CARACTÈRES GÉNÉRAUX DES « PASTEURELLÆ
Au point de vue morphologique, les Pasteurellæ sont représentées par des Coccobacilles, très polymorphes, toujours immobiles, non sporulés. Ils se colorent plus facilement aux pôles qu’au centre, d'où diverses désignations : bactérie ovoïde (Nocard), Bacille à espace clair central, Bacille en navette. Ils ne prennent pas le Gram.
Au point de vue cultural, les Pasteurellæ sont aéro-anaérobies, mais de préférence aérobies; elles se développent sur bouillon, gélose, gélatine : elles ne liquéfient pas la gélatine, ne coagulent pas le lait, ne rougissent pas la gélose de Würtz (c'est-à-dire ne fermentent pas la lactose), ne poussent pas sur pomme de terre naturelle acide ; leurs cultures dégagent une odeur sui generis (Lignières).
Le développement en culture peut se faire entre 13° et 430. Les cultures sont stérilisées par un chauffage de cinq minutes à 559 (Chamberland et Jouan).
Les effets pathogènes sont variables suivant les types; presque toutes sont virulentes pour plusieurs espèces animales. Toutes les pasteurelloses virulentes sont pathogènes pour le lapin. Toutes se multiplient avec facilité dans le péritoine du cobaye, à tel point que l'épreuve de l’inoculation intrapéritonéale constitue un procédé courant de recherche (Lignières).
Dans les conditions naturelles, presque toutes les pasteurelloses peuvent évoluer d'une manière foudroyante, d’une manière aiguë ou d’une manière chronique.
Au point de vue pathogénique, les pasteurelloses sont tout d’abord des septicémies ; mais, pour peu que la maladie se prolonge, il se produit des localisations variées, portant souvent sur l’appareil respiratoire, le tube digestif et les articulations. La septicémie initiale disparaît presque toujours assez vite, le microbe se localisant dans les lésions ; en outre, l'infection pasteurellique ouvre la porte à des inféctions secondaires variées. Pour ces deux raisons, la Pasteurellu est souvent difficile à déceler dans les organes.
COCCOBACILLE DU CHOLÉRA DES POULES (PASTEURELLA AVIAIRE).
Le microbe du choléra des poules, vu tout d’abord par Sommer et Perroncito, fut décrit, cultivé et étudié par Pasteur (1880).
Doprer et SACQUÉPÉE, — Bactériologie, 2° édit. 42
MORPHOLOGIE
La forme type, celle du sang et des tissus, est un Coccobacille, mesurant en moyenne 14 sur Ou, 25 (fig. 242). Dans les cultures, les éléments sont souvent plus courts, en cocei isolés ou en diplocoques.
Après coloration ménagée {(thionine de préférence), le Coecobacille présente nettement l’aspecten navette : coloration limitée aux pôles avec centre incolore.
Il se colore facilement par les couleurs d’aniline et ne prend pas le Gram.
ILest immobile et ne donne pas de spores.
Le Coccobacille du choléra des poules se développe assez facilement sur les milieux ordinaires. Il est surtout aérobie : Lignières a obtenu une légère culture anaérobie en bouillon-sérum ensemencé largement; mais, d’après Chamberland et Jouan, toutes Les pasteurelloses sont exclusivement aérobies.
Bouillon. — Le bouillon se trouble en douze à vingt-quatre heures; après quelques jours, la culture se concrète sur les parois, puis au fond, et le milieu redevient clair.
La culture est plus riche en bouillon-sérum.
Gélose. —- Strie mince, blanchâtre, d’abord transparente, puis opaque.
Sérum coagulé. — Comme sur gélose.
Gélatine. — La gélatine n’est pas liquéfiée.
Ex srRiE. — Bande mince, blanc grisâtre, d’abord transparente, puis opaque.
EN piQure. — Trainée blanche, d'autant plus large qu’on s'éloigne moins de la surface.
Autres milieux. — Le lait n’est pas coagulé; il n’y a pas de culture apparente sur pomme de terre, conformément à la définition générale des pasteurelloses.
Vitalité. — En cultures, la Pasleurella aviaire demeure vivante pendant deux mois environ. Elle persiste plus longtemps à l'abri de l’air, de même que dans le sol humide (plusieurs mois).
Elle résiste peu à la dessiccation et à la chaleur ; un chauffage de quelques minutes à 58° suffit à la détruire.
Produclion d’indol. — Dans les cultures vieilles d’au moins quinze jours, on peut constater l'existence d’indol (Porcher et Panisset).