans doute d'impuretés des téguments.

Lôffler et Frosch ont montré que le microscope et les cultures ne peuvent déceler aucun germe dans le liquide séreux des pustules, et cependant ce dernier inoculé confère la fièvre aphteuse ; ils ont apporté la preuve la plus évidente de l’existence, dans ces pustules, d’un germe invisible, (traversant les filtres:

À 1 partie de sérosilé aphteuse on ajoute 39 parties d'eau stérile; on filtre le mélange sur bougie Berkefeld : 4 centimètre cube de filtrat est injecté dans les veines d’un veau; celui-ci contracte une fièvre aphteuse (ypique. Le résultat est identique quand on fait passer le filtrat à travers deux ou trois bougies successives. Le virus est arrêté au contraire par le filtre de Kitasato et la bougie B Chamberland.

La lymphe des pustules, conservée en tubes scellés, est encore virulente après le quatorzième jour; filtrée et conservée à la glacière, elle conserve ses propriétés pendant trois à quatre mois.

La dessiccation lui fait perdre son activité en vingt-quatre heures à la lumière du jour. Un chauffage de 50° pendant un quart d'heure, à 70° pendant dix minutes, tue fatalement le virus.

Il résiste fort peu à l’action des antiseptiques.

Immunisation. — Par l'inoculation intraveineuse de 1 centième à 1 dixième de centimètre cube de lymphe chauffée à 37,5 pendant douze heures, Lôffler et Frosch ont obtenu l'immunité dans 30 à 50 p. 100 des cas.

Siegel a montré que le sérum d'animal atteint de fièvre aphteuse, recueilli lors de l’éruption pustuleuse, possède des propriétés préventives. Injecté à des sujets sains, ce sérum empêche les effets d’une injection virulente ultérieure.

Lôffler et Frosch, en pratiquant des injections intraveineuses répétées de Iymphe virulente, ont obtenu un sérum qui serait doué de propriétés préventives. Ils l’ont utilisé pour la vaccination ep mélange avec du virus (séro-vaccination par la séraphtine),

1060 MICROBES ULTRAMICROSCOPIQUES.

à la dose de 10 à 20 centimètres cubes. Ce procédé est irrégulier dans ses effets, voire même dangereux, Car un certain nombre d'animaux ainsi traités contractent la fièvre aphteuse.

Des essais de vaccination passive ont été tentés à l’aide du sérum seul; Lôüffler et Uhlenhuth estiment que, si elle est impraticable chez le bœuf, elle peut être utile chez le mouton et le porc.

D'après Ch. Lebailly le sérum ou le sang citraté d'animaux guéris est préventif pendant vingt-cinq jours; il serait également curatif ; si l'on intervient au début des aphtes, il atténuerait les symptômes.

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