‹ Précis de bactériologieChapitre 44 sur 197 · VACCINATION PRÉVENTIVE HUMAINE · texte numérisé non relu

VACCINATION PRÉVENTIVE HUMAINE

inoculée par piqûre, et recevant sous la peau un dixième de centimètre cube de sérum, seize heures après la culture, survit habituellement.

Application à la thérapeutique humaine. — La première application du sérum dû à Yersin fut faite à Canton et à Amoy en 1897. Sur 26 cas, il obtint 24 guérisons. De nombreux auteurs utilisèrentces propriétés curatives dans des épidémies diverses. Sur 142 pestiférés, traités à Oporto (1896) par Calmette et Salimbeni, 21 ont succombé, soit une mortalité de 14,78 p. 100, alors que des malades témoins fournirent une mortalité. de 63,72 p. 100.

Mode d'emploi. — Pour obtenir de semblables résultats, il faut, comme en toute sérothérapie, savoir administrer le sérum. Son action thérapeutique, en effet, varie selon le moment de l’intervention, la quantité de sérum utilisée et la voie d'introduction. Les insuccès tiennent en grande partie aux faibles doses injectées et à ce que l'injection a été faite sous la peau uniquement.

Il faut tout d'abord intervenir le plus tôt possible après le début des symptômes; la peste, en effet, présente une marche aiguë et l’envahissement du système lymphatique et de la circulation par le Bacille peut être extrêmement rapide.

Il faut ensuite employer des doses massives el répélées et des doses d'autant plus fortes que les malades sont atteints depuis plus longtemps. Injecter d'emblée 200 à 300 centimètres cubes sous la peau, ou mieux dans les veines. Répéter cette technique les jours suivants si les symptômes persistent. Certains conseillent d’injecter tout d'abord 50 à 60 centimètres cubes dans la veine, puis, les jours suivants, d’injecter le sérum sous la peau. En réalité, les quantités et la voie d'introduction doivent être réglées d’après l’état du sujet.

Effcts sur les symptômes. — Sous l'influence du sérum, la prostration, le délire disparaissent; le cœur se régularise, le pouls devient plus ample, la tension artérielle se relève. La température s’abaisse progressivement pour revenir à la normale; les bubons diminuent de volume, et les douleurs spontanées qu’ils engendrent disparaissent. Enfin le Bacille disparaît de la circulation générale.

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