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TOXINE CHOLÉRIQUE

Dès 1883, Koch attribuait le choléra à un empoisonnement aigu, dû à l'absorption d’une substance toxique élaborée dans lintestin par le Vibrion cholérique. De nombreux travaux ont, depuis lors, été consacrés à la mise en évidence et à l'étude de la toxine cholérique.

Petri prépara une toxine soluble qui résistait à la température de 1000. 11 l’obtenait par filtration de cultures de Vibrions en solutions peptonées à 10 p. 100. Le filtrat tuait le cobaye en injection péritonéale à la dose de 2 centimètres cubes, en provoquant tous les phénomènes connus de l’intoxication cholérique. Il assimilait cette toxine à une toxopeptone.

En 1892, Gamaleia cultive le Vibrion cholérique en bouillon de pied de veau : après un séjour de deux semaines à l’étuve à 37°, il abandonne les cultures à la température du laboratoire pour laisser macérer les corps microbiens et permettre aux poisons qu'ils contiennent de diffuser dans le liquide. Dans ce liquide de macération, il trouve deux poisons : l’un thermolabile qui provoque de la diarrhée au lapin, lPautre thermostabile, pouvant tuer le lapin sans qu'il présente de diarrhée,

Pour Pfeiffer et ses élèves, la toxine cholérique est un poison contenu dans le corps des microbes, endoloxine qui ne serait mise en liberté qu'après la mort et la destruction des vibrions.

Préparation de la toxine. — Pour préparer une toxine active, il faut avoir recours soit au procédé de Metchnikoff, Roux et Salimbeni, soit à celui de Brau et Denier.

Procédé de Metchnikoff, Roux et Salimbeni. — Les auteurs choisirent tout d’abord un vibrion provenant directement de selles cholériques et n'ayant jamais subi de passage sur les animaux. (Ils ont abandonné la méthode de l’exaltation de la virulence par la méthode des sacs de collodion, ce procédé accroissant la virulence, mais diminuant la toxicité).

Ils emploient comme milieu de culture la solution de peptone à 2 p. 100, additionnée de 2 p. 100 de gélatine, de 1 p. 100 de sel marin.

On chauffe à 100 pour fondre la gélatine ; alcaliniser à raison de 12 centimètres cubes de solulion normale de soude par litre, après neutralisation. On autoclave à 115° pendant vingt minutes ; filtrer sur papier ; stériliser à 110-1120.

Après refroidissement, on ajoute 25 p. 100 de sérum de cheval normal, puis on répartit dans des boites de Roux stériles, à raison de 50 centimètres cubes par boîte. Un nouveau chauffage à 60° pendant trois

heures assure la destruction des substances bactéricides du sérum de cheval.

Pour avoir une toxine active, « il faut réaliser des cullures rapides, très abondantes, et en retirer la toxine avant que celle-ci ne soit modifiée. 1! faut que le milieu soit ens-mencé largement avec des microbes jeunes et en pleine activité, et que la culture se fasse en couche mince et en large surface pour faciliter l’aération» (Salimbeni.)

On ensemence chaque boîte, préparée comme ila été dit, avec le quart de l’'émulsion d’une culture ; mettre à l’étuve à 37°, en couchant les boîtes à plat pour augmenter la surface ; pour augmenter l’aération, on agite chaque jour.

L'expérience montre que la toxicité atteint son maximum au septiéme jour. On filtre alors les cultures obtenues sur papier d’abord, puis sur bougie Chamberland ou Berkefeld.

Procédé de Brau et Denier. — Il permet d'obtenir une toxine à effets plus constants : à 45 centimètres cubes de bouillon Martün gélatiné, on ajoute 45 centimètres cubes de sérum de cheval et 10 centimètres cubes de sang de cheval défibriné, ayant séjourné à la glacière pendant trois semaines après la saignée. La suite de la technique est la même que dans le procédé précédent.

Propriétés de la toxine cholérique. — La toxine cholérique n’est aucunement modifiée par la température de l’ébullition prolongée pendant vingt minutes. A 60° pendant vingt-quatre heures, elle est au contraire très affaiblie. L'air et la lumière l’altèrent rapidement. À la glacière eten tubes scellés, elle garde longtemps son activité.

Elle dialyse à travers les membranes de collodion : comme les autres toxines, elle est PSE ARE par l'alcool absolu et le sulfate d'ammoniaque.

Son action sur les animaux. — Un centimètre cube de toxine, injecté sous la peau ou dans le péritoine d’un cobaye de 200 à 300 grammes, le tue en seize à dix-huit heures. C’est la dose minima mortelle d’une toxine de moyenne activité.

Aussitôt après l'inoculation, d’après Salimbeni, le cobaye est triste, son poil se hérisse; la respiration devient courte, les extrémités se refroidissent, les muqueuses se cyanosent, et il succombe en hyperthermie. L’autopsie montre un léger œdème gélatineux au point d’inoculation ; l'intestin grêle est hyperémié, distendu par un liquide diarrhéique; les viscères sont congestionnés, particulièrement les capsules surrénales.

Le lapin est moins sensible que le cobaye ; Seule l'injection intraveineuse permet d'observer les lésions décrites précédemment; elles sont identiques à celles que présente le cobaye.

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