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DIVERS HABITATS DU BACILLE PESTEUX

L'homme n’est pas le seul être capable de contracter spontanément la peste. En période épidémique, diverses espèces animales peuvent être atteintes, et l’on admet depuis de longues années que {oute épidémie humaine est précédée d’une épizootie pesteuse portant sur les rongeurs habitant la localité contaminée. D’autres animaux, des insectes, peuvent, sans être infectés, véhiculer le Bacille spécifique et sont les intermédiaires infectants entre l'animal et l’homme : ce sont les insectes cuticoles. Enfin le Bacille pesteux peut se rencontrer dans les milieux extérieurs, où les malades l'ont projeté.

Le Bacille pesteux chez l'homme. — Sonsiège. — Charbons. — Il siège en culture pure dans les phlyctènes ou vésicules qui, en raison de leur teinte noirâtre, ont recu la dénomination de « charbons ». Ces phlyctènes sont en effet la première localisation du Bacille au niveau de la peau, à la suite des piqûres des insectes

cuticoles.

Bubons. — Le siège pour ainsi dire électif du Bacille pesteux est le bubon. Les frottis, les coupes.de ces bubons inguinaux, cervicaux, axillaires, etc., le montrent en quantité parfois énorme par le seul examen direct (fig. 240). L’ensemencement de la pulpe ganglionnaire le met en évidence et en culture pure. Quand le bubon

évolue vers la suppuration, les formes d’involution du Bacille sont fréquentes; quand la suppuration s'établit, il devient rare et disparait complètement pour faire place à des germes d'infection secondaire.

Sang et viscères. — Dans la forme septicémique, le Bacille est décelable dans le sang. A la faveur des lésions vasculaires et des hémoriagies qui se produisent au niveau du rein, il passe dans l'urine. Les divers parenchymes viscéraux l'hébergent quand l’état septicémique est déclaré. nest

Crachats. — Dans la peste Re les crachats contiennent le Bacille de Yersin en abondance colossale (fig. 241). Le simple aspect d’une préparation explique, en raison du nombre des germes

spécifiques, la puissance de contagion des sujets atteints de cette localisation. Les coupes du parenchyme pulmonaire le montrent aussi en abondance énorme.

Matières fécales. — Les troubles digeslifs ne sont pas rares dans la peste; d’après Wilm, le Bacille s’y rencontre fréquemment. Il passe dans l'intestin à la faveur de l’état septicémique, ou bien il ki pénètre à la faveur des crachats déglutis.

Persistance du Bacille pesteux dans l’'orgänisme. — Le Bacille pesteux persiste dans ses localisations pendant toute la période d'état. Pendant la convalescence, il disparaît du bubon qui a suppuré et s'est ouvert.

Chez les convalescents de peste pulmonaire, Gotschild l'a vu persister quarante-huit jours après la convalescence.

Chez l'animal. — Grands animaux. — Un certain nombre d'observateurs ont signalé qu'en temps épidémique l'infection pesteuse pouvait atteindre des bœufs, des moutons, des porcs, des chiens, des chats. D’aucunsl'ontmême vuesurvenir chez les oiseaux de bassecour. Récemment Klodnitztky l’a vue survenir en Russie chez le chameau. Cet animal la contracterait en s’alimentant avec de l'herbe souillée par des déjections de sujets pestiférés. L'ingestion de la viande et d'organes de chameaux atteints de peste serait dangereuse pour l’homme (Cantlie et Hunter).

Rongeurs. — L'étude du Bacille pesteux chez les rongeurs est plus intéressante.

Rats et souris. — Mus decumanus (rat d'égout) et Mus rattus (rat domestique ou de grenier) sont les espèces les plus importantes à considérer à cause du contact qu'elles présentent avec la race humaine. Comme chez l’homme, le Bacille pesteux se rencontre en abondance dans les bubons, surtout sous-maxillaires, dans le sang quand la septicémie se déclare, et dans les viscères.

Les souris peuvent prendre spontanément la peste, mais moins fréquemment que le rat.

Spermophiles. — Le spermophile est très sensible à l'infection pesteuse ; la cohabitation entre spermophiles est l’origine de véritables épizooties pesteuses.

Tarabagan. — Le tarabagan ou marmotte d'Asie, très répandu dans la province transbaïkalienne, la Mongolie, la Mandchourie, le Thibet, a été accusé depuis de nombreuses années (1867) de propager la peste à l'homme, et particulièrement aux chasseurs qui se nourrissent de sa chair et le dépouillent pour en vendrela fourrure. La peste sévit en effet dans les terriers de tarabagan. Zabolotny l’a récemment démontré en isolant le Bacille de Yersin du cadavre d’un

tarabagan. D’après Tchaouskov, les lésions observées chez ces mar» mottes sont identiques à celles des autres animaux; le Bacille présente les mêmes localisations; les tarabagans peuvent s’infecter en dévorant des cadavres de pestiférés. Rappelons que l'épidémie de peste pneumonique humaine qui a sévi en 1911 en Mandchourie a trouvé son origine dans la peste des tarabagans.

Écureuil de Californie. — L'écureuil de Californie (Citellus Beecheyi) contracte spontanément la peste; la répartition du Bacille spécifique et les lésions observées sont superposables à celles que l’on connaît chez les autres animaux.

Insectes cuticoles. — Les insectes cuticoles, en suçant le sang de l’homme ou d’un animal atteint de peste, absorbent en même temps le Bacille qui a envahi la circulation.

Puces. — Les puces de rat capables de transmettre la peste sont: Pulex cheopis et Ceratophyllus fasciatus. La puce pique le rat et puise dans son sang le Bacille pesteux; elle abandonne le rat quand il meurt et pique un autre rat ou l’homme (Simond).

Le Bacille pesteux pullule dans le tube digestif de la puce; il y persiste environ deux semaines, d’après les travaux de la Commission anglaise de la peste aux Indes. La puce infectée n’inocule pas directement le germe spécifique par son aiguillon; mais, pendant qu'elle suce le sang, elle dépose des déjections qui véhiculent le Bacille ; on suppose que ces déjections peuvent infecter la petite plaie produite par la piqüre.

Punaises. — La punaise est encore un réservoir de virus pesteux. D’après Klodnitzky et Jordansky, quatre à cinq jours après avoir sucé le sang d’un rat pesteux, on observe une multiplication extraordinaire des bacilles dans l'organisme de l’insecte. Le sangdigéré reste encore virulent au bout de quatre-vingt-huit jours. Les auteurs se demandent toutefois si ces insectes peuvent transmettre le virus.

Mouche domestique. —La mouche domestique s’infecte aussi par le Bacille pesteux et succombe peu après. Le Bacille se trouve dans son corps (Yersin) ; on conçoit dès lors le rôle de dissémination qu’elle peut remplir en déposant le germe sur les objets, les aliments, etc.

Les animaux les plus employés comme réactifs de la peste sont le rat, le cobaye, la souris, le lapin ; Le singe est très sensible au virus pesteux ; le chien, la chèvre, le mouton sont moins sensibles. Les oiseaux, assez réfractaires, peuvent contracter la peste par infection des voies digestives.

Chez les animaux senSibles, on peut, en variant les voies d’inoculation, reproduire toutes les formes cliniques qu'on observe chez

__ l'homme.

| Inoculation sous-cutanée. — Chez le rat, la souris, le cobaye,

il suffit d'introduire sous la peau une aiguille (aiguille à dissocier ou aiguille de seringue), trempée dans une culture en bouillon de Bacille pesteux, pour voir se développer l'infection. Chez le cobaye, quelques heures après l’inoculation, de l’œdème apparait au point inoculé ; les ganglions voisins s’hypertrophient; puis l'animal présente des crises convulsives accompagnées, surtout chez le rat, d'hémorragies diverses, pétéchies, etc., et il succombe, la souris et le rat en un à trois jours, le cobaye en deux ou cinq jours.

L'autopsie montre, au point d’inoculalion, un æœdème rosé, riche en Bacilles; ceux-ci pullulent de même au RE des ganglions tuméfiés, rouges, entourés d'une zone d'æœdème. Les viscères sont congestionnés ; la rate, hypertrophiée, est parsemée de nombreux petits nodules miliaires; la plèvre et le péritoine sont le siège d’un exsudat où le Bacille est décelable.

Chez le rat, les symptômes et les lésions sont identiques. Si l’évolution est rapide, le bubon initial est minime, et la généralisation s'effectue d'emblée. Si elle est plus longue, le bubon est volumineux, et, si l'animal guérit, le bubon suppure. Ces constatations sont analogues à celles qu’on observe chez l'homme.

Chez le singe, l’analogie est encore plus étroite. L’inoculation faite par piqûre dans la paume de la main détermine peu après une lymphangite qui se propage le long du bras jusqu’au ganglion axillaire, qui se tuméfie et ressemble à un véritable bubon (Wyssochovitz et Zabolotny). L'évolution ultérieure est calquée sur celle de la peste humaine. L'animal succombe en trois à sept jours.

Inoculation à la surface de la peau. — On rase la peau d’un rat ou d’un cobaye, puis on y dépose une goutte de culture, ou bien on frotte la région avec un produit pesteux, un ganglion par exemple, recueilli sur un cadavre d'animal infecté.

Il ne tarde pas à se produire une phlyctène, dont le liquide est riche en Bacilles pesteux; l'infection évolue ensuite, comme dans les cas précédents, avec Iymphangite, bubon, etc.

Ce procédé, dû à Weichselbaum, Albrechtet Ghon, permet de faire des diagnostics rapides en partant de produits souillés (vomissements, matières fécales), ou recueillis sur les cadavres.

Inoculation dans les veines. — 11 se produit alors une véritable septicémie, le plus souvent ne plus grave que la peste bubonique.

Inoculation à la surface des muqueuses. — Il suffit de déposer sur une muqueuse saine (conjonctive, vulve, etc.), même sans excoriation préalable, une goutte de culture en bouillon, pour voir se développer une peste typique.

Avec une baguette portant à l'extrémité un petit tampon d'ouate imprégné de cultures, Roux et Balzaroff touchent simplement la muqueuse nasale d'animaux sensibles; l’opéralion détermine chez eux une véritable peste pulmonaire.

Vers la trentième heure, la température monte, l’animal devient triste et dyspnéique; puis il suffoque, corne et tousse ; il succombe vers la fin du troisième jour. A l’autopsie, les poumons sont congestionnés, parsemés d’infarctus et de foyers hépatisés. Un frottis de sue pulmonaire montre une multitude de Bacilles pesteux. L'ensemencement du sang et des viscères est positif.

On peut encore infecter le rat par la même voie, en lui faisant respirer des gouttelettes de cultures pulvérisées.

Ces expériences ont ainsi éclairé Ta pathogénie de la peste pneumonique primitive de l’homme, qui s’infecte assurément en inhalant des produits pestifères.

Inoculation par les voies digestives. — En faisant ingérer à des animaux des cultures vivantes, ou des débris d'organes contenant le Bacille pesteux, on peut leur conférer l'infection (Klein, Fornano) ; la durée de l’incubation est assez variable. La première manifestation est souvent un bubon sous-maxillaire. En ce cas, l'infection a puse produire par une excoriation buccale. (est la lésion que l’on rencontre chez le rat qui a rongé des cadavres de pestiférés.

En d’autres cas, la lésion primitive siège au niveau de l'intestin, où l’on perçoit des follicules hyperémiés. L'autopsie montre habituellement les altérations de la septicémie pesteuse.

Inoculation intrapéritonéale. — Elle provoque une péritonite suivie d'une septicémie mortelle en vingt-quatre à quarantehuit heures. Le Bacille fourmille dans l’exsudat péritonéal, le sang et les viscères.

Le diagnostic bactériologique de la peste est indispensable non seulement pour les indications précises et précoces qu'il donne concernant la thérapeutique spécifique à exercer, . mais aussi pour la prophylaxie à mettre en œuvre. À ce dernier point de vue, il peut rendre des services appréciables pour dépister les premiers cas de peste et prendre les mesures nécessaires. Les recherches qu'il comporte peuvent s'effectuer sur le vivant et sur le cadavre.

Recherche sur le vivant. — Sur le vivant, on recherchera le Bacille de Yersin dans les bubons, le liquide des phlyctènes, le sang, les produits d’expectoration.

Prélèvement. — (Chez un malade suspect de peste bubonique, ponctionner le bubon à l’aide d’une aiguille adaptée à une seringue, tout cet appareil ayant subi préalablement la stérilisation à l’autoclave. Préparer des frottis sur lame avec le suc ganglionnaire ainsi recueilli.

Même technique pour les phlyctènes, dont on puisera le liquide à l’aide d’une seringue stérile ou d’une pipette flambée.

Si l’on soupçonne la peste pneumonique, examiner les crachats, faire quelques frottis sur lame.

L'examen du sang sera pratiqué, si l’on pense être en présence d'une forme septicémique d'emblée, sans bubon, ou secondaire à la peste bubonique où pneumonique. Dans ce but, recueillir une goutte de sang par piqûre de l'extrémité d’un doigt ou du lobule de l'oreille. Étaler sur lames avec la technique habituelle. Quand le Bacille n’est pas abondant, on doit recourir à l’hémoculture, comme on le verra plus loin.

Examen direct. — Laisser sécher les frottis, fixer, colorer une lame à l’aide de la thionine ou du bleu de méthylène, puis une autre par la méthode de Gram composée. Cet examen, en cas de peste, révèle l'existence du Bacille pesteux avec son aspect particulier :

Coccobacilles en général très abondants, avec coloration bipolaire, ne prenant pas le Gram (fig. 240 et 241).

Isolement. — L'examen direct, à lui sèul, permet souvent de formuler un diagnostic ferme. En d’autres cas cependant, les Bacilles pesteux peuvent être rares el passer inaperçus. C’est le cas des bubons qui évoluent vers la suppuration, ou sont déjà suppurés; il en est de même pour l'examen du sang où le microscope peut ne

Fig. 241. — Frottis de crachats de pneumonie pesteuse.

révéler des germes qu’en très faible quantité; il faut alors recou-rir aux cultures.

Ensemencer en tubes ou plaques de gélose encore un peu humides le sue ganglionnaire, le liquide des vésicules, une parcelle de crachats. Après un séjour de vingt-quatre heures à l’étuve, des colonies ont poussé ; il faudra les identifier.

Pour le sang, pratiquer l’hémoculture : prélever # à 5 centimètres cubes de sang dans une veine du bras; les ensemencer dans 300 à 350 centimètres cubes de bouillon légèrement alcalinisé. Avec Ja culture obtenue, faire des isolements sur gélose, identifier.

Identification. — Prélever une parcelle des colonies suspectes : en faire l'examen direct sur lames, à l’état frais et après coloration. Si elles contiennent un germe rappelant par son aspect morpho-

logique les caractères du Bacille de Yersin. repiquer la partie restant sur le milieu en bouillon, gélose, gélatine, etc., qui donneront les caractères culturaux généraux. TETE

Pour achever l'identification, rechercher l'agglutination à l’aide d’un sérum antipesteux. Cette méthode paraît être la plus rigoureuse et la plus précise pour permettre d'affirmer l'existence du Bacille spécifique.

En même temps qu'on effectue l'isolement du germe sur milieux artificiels, il est indispensable d’inoculer directement à l'animal les produits suspects. Ces inoculations seront faites chez le rat, la souris ou le cobaye, sous la peau ou par la voie cutanée. Si le produit contient du Bacille pesteux, ces animaux contractent une peste typique, que l’autopsie et les ensemencements des bubons et des viscères permettent d'affirmer.

On emploie utilement aussi l’inoculation intranasale, qui détermine une pneumonie pesteuse typique.

Enfin l’inoculation peut être effectuée avec les cultures provenant des colonies isolées. Mais il faut se rappeler ici que la virulence du germe n’est pas toujours égale à elle-même : au déclin des épidémies, en effet, la virulence s’atténue et peut même disparaitre.

Sérodiagnostic. — Si l’on n’a pu isoler le Bacille pesteux, le diagnostic resté en suspens, surtout chez les convalescents, peut être affirmé par la recherche du pouvoir agglutinant du sérum du malade sur une culture de peste conservée au laboratoire. Rappelons que, dans ces conditions, le taux d’agglutination ne dépasse pas un cinquantième; mais avec les sérums normaux, le résultat reste toujours négatif à ce taux.

Recherche sur le cadavre. — Sur le cadavre humain, les recherches doivent porter sur le suc des bubons, le sang, mais aussi sur les sucs splénique et pulmonaire. L'examen est soumis aux mêmes règles que sur le vivant.

Surle cadavre des animaux, des rats en particulier, l'examen et l'identification sont plus délicats, surtout si les tissus sont dans un état de décomposition avancée.

On pratiquera les recherches comme précédemment, sur les ganglions, le sang, les viscères. On portera particulièrement l'attention sur les groupes ganglionnaires de la région pharyngée, les ganglions submaxillaires et auriculaires, car la peste de ces animaux, prise dans les conditions naturelles, est surtout contractée par ingestion.

En ce qui concerne les inoculations directes, on aura recours de préférence à l'inoculation cutanée (par scarification), qui, mieux

que toute autre, permet l'infection par le Bacille pesteux, même mélangé à une foule d’autres microbes. Ce procédé convient particulièrement à la recherche du Bacille dans le contenu intestinal.

Les ensemencements seront pratiqués de préférence sur plaques de gélatine; les Bacilles pesteux s'y développent normalement, alors que la croissance des germes de la putréfaction y est retardée.

On ne saurait être trop circonspect pour affirmer, dans ces conditions, le diagnostic de peste, car chez les rongeurs les épizooties ne sont pas rares qui peuvent être produites par des germes étrangers au Bacille de Yersin.

Ces derniers appartiennent au groupe des Colibacilles, des paratyphiques: ce peut être aussi du Pneumobacille, du virus de Danysz, ou bien encore du Bacille de la pseudo-tuberculose des rongeurs, qui, parsa morphologie et ses cultures, présente beaucoup d’analogie avecle Bacille pesteux.

De plus, on a décrit (Mac Coy), surtout chez l’écureuil, une septicémie pseudo-pesteuse dont les lésions sont analogues à celles de la peste; elle est transmissible au cobaye, à la souris, au lapin par les voies cutanée, sous-cutanée, nasale et péritonéale. L'agent pathogène siège dansle sang et les tissus, mais est encore inconnu.

Un diagnostic bactériologique très serré doit donc être effectué pour éviter des erreurs.

La méthode des thermo-précipitines, imaginée par Ascoli pour le charbon et appliquée par Ch. Warner pour la peste, peut rendre des services :

Les viscères (rate, ganglions, foie) sont broyés et additionnés d'eau physiologique dans la proportion de 4 à 5 grammes pour À gramme d'organe.

Plonger dans l’eau bouillante pendant cinq minutes le ballon où on à versé ce mélange. Après refroidissement, filtrer plusieurs fois jusqu’à ce que leliquide filtré apparaisse clair ou à peine opalescent.

En verser quelques gouttes (0,25) dans un tube à essai; une même quantité de sérum est introduite par une pipette de verre dans un tube capillaire que l’on immerge dans le tube contenant le filtrat, de façon que l'extrémité du tube capillaire touche le fond du tube avant que le sérum commence à sourdre. Le sérum sort petit à petit, et se dépose en une couche inférieure, au-dessous du filtrat. Au point de contact des deux liquides, un anneau blanchâtre se forme si la réaction est positive.

Ch. Warner dispose l'expertise de la façon suivante : 4 tubes contenant :

19 Sérum antipesteux + eau physiologique.

20 — —- + extrait de culture de Bacille pesteux. 30 — — + extrait de viscères.

40 Extrait de viscères seul.

En cas de réaction positive, le résultat est le suivant :

Tube n$ LENS ERP IR IAE ANT Aucun précipité.

sn 0,24 RES ete LD SAT Précipité. — 099... UE TD sde ULB PÉCIDEESS EE MO PE R ee dal ee Ner Ne ee Aucun précipité.

Il est juste d'ajouter que l'absence de précipité dans le tube n°3 ne saurait faire éliminer le diagnostic de peste, car les viscères peuvent ne pas contenir suffisamment de Bacilles pesteux pour mettre la réaction en évidence.

SÉROTHÉRAPIE.

Le sérum des animaux qui ont reçu progressivement des doses croissantes de cultures pesteuses jouit de propriétés préventives et curatives contre l'infection pesteuse expérimentale (Yersin, Roux, Calmette et Borrel).

Mode de préparation du sérum. — Les injections vaccinantes sont effectuées chez le cheval par la voie veineuse, tout d'abord avec les cultures tuées par un chauffage à 65° pendant trente minutes, puis des cultures vivantes.

Les cultures utilisées doivent être «d’origine humaine, récente et virulente » (Dujardin-Beaumetz); on les obtient en gélose sur boîtes de Roux; on les émulsionne dans de l’eau physiologique après trois jours d’étuve à 370.

On injecte tout d'abord dans la jugulaire un vingtième de boîte de culture tuée ; cette première injection détermine une fièvre élevée, durant quarante-huit heures environ; puis toutes les semaines la dose est augmentée jusqu’à ce qu'on arrive à une culture d’une boîte entière. Quand le sérum présente des propriétés préventives nettes, on pratique les vaccinations avec des cultures vivantes, en observant la même gradation dans les quantités à injecter.

Les chevaux sont souvent atteints des mêmes phénomènes décrits au cours de la vaccination contre le méningocoque.

Effets du sérum antipesteux sur la peste expérimentale. — Propriétés primitives. — Toutanimalquiarecu préventivement sous la peau une quantité suffisante de sérum, puis une culture de Bacille pesteux par voie hypodermique ou péritonéale, survit sans présenter le moindre phénomène morbide.

Propriétés curatives. — Quand le sérum est injecté à titre curatif après l'inoculation de culture, les animaux survivent aussi, à condition que l'intervention ne soit pas trop tardive. Üne souris

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