VIRUS DE L’'AGALAXIE CONTAGIEUSE DE LA BREBIS ET DE LA CHÈVRE
IL résulte des recherches entreprises par une foule d'auteurs, mais plus spécialement par Celli et de Blasi, en Italie, Carré, en France, que l'agalaxie est contagieuse par l'intermédiaire du lait qui présente des altérations caractéristiques.
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Celli et de Blasi ont établi que le virus était invisible et traversait les filtres.
Avec le lait filtré sur Berkefeld on peut reproduire l’agalaxie par inoculations dans le tissu mammaire ou le sinus galactophore, de même aussi dans la cornée ; la lésion oculaire peut être produite à la suite d'injections sous-cutanées, ou cornéennes ; l’arthrite par injection intraarticulaire; enfin tout le cadre de l'affection peut être réalisé par l'inoculation sous-cutanée ou intraveineuse, oculaire ou endoarticulaire.
Ce virus est labile: à 15° dans l'obscurité, il s’atténue en moins de deux mois.
Rocco Marra et N. Cocciante ont montré que le virus siégeait dans le sang au moment de l'élévation thermique.
Dans les conditions naturelles, les animaux se contaminent en absorbant le virus par les voies digestives. L’expérimentation confirme cette donnée, comme elle démontre aussi la possibilité de la transmission par la traite ; il suffit en effet de déposer le virus à l'entrée d’un trayon pour infecter une chèvre ou une brebis.
Carré a réussi à provoquer une véritable culture in vivo, en provoquant chez l'animal la production d’un exsudat pleural abondant, à la suite d'injection intrapleurale de gluten-caséine et de virus. On obtient ainsi 2 litres à 2 litres 1/2 de sérosité virulente.
Une première atteinte donnel’immunité. Celle-ci, chezles animaux guéris, peut être renforcée par l'injection de cette sérosité plus riche que les filtrats. Le sérum des animaux ainsi hyperimmunisés est préventif; 10 centimètres cubes suffisent pour protéger contre l’action nocive de plusieur repas infectants.
Enfin, l'injection sous-cutanée de virus et du sérum vaccine les brebis et les chèvres contre l'infection expérimentale.
« BACTERIOPHAGUM INTESTINALE ».
Ce germe ultramicroscopique, découvert en 1917 par d'Hérelle dans l'intestin des dysentériques, se différencie nettement des précédents. C’est un parasite intestinal, invisible, qui manifeste sa virulence, non pour l’homme ou les animaux, mais pour plusieurs microbes pathogènes aux dépens desquels il se développe et qu’il détruit. Il intervient donc dans la défense du tube digestif.
On peut facilement le mettre en évidence au cours de certaines infections intestinales et surtout sur le déclin de la dysenterie bacillaire.
On ensemence I à I! gouttes de selles diarrhéiques d'un dysen-
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térique convalescent dans 20 centimètres cubes de bouillon; après dix-sept heures à l’étuve à 379, on filtre sur bougie Chamberland L,: on obtient un filtrat privé de bactéries visibles, mais qui contient le Bacteriophagum intestinale. {1 suffit en effet d'ajouter une trace de ce filtrat à une culture en bouillon de bacilles de Shiga, pour que ce germe Shiga soit tué, puis lysé dans un laps de temps variant de quelques heures à quelques jours, si bien que le bouillon redevient absolument clair. Ce milieu devenu clair représente une culture de Bacteriophagum intestinale, développée aux dépens du bacille de Shiga.
Alors que le bacille de Shiga succombe à l’action d’un chauffage à 56° pendant une heure, ce germe invisible résiste à un chauffage à 650 pendant le même temps.
Ce germe bactériophage est indéfiniment repiquable à condition d'être repiqué chaque fois dans une culture de bacille de Shiga. L'extrémité d'un fil de platine trempée dans la culture de Bacteriophagum intestinale, soit un millième de centimètre cube, suffit à des centaines et sans doute à des milliers de repiquages successifs.
On peut encore le mettre en évidence, peut-être mieux, en utilisant une culture jeune sur gélose ordinaire. D'Hérelle se sert plus vo:onliers de ce procédé quand, au sortir de l’étuve, le filtrat, au lieu d’être clair, est encore un peu louche.
On en prélève alors une goutte que l’on étale à la surface d’un tube de gélose inclinée, porté à l’étuve à 370 pendant vingtquatre heures. | +
Sile Bact. intestinale est absent des selles, on obtient une culture normale de bacille de Shiga: la gélose est uniformément recouverte de la couche continue habituelle de culture.
S'il est présent, mais peu virulent, la couche de bacilles de Shiga présente une ou plusieurs taches vésiculaires où la gélose est à nu, sans culture; on observe en réalité des trous dans la culture, correspondant au développement d’une colonie de Bacteriophagum intestinale qui se montre ainsi en « négalif ».
C'est surtout dans les dysenteries bacillaires graves au début de leur amélioration, ou dans les cas très légers, que l’on trouve le plus facilement le Bacteriophagum intestinale. Dans les dysenteries prolongées, il n’a qu’une action nulle ou très faible, qui devient brusquement forte au moment où survient une amélioration. Le pouvoir bactériophage disparaît brusquement des selles au moment de la convalescence, quand le bacille de Shiga disparaît lui-même.
Cette action bactériophage n'existe pas seulement pour le bacille de Shiga; elle peut arriver à s'exercer vis-à-vis des bacilles de
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Flexner et de Hiss en le cultivant en symbiose avec ces derniers. D'Hérelle à encore observé ses effets dans la fièvre typhoïde, au moment où les symptômes subissent une amélioration définitive. L'apparition de sa virulence pour le bacille d’Eberth est généralement précédée d’une exaltation de celle-ci pour le colibacille.
De plus la virulence s'exerce également vis-à-vis des bacilles paratyphiques. |
Enfin, d’'Hérelle à vu la virulence du Bacteriophagum intestinale se manifester sur Bacillus sanguinarum de Moore, agent pathogène de la typhose aviaire.
La typhose aviaire donne chez les poules une mortalité considérable; dans les cas mortels, le Bact. intestinale est absent. Quand, exceptionnellement, elles guérissent, la guérison s'annonce par l'apparition, dans les matières fécales, d’un pouvoir bactériophage très marqué pour le germe pathogène.
Chose curieuse: quand une poule gravement atteinte guérit, l’épizootie s'arrête brusquement dans la basse-cour ; d'Hérelle admet alors que le bactériophage s’est transmis à toutes les poules, de sorte que l’immunité serait contagieuse au même titre que l'infection elle-même.
D'après d'Hérelle, ce germe existerait également en dehors de toute infection intestinale, chez tout individu normal, par conséquent. J. Dumas l’a mis en évidence dans la terre el dans l’eau.
D'Hérelle s’est demandé, en outre, si ces phénomènes de bactériophagie étaient tributaires d’un microbe bactériophage unique, susceptible d'acquérir par accoutumance la faculté de se développer aux dépens de telle ou telle bactérie, ou s’il existait des espèces distinctes de ce germe, chacune d’elles étant douée électivement d'un pouvoir bactéricide vis-à-vis d’une bactérie déterminée. Or, il a constaté qu’un bactériophage isolé des déjections d’un convalescent de dysenterie conservait une action bactéricide pour le bacille d'Eberth après de nombreux passages, au cours desquels il s'était développé uniquement aux dépens du Shiga. Toutefois il déclare n'avoir jamais isolé deux souches semblables de ce germe ; les unes sont douées de ce pouvoir sur plusieurs bacilles, dysentériques, typhique, paratyphiques, colibacille, mais à des degrés différents d'intensité; d’autres n’attaquent qu’une espèce bactérienne, d'autres en attaquent deux; toutes les combinaisons sont donc possibles.
IL est à remarquer, par ailleurs, que ce germe ne détruit que les bacilles vivants; il ne s'attaque pas aux bacilles morts, si bien
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qu'une culture datant de plusieurs jours, où un certain nombre de bacilles de Shiga a succombé, ne s’éclaircit pas complètement.
D'autre part, si le virus bactériophage est de faible virulence, il est insuffisant pour lyser tous les germes d’une culture; il en respecte un certain nombre ; le liquide qui s'était éclairci sous l'influence de la Iyse se trouble à nouveau légèrement à la suite de la multiplication des bacilles restés intacts. Ces derniers présentent des formes d’involution et sont inagglutinables par le sérum spécifique. Mais, après repiquage ils donnent des germes normalement
agglutinables et se laissant facilement bactériophager.
T. Kabeshima interprète autrement ce qu’il nomme le « phénomène de d’Héreile ». Pour lui il ne s’agit pas d’un agent figuré, mais d'un ferment spécial, d’un catalyseur. Le fait qu’une quantité très minime du produit suffit à dissoudre une grande quantité de bacilles {phénomènes de digestion sans doute), puis cet autre qu'il résiste à une température de 700 pendant une heure, de même aussi à l’action de l’acétone, de l’éther, du fluorure sodique, substances notoirement antiseptiques, semblent devoir militer en faveur de sa conception.
Pour J. Bordet, le phénomène résulterait d’une défense de l’organisme et notamment d'une activité particulière des exsudats leucocytaires.
D'après les recherches de Salimbeni, le « bactériophage » est un myxomycèle qu’il à pu isoler et cultiver.
AUTRES VIRUS ULTRAMICROSCOPIQUES.
VIRUS DE LA PESTE BOVINE. — La peste bovine est une maladie infectieuse inoculable, se manifestant par un état typhoïde grave. Elle sévit sous forme épidémique, atteignant de préfé’ence les bovidés.
Le sang, la lymphe, toutes les sécrétions normales etpathologiques sont virulents ; leur inoculation à un animal sain reproduit sûrement l'affection. Le mouton n'est insensible qu'en apparence; l'expérience montre que, sans réagir à l’inoculation, il conserve le virus; une émulsion de ses organes injectée à un bovidé reproduit l'infection chez ce dernier.
Nicolle et Adil-bey ont montré que le virus spécifique était invisible et incultivable ; le liquide virulent, dilué préalablement et filtré à travers une bougie Berkefeld, détermine l'infection après inoculation. D'après Scheïn, 1e virus siège dans les éléments figurés du sang.
Des essais de séro-vaccination ont été tentés récemment ; les résultats ne paraissent pas encore définitifs.
VIRUS DE LA PESTE DES OISEAUX. — Maladie infectieuse, inoculable, sévissant chez les poules, étudiée en Italie par Centanni, Maggiora et Valenti, retrouvée ensuite dans le Tyrol et en Belgique. Les animaux présentent de l'inappétence, de la somnolence ; ils se tiennent, les plumes hérissées,
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dans un coin de leur cage: la crête devient violacée; la température s'abaisse à 30°; ils succombent entre le troisième et le huitième jour.
Le sang et les organes sont virulents ; il suffit de piquer une poule saine avec une aiguille trempée dans le sang de poule malade pour qu’elle contracte l'infection et meure en trente à trente-six heures. .
Le lapin est réfrac'aire, ce qui différencienettement cetteinfection d’avec le choléra des poules, avec lequel la peste des oiseaux semble présenter beaucoup d’analogie.
Le microscope et les cultures sont incapables de déceler le virus. Le sang et la pulpe d'organes, dilués puis filtrés sur bougies Berkeleld et Chamberland F, sont virulents.
On peut vacciner la poule en lui injectant dans les muscles 10 centimètres cubes de virus resté trois jours à l’étuve à 46-470 (Jouan et Staub}). Le sérum de cet animal ainsi vacciné est préventif : inocu'é vingt-quatre heures avant le virus, il protège la poule.
VIRUS DE LA MALADIE DES CHIENS. — Carré a démontré que le filtrat du Jetage des chiens atteints de la « maladie des chiens » injecté à des jeunes chiens, pouvait reproduire chez eux l'infection.
VIRUS DE L'ANÉMIE PERNICIEUSE DU CHEVAL. — D’après Carré et Vallée, le sang des chevaux atteints de cette affection contient un virus invisible qui traverse les bougies Berkefeld V et Chamberland F et B. Le sérum provenant d'un cheval malade additionné de 4 parties d’eau physiologique et filtré, injecté, à la dose de 500 centimètres cubes de ce mélange, dans la veine d’un cheval sain, reproduit une anémie rapide se traduisant par les mêmes symptômes que l'affection contractée dans les conditions naturelles. L'expérience réussit mieux quand on filtre sur une bougie spéciale, plus poreuse que les précédentes,
VIRUS DU HORSE SICKNESS. — Infection sévissant en Afrique du Sud sur les chevaux qui passent la nuit en plein air, alors que ceux qui sont abrités dans une écurie bien close restent indemnes. C’est d'ailleurs ce qui a fait supposer qu’elle était transmissible par des insectes piqueurs. Elle est inoculable; le virus est contenu dans le sang et la sérosité qui: se développe dans le tissu cellulaire sous-cutané de la tête et de l’encolure.
Aucune forme microbienne n’y est perceptible, mais ces humeurs, diluées dans trois fois leur volume d’eau, sont encore virulentes après filtration sur bougie Berkefeld ; d'après Nocard, le filtre Chamberland arrête au passage le germe supposé. Mac Fadyean a observé cependant la virulence de ces produits après filtration sur bougie F Chamberland,