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CARACTÈRES DISTINCTIFS DES RACES VIBRIONIENNES VOISINES

Avant de fixer la règle à suivre pour l'identification du Vibrion cholérique destinée au diagnostic bactériologique du choléra, il nous faut passer rapidement en revue les caractères principaux des vibrions certainement étrangers au Vibrion de Koch.

Vibrion de Finkler-Prior. — Ce vibrion a été isolé par Finkleret Prior des selles d'un malade atteint d’entérite aiguë, et retrouvé dans les matières de sujets présentant un syndrome Cholériforme,

Les cultures sont semblables à celles du Vibrion cholérique vrai; ses extrémités seraient un peu plus effilées ; mobile, il ne possède qu'un cil.

Les cultures sont semblables à celles du Vibrion de Koch; la culture en gélatine est cependant plus abondante, la liquélaction plus rapide, et il ne forme pas de bulle d’air à la surface (fig. 233). 11 coagule le lait

La réaction indol-nitreuse est p'u intense; elle se produit lentement.

Chez le cobaye, inoculé dans le péritoine, il donne une péritonite mortelle. Injecté dans le muscl: pectoral du pigeon, il le fait succomber rapidement. Chez l’homme, il provoque, par ingestion, de la diarrhée légère.

Vibrion de Deneke. — Isolé d’un vieux fromage par Deneke, ce vibrion présente une morphologie analogue à celle du Vibrion cholé

rique vrai: il liquéfie la gélatine dans les Er mêmes conditions que lui (fig. 233).

La réaction indol-nitreuse est peu marquée; Fig. 233. — A gauche :

Vibrion de Deneke ; à droite: Vibrion de Finkler- Prior (culture en gélatine).

enfin il tue le cobaye par injection intrapéritonéale et le pigeon par injection intramusculaire. Donné en ingestion à l’homme, il provoque de la diarrhée.

Vibrio Metchnikovi, — Ce vibrion, découvert par Gamaleia, est l'agent pathogène d'une infection qui sévit chez les poules à Odessa. Il détermine chez ces animaux de l'abattement et de la diarrhée L’autopsie montre un intestin hyperémié, contenant un liquide jau: âtre, riche en vibrions.

Au point de vue morphologique, il ne se différencie du Vibrion de Koch que par son «ptilude à former des spires de quatre à cinq tours; mobile, il ne possède qu’un cil vibratile. Par ses caractères de culture, il se rapproche étroitement du Bacille virgule ; le lait se coagule en une semaine environ. La réaction indol-nitreuse est très nette.

Chez les jeunes poulets, l'injection sous-cutanée, péritonéale, l’ingestion amènent la mort. Chez le pigeon, l'ingestion reste inefficace, alors que les autres inoculations sont mortelles. L'homme n’éprouve aucun dommage à la suite de l’ingestion de ses cultures.

620 VIBRION CHOLÉRIQUE.

VIBRIONS CHOLÉRIQUES ATYPIQUES OU CHOLÉRIMORPHES.

À côté du Vibrion cholérique vrai, répondant à la description elassique, il est une place à réserver à toute une série de vibrions morphologiquement semblables au Vibrion de Koch, mais en différant par leurs propriétés biologiques et semblant ainsi s’en écarter. On les a nommés « simili-cholériques » ou « paracholériques » sans que celte dernière expression ait la moindre analogie de signification avec les paratyphiques opposés au Bacille d’'Eberth.

On lesrencontre soit dans les milieux extérieurs, l'eau notamment, soit dans les déjections de certains malades, et par conséquent dans. l'intestin, où ils peuvent être décelés soit seuls, soit à côté du Vibrion cholérique vrai.

Quand on les étudie en effet au point de vue de l'agglutination, du phénomène de Pfeiffer, de la réaction de fixation et de l'hémolyse, ils s’écartent sensiblement du vibrion classique.

Dune façon générale, bien que les variantes puissent être assez nombreuses, on peut, semble-t-il, les ranger en trois groupes :

1 groupe: Agglutination et phénomène de Pfeiffer positifs ; réaction de fixation négative ; po positive. | 2° groupe: Agglutination et Pfeiffer négatifs ; fixation et hémolyse posi-

tives. .

3° groupe: Agglutination, Pfeiffer et fixation négatifs ; hémolyse positive.

Et chez lous, la virulence est variable d’un échantillon à l’autre.

Quelle est la signification étiologique de ces germes?

Deux opinions contraires :

19 Certains auteurs estiment tout d’abord qu'ils ne sauraient être différenciés du Vibrion cholérique classique.

Les propriétés biologiques qui semblent les séparer n'ont, disentils, aucun caractère de fixité ; l'agglutinabilité est une propriété qui peut se modifier suivant es circonstances et les conditions de milieu où ils sont appelés à vivre. Crendiropoulo a pu constater sur le même cadavre la présence de vibrions agglutinants exclusivement dans une partie de l'intestin, tandis que l’autre ne renfermait que des non agglutinantsf Chez le même sujet, à quelques jours d intervalle ou en même temps, il a pu déceler des vibrions hémolysants et non hémolysants, donnant la réaction indol-nitreuse et ne la donnant pas, déviant et ne déviant pas le complément.

La pertede l’agglutinabilité est, dans les exemples cités plus hauts, vraisemblablement causée par des réactions inconnues, en rapport avec tel ou tel segment de l'intestin.

VIBRIONS CHOLÉRIQUES ATYPIQUES OU CHOLÉRIMORPHES, 621

Elle peut d’ailleurs être provoquée quand on place le vibrion dans des conditions d'existence différentes. Ainsi, Puntoni a pu transformer en vibrions non agglutinables des vibrions agglutinables, uniquement par un séjour plus ou moins prolongé dans l’eau.

Cette influence n’est d’ailleurs pas égale sur tous les échantillons d'un seulet même germe puisqu'il a vu se transformer ainsi une partie seulement des colonies d'une même souche.

D'auire part, cette agglutinabilité perdue peut être récupérée soit en cultivant des vibrions atypiques en symbiose avec une sarcine jaune (Harowitz), soit à la suite de divers passages : il est vrai qu'avec d'autres souches, la restitution de cette propriété ne peut être réalisée.

Ces faits engagent donc ces auteurs à considérer les vibrions non agglutinables comme des Vibrions cholériques vrais, mais en voie de dégénérescence plus ou moins complète, et passés à l’état de saprophytes; pour eux, les propriétés biologiques qui les caractérisent sont instables ; elles peuvent disparaître sans nuire à l'identité du microbe.

20 En regard de cette conception, une autre semble rallier un certain nombre de partisans.

Pour ces derniers, les auteurs qui précèdent font bon marché de la spécificité habituelle de ces réactions biologiques, auxquelles on a tendance à accorder en général une certaine fixité.

I n’est pas douteux en effet qu’un sérum préparé avec un vibrion non agglutinable par le sérum anticholérique, agglutlinera ce vibrion, et sera dénué d’agglutinines vis-à-vis du Vibrion cholérique. Il en est de même du phénomène de Pfeiffer qui suit {toujours étroitement les phénomènes d’agglutination.

Quant à la réaction de fixation, rien ne prouve encore que la fixation du complément observée avec ces vibrions dits atypiques ne traduise pas, en ce cas, l'existence, dans un antisérum, de sensibilisatrices non D énones autrement dit de Sensthilee tes de groupe ou co-sensibilisatrices.

L’hémolyse, on l’a vu, est un phénomène trop variable, puis-

qu'elle existe parlois avec des vibrions cholériques authentiques, - .

pour qu'on puisse en faire état.

Il est à remarquer, d'autre part, que nombre de ces vibrions non agglutinables sont douésde virulence; ils sontmème parfois plus virulents, à dose égale, que des Vibrionscholériques authentiques. Cette constatation s'accorde mal avec l'idée de vibrions passés à l’état de saprophytes, comme le prétendent les partisans de l’unicité.

D'ailleurs, rappelons que les vibrions d’EI Tor ont été isolés par

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Ruffer, chez des sujets indemnes du choléra, à Alexandrie, où cette infection ne sévissait en aucune facon.

Enfin,comme dans le cas des vibrions isolés par Defressine etCazeneuve des moules des parcsde Brégaillon, lesérum anticholérique ne protège pas contre l’action pathogène de ces germes, alors que le sé’um obtenu avec ces derniers protégeait le cobaye contre leur pouvoir pathogène.

Aussi les partisans de la séparation à établir avec le Vibrion cholérique estiment-ils qu'il y a lieu de faire une distinction sette entre ce dernier et les vibrions « simili-cholériques ». Pour eux, ces derniers sont capables de déterminer des troubles intestinaux ‘analogues à ceux du choléra, de provoquer des entérites cholériformes, mortelles mêmes, mais qui sont étrangères au choléra indien épidémique.

Castellani, qui désigne ces entériles non spécifiques sous le nom de « paracholéra », décrit à part, parmi les plus connus:

1° Le vibrion de Finkler-Prior, qui a été isolé de diarrhées signalées comme symptomatiques de choléra nostras.

2° Le vibrion de Massaouah, isolé par Pasquale en 1895. Ce germe est d’ailleurs pourvu de deux cils terminaux au lieu d'un. |

Dans ce groupe peuvent être rangés des vibrions isolés decertaines eaux en dehors de toute période cholérique.

39 Les vibrions d'El Tor qui sont agglutinés, par le sérum anticholérique, subissent le phénomène de Pfeiffer, sont hémolysants, mais ne fixent pas Le complément.

40 Le vibrion Kegallensis que Castellani a isolé à Ceylan en 1913 de cas cliniquementsemblables au choléra (agglutination nulle avec le sérum anticholérique ; le sérum anti-kegallensis n’agglutine pas le Vibrion cholérique).

Telles sont les deux opinions en présence, sans qu'il soit possible actuellement de les départager. Il se peut d'ailleurs que chacune d'elles comporte une part de vérité; rien n’'empêcherait d'admettre l'existence de vibrions spécifiquement différents du Vibrion cholérique comme aussi de Vibrions cholériques modiliés suivant des condilions de temps etde milieu ; mais le problème n’est pas encore résolu.

Le diagnostic bactériologique du choléra comporte plusieurs épreuves, dont la première est la mise en évidence et l'isolement du vibrion, et la seconde l'identification de ce vibrion.

Recherche. — 1° Examen microscopique. — On prélève un grain riziforme, ou à son défaut une gouttelette de la selle recueillie ; on l’étale sur une lame, et, après fixation, on colore par la méthode de Gram et suraddition de fuchsine diluée à 1 dixième. L'examen microscopique montre, à côté de germes colorés ou non par le Gram, . des bactéries incurvées, teintées en rose pâle par la fuchsine (fig. 234) ayant les caractères décrits plus haut. Dans les cas typiques et récents, ces vibrions peuvent être en culture pure. En d’autres cir-

Fig. 234. — Frottis de selles cholériques (grains riziformes) coloré par le Gram composé. Vibrions décolorés par le Gram et germes de la flore intestinale ayant pris le Gram. constances, ils sont rares et accompagnés d’une foule d'éléments

microbiens appartenant à la flore intestinale normale.

En réalité, cet examen ne donne que des renseignements insuffisants. [l permet de constater l'existence d’une forme vibrionienne, mais sans donner d'indications sur sa véritable nature. Cet examen direct n'a d'autre importance que d'orienter l'observateur. Dans tous les cas, il y a lieu de recourir aux cultures et aux épreuves biologiques destinées à la spécification du germe suspect.

20 Enrichissement. — L'enrichissement a pour but de rendre plus abondantsles vibrions et de faciliter grandement leur isolement ultérieur. On emploie dans ce but des milieux peu nutritifs et

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alcalins, favorisant le développement des vibrions, empêchant dans une certaine mesure celui des autres germes de la flore intestinale banale.

Le milieu le plus employé et le plus simple est l’eau peptonée à 1 p.100, additionnée de 0,5 p. 100 de sel marin et légèrement alcalinisée.

La commission allemande de 1907, instituée pour l'étude bactériologique du choléra, a proposé une modification à ce milieu. |

Peplone dénWitle.,. seen RE 20 grammes. Selitnarin 2, 2e en M GE PRE 20 = Nitrale dePOLASSC AV RE AE RES Ogr, 1 Carbonate de SOU Re Osr,2

Fau distillée es RARE ee 1 000 grammes.

Dans l’un de ces milieux répartis en tubes stériles, on ensemence 1 centimètre cube de déjections liquides. Si elles sont solides (convalescents et porteurs de germes), on en ensemence un volume équivalent, en ayant soin de les diluer et de les émulsionner pour mettre plus sûrement en liberté les Vibrions cholériques qui peuvent y être contenus.

En certains cas où le Vibrion est peu abondant, Gaffky conseille d’ensemencer 5 centimètres cubes de déjections.

Après six heures de séjour à l’étuve à 379, un trouble s’est produit dans le milieu et, à la surface du liquide, un léger voile contenant en grande partie du Vibrion cholérique, mais aussi, en minime quantité, quelques germes associés.

Pour purifier cette culture, réensemencer une parcelle du voile dans un deuxième tube et, après six nouvelles heures, le voile qui s'est développé contient presque exclusivement du Vibrion cholérique. On peut alors, sur ce matériel « enrichi », faire les épreuves d'isolement qui seront décrites plus loin.

On opère d’une façon identique avec le milieu préconisé par Metchnikoff : la solution pepto-gélo-sel : |

Pepione Sèche." RS NÉ 1 gramme.

SOLMRA CIN Re Pot PE Le CAPE + Oer,5 GÉANT ER à RER 2 grammes.

Had dis tiiéss ere D trs. ... 4100 cent-cubee

Alcaliniser légèrement à la soude.

Ottolenghi emploie comme milieu d’enrichissement la bile de bœuf, qui présenterait sur l’eau peptonée cet avantage que les autres germes de la flore intestinale ne se développent pas ou presque pas dans ce milieu. L'isolement du Vibrion n’en est que plus facilité.

Filtrer sur papier de la bile de bœuf fraîche ; ajouter au filtrat 3 p. 100 d'une solution à 4 p. 10 de carbonate de soude cristallisé, et 0,1 p. 100 de nitrate de potasse, Répartir en tubes et stériliser à l’autoclave pendant quinze minutes.

Kraus a récemment proposé de substituer à l’eau peptonée du bouillon additionné de sang alcalinisé (3 centimètres cubes de sang alcalinisé et 6 à 7 centimètres cubes de bouillon neutre). Ce milieu, qui ne doit pas être bouilli, permettrait au Vibrion de cultiver et empêcherait le développement de tous les autres germes.

30 Isolement. — Quelque soit le milieu d’enrichissement employé, il reste à isoler le vibrion qui S'y est développé. On utilise pour cela la méthode connue de l'isolement sur les milieux solides.

Gélose ordinaire. Sur de la gélose coulée en boîte de Petri, ensemencer en stries une anse de platine, chargée d’une parcelle du voile qui s’est formé sur les milieux précédents. Mettre à l’étuve à 370, Au bout de six à huit heures, on voit se développer, si la gélose est fraîche, le long des stries ét sur ses bords, de fines colonies transparentes qui partent sous forme dé rayons. C'est le plus souvent du Vibrion cholérique qui, grâce à sa mobilité et à l’humidité du milieu, a fusé depuis la strie d'enseméncément. Si l'examen microscopique montre qu'il s’agit d'un vibrion, repiquer la colonie suspecte sur les milieux ôrdinaires pour avoir à l'état de pureté une nouvelle culture qui servira aux épreuves d’idéntification.

Ce procédé, s'il convient dans nombre de cas, ne permet pas d'isoler à coup sûr le Vibrion cholérique, car, malgré l’enrichissement préalable, le Bacille virgule peut se trouver mêlé à des bactéries dont le développement étouffe sa culture ; on à ainsi parfois des colonies nombreuses et exubérantes de Colibacilles, et surtout de Proteus vulgaris qui envahissent rapidement toute la plaque, et le Vibriôn cholérique n’est plus isolable. Aussi est-il infiniment plus pratique de recourir âu procédé suivant :

Milieu de Dieudonné.

ce milieu (4), dont voici la préparation :

sur

On mélange parties égales de sang de bœuf défibriné et de solution normale de potasse (56 p. 1000); chauffer à 100° pendant une demi-heure; d'autre part, on prépare de la gélose ordinaire à 3 p. 100, neutre au tournesol; mélanger 7 parties de gélose pour 3 parties de sang-potasse; couler en boîte de Petri.

(1) Si Les selles à examiner sont riches en vibrions, on peut se passer de l'enrichissement et les ensemencer directement, en stries, sur la gélose de Dieudonné, Cette façon dé procéder

. fait gagner un temps précieux pour la réponse à donner. Doprer et SAcQuÉPÉE. — Bactériologie, © édit. 40

626 VIBRION CHOLÉRIQUE.

Sous l'influence du chauffage du mélange sang-potasse, il se forme de l'ammoniaque qui confère au milieu une forte alcalinité et des qualités spéciales.

En raison de la proportion assez grande d’ammoniaque qui s’est formée, le milieu ne peut être utilisé immédiatement : d’après Dieudonné, les boîtes où le milieu a été coulé doivent séjourner plusieurs jours à 37°, découvertes et la face en bas, ou bien étre chauffées cinq minutes à 65°. Un séjour de quarante-huit heures à la température du laboratoire donne les mêmes résultats. Pendant ce temps, la surface de la gélose se dessèche, et l'ammoniaque s’évapore en partie. Le milieu de Dieudonné peut donc être utilisé quarante-huit heures après sa répartition en plaques ; par contre, il ne peut plus l’être cinq à six jours après, car l’'ammoniaque et l’alcalinité qui résulte de sa présence sont fortement diminuées.

Le milieu de Dieudonné présente l'immense avantage de laisser cultiver abondamment les formes vibrioniennes, et au contraire d'empêcher ou de retarder le développement de la plupart des germes qui peuvent leur être associés dans les cultures d’enrichissement. Déjà, vers la huitième ou dixième heure, la culture vibrionienne est nettement caractérisée, alors que le Colibacille, le Bacille typhique, les paratyphiques, le Bacille dysentérique, voire même le Proteus vulgaris n'apparaissent que beaucoup plus tardivement, ou même ne se développent pas. Quelques bactéries cependant peuvent pousser en même temps que les Vibrions : ce sont le Pyocyanique, un Coccus et un Diplobacille ne prenant pas le Gram. Avec un peu d'habitude, il est aisé de reconnaître leurs colonies à l'examen à l'œil nu ou à la loupe : elles sont en général beaucoup plus petites, plus granuleuses que celles des Vibrions.

Il est néanmoins indispensable de prélever une parcelle de ces colonies pour l’examiner au microscope. S'il s’agit de formes vibrioniennes, il faut les identifier par les procédés biologiques; dans ce but, un repiquage en tubes de gélose ordinaire est nécessaire.

À vrai dire, le milieu de Dieudonné présente un inconvénient : c'est de ne pouvoir être utilisé que quarante-huit heures après avoir été coulé en boîtes. Neufeld et Woitte y ont remédié en ajoutant au mélange de sang potassique et de gélose 2 p. 100 d’une solution d'acide lactique à 10 p. 100 ; mais ce milieu ne conserve ses qualités éleclives que pendant quarante-huit heures.

L'emploi du milieu de Dieudonné a d'ailleurs été le point de départ d'un grand nombre de recherches où les auteurs, s'orientant sur le même principe, ont imaginé de nouveaux milieux destinés à le remplacer. Parmi ceux-ci, signalons ceux de Goldberger, d’Aronson, de Lange, etc.

Milieux de Goldberger. — Goldberger a proposé deux milieux :

Gélose glucosée à l'œuf. — a. On bat des œufs dans un égal volume d’eau; le mélange est additionné d’un égal volume d’une solution de 6er,5 de carbonate de soude anhydre dans 100 grammes d’eau. Faire bouillir pendant trente minutes le liquide ainsi obtenu.

b. Dans un litre d’eau, faire dissoudre :

Bétraitidé viande (Liebig}),...........:.:. 3 grammes. D MARIE RNA HT, 10 — MP Me SOdIUM, 254 002. de 5 — se de une en du de bete à 1 — ND cn aus e Sos à OÙ =

Passer à l’autoclave à 100° pendant trois heures, et coulerenflacons, que l’on garde en réserve.

Le milieu définitif s'obtient en mélangeant un volume de la solution «a à cinq volumes du milieu d; couler en plaques. Il est teinté en jaunepaille. à

Les plaques peuvent être laissées à refroidir sans couvercle pendant un quart d'heure, si l'air ambiantn’est pas trop riche en poussières. Sinon, le porter à l'étuve à 379, sans couvercle, mais renversé. On peut l'utiliser aussitôt après.

Ce milieu serait très électif; les vibrions cholériques et cholérimorphes y poussent abondamment; les bactéries de la flore normale des féces n'y poussent que très difficilement.

Gélose à l’infusion alcaline de viande. — a. Ajouter 500 grammes de viande maigre hachée menu dans 500 grammes d’eau; laisser infuser trois heures en remuant deux à trois fois; exprimer le liquide, filtrer sur coton ; neutraliser au moyen d’une solution normale de carbonate de soude (5,3 p. 100 de carbonate anhydre).

Ajouter (pour 100 centimètres cubes d’infusion neutre) 2,5 de carbonate de soude anhydre.

Autoclaver à 100° pendant une demi-heure à une heure: filtrer sur papier, répartir en flacons de réserve; stériliser.

b. Dans 1000 grammes d’eau, faire dissoudre:

Pxtrait de viande, (Liebig}.-.:.,:.,..:2: 10 grammes. NOR ONU RE ER PR PRE 10 —- Dhlorure des s0dium:3. 202... 2... 5 = ni end onon mount à 30 —

Répartir en flacons de réserve; stériliser.

Au moment du besoin, mélanger un volume du milieu a et trois volumes du milieu b. Couler en plaques.

Le milieu est légèrement brun et transparent.

D'après l'auteur, ce milieu est supérieur au précédent ; il les préfère tous deux au Dieudonné.

Autres milieux. — Plusieurs autres milieux ont été proposés par différents auteurs pour tenter de parer aux quelques inconvénients du milieu de Dieudonné ; s'ils se signalent par certains avantages, par contre ils présentent d’autres inconvénients qui ne leur permettent pas, en général, de le supplanter.

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Tels sont les milieux décrits par Pilon (parties égales de sang et de solution de carbonate de soude à 12 p. 100 au lieu de la solution normale de soude ou de potasse caustique), qui permettrait un emploi immédiat, mais quine donne au Vibrion cholérique qu’un développement insuffisant.

Esch, puis Kabeshima ont remplacé le sang par l'hémoglobine.

Aronson a confectionné le milieu suivant :

ADR. 9 D. 100 ES TERRES 100 cent. cubes.

Soude anbydresà 10 p 10022508 GPÈRE Sucre de canne à 20 p.:100.:,..24... 7ce,5

Alcool de fuchsine concentrée......... Occ,4

Sulfate de soude à 40 p. 1400........... Occ, 7

Le milieu de Lange est préparé comme suit :

Solution d’amidon à 5 p. 100......... érroe . 1 partie. AGATTOULFE AR Se 1 000 cent. cubes. } 6 ti Carb. de soude à 10 p. 400. 40 a f PRESS

Identification. — Elle consiste dans les épreuves suivantes:

19 Examen microscopique des colonies isolées, révélant les caractères morphologiques précédemment décrits. Recherche de la mobilité. Constatation des cils vibratiles.

20 Aspect des cultures sur gélatine.

30 Recherche de Ia réaction indol-nitreuse en eau peptonée.

4° Recherche de l’agglutination. — On peut employer pour la recherche de l’agglutination un procédé extemporané qui donne un résultat rapide, ou de préférence l'épreuve classique.

Procédé extemporané sur les déjections. — Dunbar a proposé la technique suivante : |

Sur deux lames, on dispose II gouttes : l'une de sérum anticholérique à 1 p. 500, l’autre de sérum normal à 1 p. 50. Dans chacune d’elles, on émulsionne une parcelle de la matière suspecte. On retourne sur une lame creuse pour faire l'examen microscopique.

Quand les matières contiennent une grande quantité de Vibrions cholériques, on perçoit dans la gouttelette de sérum normal des vibrions trés mobiles ; dans celle qui correspond à l'antisérum, ils sontimmobilisés en quelques minutes. Si l'examen se prolonge, une véritable agglutination est perceptible.

Si la flore vibrionienne est abondante et mélangée à de nombreuses autres bactéries, ce procédé donne peu d’ indications.

Épreuve classique : Détermination du taux agglutinatif. — Elle s'effectue suivant le procédé microscopique. Mais, en règle générale, pour que l’agglutination garde sa valeur diagnos-

tique, elle doit être complétée par la détermination du litre agglutinatif vis-à-vis du vibrion éludié.

En effet, à quel taux un vibrion doit-il être agglutiné pour être reconnu Vibrion cholérique authentique ?

Les recherches de Kolle et Gotschlich et les innombrables travaux effectués depuis quelques années ont montré qu'avec un sérum agglutinant à 1 p. 4000, les espèces vibrioniennes banales ne sont guère agglutinées qu'à 1 p. 50, rarement à 1 p. 200, exceptionnellement à 1 p. 500; les Vibrions cholériques sontagglutinés entre 1 et 4 p. 1000. Par conséquent, tout vibrion agglutiné au moins à 1 p. 1 000 par un tel sérum pourra être étiqueté « cholérique »; entre 500 et 1 000, l'épreuve devra être considérée comme douteuse.

Pour ces derniers, comme pour les vibrions trouvés non agglutinables, l'épreuve devra être renouvelée après plusieurs passages dans les milieux artificiels.

Enfin, pour ces recherches, il faudra toujours opérer sur des cultures pures, les germes d'impureté pouvant troubler les résultats de l’agglutination et même l'empêcher.

50 Phénomène de Pfeiffer. — La recherche du phénomène de Pfeiffer s'effectue comme il a été dit. précédemment (p. 610). Les résultats marchent de pair avec ceux de l’agglutination : un Vibrion cholérique agglutiné spécifiquement donne toujours un résultat positif au phénomène de Pfeiffer. La proposition inverse est vraie.

6° Réaction d’immunité. — D'après Pfeiffer, on peut utiliser les propriétés immunisantes du sérum des animaux vaccinés pour identifier le Vibrion cholérique, et le différencier des espèces analogues. Un sérum anticholérique protège le cobaye contre l'infection cholérique; il reste inefficace contre l’action pathogène des autres vibrions. Sanarelli, Metchnikoff ont montré que cette affirmation n'est pas toujours exacte, car cette réaction d'immunité peut s’observer avec des vibrions étrangers a'1 choléra.

Telles sontles réactions qui permettent, dans un temps relativement court, d'identifier le Vibrion cholérique. En dehors des caractères morphologiques, culturaux, c’est, semble-t-il, l'épreuve de l’agglutination qui paraitla plusimportante desréactions biologiques à effectuer. Le phénomènede Pfeiffer donne desrésultats concordant avec ceux de l’agglutination ; dans la pratique, cette dernière est donc suffisante. Nous avons vu qu'on ne peut compter, pour les raisons indiquées, sur les résultats de l’hémolyse; la réaction d’immunité ne paraît pas assez constante dans ses résultats pour pouvoir entrer dans la pratique courante.

Sérodiagnostic du choléra. — Des essais de sérodiagnostic du choléra ont été tentés en utilisant les propriétés agglutinantes et bactéricides du sérum des cholériques. |

Achardet Bensaude ont montré que ce dernier pouvait agglutiner le Vibrion de Koch à 1 p. 20 en cinq à soixante minutes. Cette réaction est donc minime, surtout quand on sait, d’après Pfeiffer, que le sérum de sujets sains peut agglutiner ce germe à 1 p. 10. Cette épreuve ne paraît donc pas utilisable pour le diagnostic du choléra. De plus, la propriété agglutinante n’apparaissant que tardivement, la recherche et l'isolement du vibrion donnent une réponse plus rapide. Tout au plus pourrait-elle être mise à profit pour révéler les cas anciens.

Le phénomène de Pfeiffer, dans ces derniers, fournit des indications plus précises: le sérum du malade est dilué dans 20, 100, 500 parties d'eau physiologique. Un centimètre cube de cette dilution est mélangé à une anse de culture de dix-huitheureset introduit dans le péritoine d'un cobaye de 200 grammes. Si, au bout dequinze à vingt minutes, la réaction est positive, on doit admettre que le . sujet qui a fourni le sérum a présenté antérieurement une atteinte de choléra. Ce diagnostic rétrospectif peut être intéressant au point de vue prophylactique, notamment en ce qui concerne la recherche d’un cas resté ignoré ou méconnu.

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